Cameroun : le téléchargement de sons sur ordinateur portable fait recette

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(CIO Mag) – Au Cameroun, nombre de jeunes gens à tous les coins de rue sont devenus « télé-chargeurs» de son. Un peu comme toute la ville joue. Au pays de Paul Biya, les jeunes s’activent à l’aide d’un ordinateur portable opérant dans le secteur du téléchargement des sons. Ils sont généralement dans les box de fortune, soit assis sur un banc avec table à une véranda sommairement dressée pour accueillir les clients qui ont besoin des sons de musique ou les séries télévisées.

Parce qu’ils savent bien manipuler l’ordinateur, soit parce qu’ils sont des DJ (Disque Jockey) à la base, ces vendeurs de chansons bénéficient très souvent de l’accès gratuit à  internet grâce à la technologie wifi intégrée dans leurs ordinateurs. C’est sur la Toile qu’ils puisent leur base de données musicale. Le dispositif tient sur moins d’un mètre carré. Ils sont très visibles dans les marchés, les carrefours. Leur outil de travail est plus impressionnant : une unité centrale, un écran, un clavier multimédia et parfois une console et des baffles-ici, l’animation est sans arrêt pour attirer la clientèle.

Alain Serge Atanga à Deido-Douala nous dit comment il est arrivé dans ce business du téléchargement. Il a migré de savetier vers ce job sans toutefois avoir été dans un centre de formation rapide : « avec mes économies, j’ai acheté mon matériel de musique petit à petit, et parallèlement à mon atelier, je suis sollicité  pour faire des animations dans les bars dancing, les boîtes de nuit, les anniversaires et la première communion ou le baptême dans les quartiers », ajoute t-il, « tout ceci ma permis d’avoir un peu d’argent pour m’équiper davantage. Avec la musique, je distille toutes les musiques à la mode, soit que je copie sur internet ou qui me sont offertes gracieusement par des amis. Les sons religieux sont aussi dans ma gamme pour les cérémonies funéraires ».

Il reçoit des commandes et avec son matériel, il réussi à faire des compositions des CD qu’il met à la disposition des clients. Il télécharge aussi des sons dans les cartes mémoires des téléphones portables ou dans clés USB. Même s’il a un peu de recettes pour nourrir sa petite famille, il se refuse d’abandonner son atelier où il a d’ailleurs pris le soin de former un jeune qui peu désormais le remplacer. Comme chaque affaire a sa raison, Alain Serge Atanga nous confie que la haute saison ce sont les vacances scolaires et les périodes des fêtes. Poursuit-il « une chanson coûte 50fcfa. Si le demandeur a besoin de plusieurs chansons, elles lui sont laissées à 30fcfa l’unité. Et, mes clients sont les élèves, les étudiants et les conducteurs de voitures. J’ai aussi appris sur le tas à faire dans la maintenance informatique ».

Jean-Claude Noubissié – Cameroun

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