Minette Libom Li Likeng : « La qualité des services de communication au Cameroun préoccupe au plus haut point »

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Minette Libom Li Likeng, ministre des Postes et Télécommunications du Cameroun

L’informatique sur tous ses aspects est enseigné dans les lycées et collèges du Cameroun, à travers la promo par le camp d’excellence scientifique et culturel (CESC). Les élèves, grâce aux bons soins de Mme le ministre des Postes et Télécommunications, Minette Libom Li Likeng, les jeunes camerounais sont formés aux réalités des TIC. Avec notre confrère Parfait N. Siki, Mme le ministre a accepté d’apporter l’éclairage sur son action, où elle relève que les matinées départementales du numérique cadrent avec la vision du présent Paul Biya pour le développement de l’économie numérique.

Vous faites des dons d’ordinateurs et de manuels scolaires aux meilleurs élèves. Ne va-t-il pas falloir plus pour provoquer l’électrochoc numérique que vous appelez de tous vos vœux ?

Ce que nous faisons dans le cadre des « Matinées départementales du numérique » vient en supplément des nombreuses autres actions que nous menons par ailleurs pour entretenir cet électrochoc numérique dont vous parlez. Car, je pense que cet électrochoc a déjà été provoqué par l’appel du Chef de l’Etat. En effet, après son adresse à la nation le 31 décembre 2015, suivi de son message aux jeunes à l’occasion de la fête de la jeunesse, le 11 février 2016, le Président de la République a clairement donné le ton. Le relais a immédiatement été pris par le Premier Ministre, chef du gouvernement qui a mis sur pied un comité interministériel chargé de l’élaboration d’une stratégie nationale de développement de l’économie numérique. Après plusieurs mois de concertation et de travail, cette stratégie a été élaborée et adoptée.

« Les matinées départementales du numérique cadrent avec la vision du président Paul Biya pour le développement de l’économie numérique au Cameroun »

Au niveau du Ministère des Postes et Télécommunications, nous avons lancé un certain nombre d’initiatives parmi lesquelles : les journées nationales de l’économie numérique tenues les 3 et 4 mars 2016 ; le programme d’échange interactif par vidéo conférences avec les jeunes promoteurs des projets TIC inauguré le 18 février 2016 et qui se poursuivra tout au long de l’année ; le « village androïde » organisé à Yaoundé du 16 au 18 mai 2016 ; et voici aujourd’hui nous parlons de « matinées départementales du numérique ». Et ce n’est pas fini ! Nous continuons de réfléchir et de travailler sur les voies et moyens de traduire davantage dans la réalité la vision du Chef de l’Etat, à savoir conduire le Cameroun vers l’émergence numérique.

Percevez-vous, au sein du gouvernement et dans l’ensemble de l’administration publique, la même frénésie et le même volontarisme qui vous animent au sujet du développement du numérique ?

Bien sûr que oui. Vous savez, le numérique est partout. Il bouleverse nos habitudes, nos comportements et les rapports sociaux. Ce développement rapide du numérique entraîne une évolution profonde de notre société. Lorsque le Président de la République dit qu’«il nous faut rattraper au plus vite notre retard dans le développement de notre économie numérique, parce que celle-ci est véritable accélérateur de la croissance, en plus d’être une véritable niche d’emplois nouveaux pour la jeunesse», le Chef de l’Etat ne s’adresse pas seulement au Ministère des Postes et Télécommunications. L’économie numérique aujourd’hui est un tout ; elle est au centre de toute activité socio-économique. C’est d’ailleurs pour cela qu’on parle de e-éducation, e-santé, e-gouvernement et bien d’autres. Dans cette arène numérique, le Minpostel (Ministère des Postes et Télécommunications, Ndlr) se positionne tout simplement en facilitateur à travers notamment la mise en place d’un environnement favorable du développement de l’économie numérique, et au développement des infrastructures numériques permettant de doter le pays d’une connectivité optimale. Tous les autres secteurs doivent donc s’impliquer et cela est déjà perceptible, dans leur propre développement à l’aide des outils qu’offrent les TIC.

Pendant que vous travaillez au numérique, la qualité du réseau mobile se dégrade chaque jour un peu plus. Une action énergétique de la ministre des Postes et Télécommunications est-elle en préparation ?

La qualité des services de communication au Cameroun préoccupe au plus haut point les pouvoirs publics. Comme autorité gouvernementale en charge de ces questions, nous sommes personnellement interpellées. A l’évidence, nous ne croisons pas les bras, nous agissons. Nous avons créé un cadre de concertation public-privé du secteur des Postes et Télécommunications dont la première réunion s’est tenue le 16 août dernier. Cette rencontre visait à poser un diagnostic approfondi et sans complaisance des causes de la dégradation de la qualité des services de communications électroniques, du niveau de sécurité des réseaux et systèmes d’information. Il était également question de formuler des propositions concrètes susceptibles d’apporter une solution définitive à ces différentes problématiques. Des recommandations ont été faites en direction de tous les acteurs de l’écosystème. Nous allons veiller à la mise en œuvre de celles qui se seront avérées pertinentes dans un esprit de dialogue.

Mais les préoccupations actuelles sont telles que nous avons soumis à M. le Premier Ministre, chef du gouvernement, la proposition d’un audit international dans le domaine. Il est question d’agir dans la plus grande urgence afin de trouver des solutions les plus idoines à ces soucis récurrents. Que les opérateurs eux-mêmes aient déjà adhéré à cette démarche nous semble positif.

Vous engagez-vous à mettre en œuvre les recommandations de l’audit sur la qualité du réseau ?

Je puis pour le moment vous dire que nous sommes encouragés par M. le Premier Ministre qui appuie notre démarche. Il s’agit de dresser un état des lieux fiable et exhaustif du secteur des télécommunications au Cameroun. Les conclusions de cet audit qui devra durer environ 11 semaines, constitueront la base de nos actions futures. Sans préjuger de leur contenu, je suis au moins certaine que nous prendrons nos responsabilités, avec la plus la plus grande fermeté pour assurer une qualité de services conforme aux standards en la matière. Le Cameroun n’a pas vocation à être à la traîne dans ce domaine. C’est la vision du Chef de l’État. Nous devons l’implémenter.

Propos recueillis par
Jean-Claude NOUBISSIE

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