Cameroun : l’arrivée de la 3G et la 4G fait baisser les appels téléphoniques

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(CIO Mag) – La montée en puissance du Data, phénomène encouragé par la forte demande des abonnés au mobile, recherchant une connexion aux réseaux sociaux Facebook, WatsApp, etc., perturbe les chiffres des appels chez les entreprises de téléphonie mobile. Pas si loin, l’on se pose bien la question de savoir si internet est devenu un danger pour MTN, Orange, NEXTTEL et Camtel ?

Toutefois, lorsque dans les années 1999-2000, le téléphone mobile s’implante au Cameroun, il a des avantages et permet aux utilisateurs des réseaux des opérateurs de discuter en continuant à s’occuper sans arrêt de leurs affaires, contrairement au passé où l’on n’est plus obligé de parler en restant proche du combiné. Au lendemain des années 2010, l’entrée sur le marché des téléphones androïde, permettant une ouverture dans le monde de l’internet, vont à nouveau conduire une activité tout aussi populaire dans la tombe. Celle des cyber-cafés, jadis, principales centrales publiques de connexion de masse à internet. Aujourd’hui, les opérateurs de téléphonie mobile vivent une troisième révolution. Celle de la bataille entre l’internet (facebook, watsapp, viber, skipe, etc), et les services traditionnellement offerts par les opérateurs : la voix (appel) et le texte (sms), une révolution née et encouragée par l’entrée dans la technologie téléphonique de 3éme et 4éme génération, offrant un volume de données et un débit de connexion plus importants.

D’après Chedjou Kamdem, community manager, et spécialiste des réseau sociaux au Cameroun, la montée des réseaux sociaux comme facebook est fulgurante. Entre 2014 et 2015 par exemple, le nombre de camerounais abonnés aux réseaux sociaux est passé de 900 000 à 2 millions (chiffres du mois d’août 2016), renseigne cet auteur d’une enquête sur la progression des réseaux sociaux au Cameroun. Au-delà du nombre d’amis qui atteint facilement les 500 pour les abonnés les plus populaires, d’autres chiffres attirent l’attention. Par exemple, note Chedjou Kamdem, « au réveil, ils sont environ 37,7% à ouvrir facebook. Sur les 2 millions de camerounais qui utilisent les réseaux sociaux, environ 30% y passent plus de 3 heures par jour ». Ce qui leur permet de rester en contact avec leurs proches, et donc, d’être de moins en moins obligés d’appeler ou d’envoyer un Sms.

Côté opérateurs de la téléphonie mobile, c’est le moment pour eux de faire les comptes. Cette révolution des nouvelles déclinaisons de l’outil internet sur les services de télécommunication de base est déjà perceptible. Dans les différents rapports produits, les maisons-méres des opérateurs de téléphonie mobile exerçant sur le marché camerounais, le mot revient à chaque fois. En mars 2016 par exemple, le groupe Orange présente des résultats pour le premier trimestre en hausse, tirés notamment par sa base clients sur la 4G (même si beaucoup de Camerounais sont convaincus qu’il n’existe pas encore la 4G au pays de Paul Biya) et sa base clients sur la fibre. A elles seules, la fibre optique et la supposée 4G mobile ont permis à l’opérateur de doubler la base clients de la fibre ont atteint les 2, 226 millions. « Pour le troisième trimestre consécutif, le chiffre d’affaires d’Orange est en croissance, venant à nouveau conforter notre stratégie de différenciation par la qualité et l’investissement », s’était réjoui Stéphane Richard, Président Directeur Général du Groupe Orange. Ajoutant que, « ces bons résultats sont le fruit de nos efforts soutenus d’investissement dans le très haut débit fixe et mobile, en ligne avec notre plan Essentiels 2020 »

Ces dernières années, MTN, Orange, Nexttel , etc, focalisent leur créativité sur la création de produits innovants, destinés à garder dans leur réseau le plus grand nombre d’abonnés. Giga, Data, Orange World, Facebook (chez Orange) ou MTN Mobile surf, MTN WatsApp (chez MTN), les forfaits rivalisent d’originalité.

Depuis 2015, l’Union Internationale des Télécommunications (UIT) a engagé des réflexions sur le développement de la 5G. cette annonce s’est accompagnée par la décision de Facebook et Google notamment, de créer des produits spécifiques à l’Afrique. Chez Facebook, on étudie la piste de rendre l’accès au réseau social libre et gratuit, et chez Google, on développe des ballons offrant une connexion Wifi. Même si l’appel sur WatsApp, sur Skype ou sur Facebook nécessite encore l’achat d’une puce chez un opérateur de la place, la crainte est de voir, demain, les internautes accéder à la toile, sans passer par les opérateurs. Ce qui pourrait fatal pour les opérateurs de téléphonie mobile.

Selon Madame Elisabeth Medou Badang, Directeur Général d’Orange Cameroun, la transformation numérique c’est aussi la création des services connexes : la micro-finance et les produits Internet, car l’évolution technologique c’est cette migration. Avec le GSM on avait des équipements qui permettaient de faire la vois, ajoute-elle, ensuite on a eu des équipements qui facilitent les Sms, puis on a eu des équipements qui permettaient de transférer des données. Elle poursuit : « Ensuite on est allé dans la dynamique qui permettait d’avoir un haut débit dans le transfert des données. Regardez vous-même, vous pouvez échanger avec vos amis et vos relations sur Facebook et les appeler de moins en moins, parce que votre besoin de communiquer a été satisfait par un autre usage, vous êtes resté en contact avec votre réseau de relation social à travers autre chose que la voix ».

Jean-Claude NOUBISSIE, Cameroun

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