Atos au Sénégal : une plateforme numérique dans la Diamniadio Valley

Thierry Breton, PDG du groupe Atos.

Interview exclusive de Thierry Breton, PDG du Groupe Atos

De retour de l’IT Forum Dakar 2015, un évènement organisé par CIO Mag qui a eu lieu le 22 janvier au Sénégal, Thierry Breton, PDG du Groupe Atos, annonce les objectifs de la SSII au pays de la Teranga.

Monsieur le PDG, que représente le Groupe Atos dans le monde informatique ?

Atos est l’un des leaders mondiaux de l’informatique. Classé au Top 5 dans sa discipline, il a pris le leadership en Europe dans le Cloud computing, le Big Data et la Cybersécurité. En 2014, le Groupe a acquis l’activité d’externalisation informatique de l’Américain Xerox et a racheté Bull. Atos est présent dans 71 pays et compte 100 000 collaborateurs. Son chiffre d’affaires oscille entre 14 et 15 milliards d’euros.

Vous revenez de l’IT Forum Dakar 2015, quelles ont-été vos impressions ?

Cet évènement de grande qualité, qui a été marqué par la présence de Yaya Abdoul Kane, ministre de la Poste et des TIC du Sénégal et de Abdoul Aziz, TALL, ministre en charge du suivi du Programme Sénégal Emergent, prouve que les technologies de l’information et de la communication vont modifier l’environnement économique et faire évoluer les directions des services informatiques. C’est très encourageant.

Quels sont vos projets en Afrique ?

Le Groupe, qui est déjà présent en Afrique – notamment via les activités de Bull au Maghreb et en Afrique subsaharienne – poursuit son développement sur le continent. A Dakar (Sénégal), nous allons installer une plateforme numérique dans la future Diamniadio Valley. Elle aura vocation à couvrir les besoins en compétences dans le développement d’applicatifs pour nos clients mondiaux.

Pourquoi avoir choisi Dakar pour installer une plateforme numérique ?

Je connais bien ce pays et j’apprécie la façon dont il gagne en valeur ajoutée. Les ambitions politiques des dirigeants sont extrêmement fortes. A commencer par le Plan Sénégal émergent (PSE) mis en place par le président Macky Sall et son gouvernement. Mohammed Dionne, Premier ministre, porte ce programme avec force et conviction, tout comme Abdoul Aziz Tall, ministre chargé du PSE. La dynamique créée autour du numérique contribuera sans conteste à l’émergence du Sénégal. A fortiori car le pays dispose d’infrastructures de télécoms et de réseaux de qualité, et qu’il est bien pourvu en universités et en écoles supérieures. Elles contribuent d’ores et déjà à la formation d’ingénieurs de haut niveau, à qui nous proposons de rejoindre Atos. C’est ce qui nous a décidés à déployer cette plateforme numérique à Dakar, une capitale au cœur de la francophonie.

Comment vous intégrez-vous à l’écosystème sénégalais ?

Nous nous insérons dans l’écosystème en tissant des liens avec les partenaires locaux. Nous avons ainsi pris des contacts avec le milieu universitaire au Sénégal, notamment avec l’université Cheikh Anta Diop, l’École supérieure polytechnique, l’université Gaston Berger… Nous avons en effet un rôle à jouer vis-à-vis des jeunes des grandes écoles. Notre objectif est de les intégrer dans nos équipes en proposant des stages aux étudiants et des contrats d’alternance, mais également des postes fixes aux diplômés. Nous allons aussi nouer des liens avec le corps enseignant pour établir des partenariats dans le cadre de la recherche. Et réfléchir avec le monde académique pour identifier les besoins dans le Big Data, les ERP, les solutions SAP… Pour accompagner notre développement au Sénégal, nous pouvons nous adosser sur les compétences des chefs de projets binationaux – franco-sénégalais – qui sont extrêmement moteurs.

Combien d’ingénieurs Atos va-t-il recruter au Sénégal ?

Pour l’heure, nous en avons embauchés plus de cinquante, dont une grande proportion a été formée par des universités de la place. D’ici à la fin de l’année, notre effectif atteindra 100 à 200 ingénieurs, et à l’horizon 2025, si nos projets se développent harmonieusement, nous escomptons le recrutement de 1 000 ingénieurs, voire plus.

Pensez-vous que le Sénégal dispose de ressources pour couvrir cette demande ?

Bien sûr ! Nos équipes locales ont reçu plus d’un millier de CV suite au lancement de la campagne de recrutement. Nos accords de partenariat avec les établissements sénégalais permettront sans doute à faire face à cette demande. Encore une fois, notre volonté n’est pas de débaucher des compétences mais plutôt de contribuer à la formation des jeunes ingénieurs sortis d’écoles pour leur assurer un premier emploi. Aussi, le Sénégal compte une importante diaspora bien formée. Nous leur donnons une occasion d’exprimer leur talent et participer à l’émergence de leur pays.

Par Mohamadou Diallo et Véronique Narame

Parue dans CIO Mag N°35 – Février / Mars 2015

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here