Cameroun : les postes de police ne désemplissent pas pour l’établissement de la nouvelle CNI informatisée

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L'ancienne carte nationale d'identité camerounaise sera remplacée par une nouvelle avec un nouveau système d'identification informatisée. (Crédit photo : Cameroun Info)

(CIO Mag) – Le  processus de production de la nouvelle Carte Nationale d’Identité informatisée est effectif dans les principales villes du Cameroun. Les demandeurs font la queue tous les jours. Chacun presse le pas pour se mettre en règle. Les postes d’identification dans les différents commissariats de police grouillent de monde. Les usagers, hommes et femmes, jeunes et vieux sont orientés avec précision vers le service de l’identification. Dans le calme et la sérénité, tout en respectant l’ordre, les usagers devant les policiers identificateurs donnent les informations pour l’établissement du précieux sésame : noms, prénoms, la filiation complète… puis la toise s’en suit et l’usager peut être filmé sur place,  le logiciel détermine lui-même la couleur des yeux. Et si jamais une interruption brusque de l’énergie électrique survient, un groupe électrogène prend immédiatement le relais.

« Je vous rappelle que nous n’allons pas tous vous recevoir en un jour comme avant. Il y a un nombre précis », lance un policier en service au centre d’identification du commissariat central numéro 1. André Komé est parti de chez lui à 6h du matin pour se faire établir la nouvelle CNI, et jusqu’à 15h, cet étudiant n’est toujours pas servi. Très vite, il est stoppé par un policier qui lui fait comprendre qu’il faut repasser demain, car le nombre est réduit. Malgré cette consigne, ce dernier s’obstine à quitter les lieux, dans l’espoir d’être reçu. «  Dés mon arrivée à 10h, j’ai trouvé une file d’attente. Mais on m’a fait savoir que la liste a été déjà arrêtée. Mais j’espère qu’un policier pourra venir prendre mon dossier », se plaint-i.  Après des heures d’attentes sans suite, il décide de retourner à la maison, tout chagriné. « Il est impossible de croire qu’après 13h la liste des demandeurs soit déjà arrêtée. C’es décourageant, alors que les policiers sont là pour établir nos CNI» fulmine t-il. Stéphanie Nouwé quant à elle a réussi à se faire établir une carte : « je  suis arrivée très tôt ce matin, lorsque la liste n’était pas encore close. Voilà que j’ai été reçu. Je suis satisfaite », déclare telle le sourire aux lèvres.

Tout comme ceux précités, ils sont nombreux les camerounais qui veulent se faire établir leur nouvelle CNI informatisée. Le scénario semble être le même dans tous les commissariats d’arrondissement, où les demandeurs meurent d’impatience «  pour être reçu il faut faire la queue, surtout sortir avant 6h du matin de chez soi. C’est pénible pour ceux qui ont des obligations avant ou après une certaine heure. Je pense qu’il est important que ce soit mieux organisé que ce que nous vivons actuellement », raconte le commerçant Bertin Tchinda, commerçant au marché Mboppi.

Il faut relever qu’après des informations recueillies auprès d’un policier, la lenteur dans le service est due à la non maîtrise des appareils nouvellement installés dans les locaux d’identification, car, beaucoup de personnel de police ne sont pas encore apte et assez outillé à l’établissement de la nouvelle CNI avec le nouveau système d’identification informatisée.

La révolution de cette nouvelle méthode, c’est qu’un numéro unique et définitif de la CNI est attribué à chaque demandeur. Même en cas de perte, il n’y aura plus de possibilité d’avoir un nouveau numéro.

Toutefois, il faut relever que cette nouvelle opération d’établissement de la nouvelle CNI avec puce n’est pas effective  dans tous les commissariats de police. « Nous n’avons pas encore débuté avec la CNI sécurisée, mais nous avons déjà réceptionné le matériel et nous comptons lancer pour très bientôt si tout se passe bien » nous explique l’officier de police dame Chantal Edimo, et ajoute : «  pour les cartes de séjour, elles se font uniquement à l’émie-immigration ».

Les frais exigibles s’élèvent à 2800fcfa. Gilli Boutchouang, un confrère, directeur de publication  du bimensuel «  le Canard du Haut-Nkam » affirme qu’il faut faire sa carte nationale d’identité pour tout d’abord être en règle avec les autorités de la police qui à tout moment peuvent opérer des contrôles. Il ajoute, «  dans certains commissariats, cela semble être un véritable parcours de combattant pour les usagers. Mais, il faut que les gens s’arment d’une bonne dose de patience ».

La nouvelle CNI sécurisée entre en droite ligne de la politique gouvernementale de sécurisation de l’état civil camerounais devenu très accessible à tout le monde.

Jean-Claude NOUBISSIE – Cameroun

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