Cameroun – Numérique : les startups déplorent la rareté des financements

Les startups du numérique camerounais évoquent la rareté d’accompagnement financier.

(CIO MAG) – C’est curieux de constater que les camerounais disent non à ce slogan du président de la république Paul Biya : « …consommons ce que nous produisons… ». Mais la cause la plus absurde c’est que les camerounais ont la réputation de fabriquer des produits qu’ils ne comment pas et de consommer  ce qu’ils ne produisent pas.

Le développement de l’économie numérique fait éclore des startups qui développent généralement des applications ou des services qui très souvent,  ont du mal à être adaptés localement. C’est le cas du Cardiopad d’Arthur Zang qui, contre toute attente est plus sollicité à l’extérieur du Cameroun qu’à l’intérieur du pays de Paul Biya. Depuis le montage des 100 premiers kits, l’inventeur du Cardiopad dit avoir déjà écoulé 53 exemplaires dont 25 au Gabon, 15 au Népal, et certains en Asie. Dans son propre pays-le Cameroun, Arthur Zang attend la décision de la commission d’homologation constituée entre autres d’un collège de cardiologues. C’est alors qu’il saura s’il pourra vendre ou non le fameux Cardiopad sur l’étendue du territoire camerounais. De même, Abéga Moussa, directeur général de MG Soft, peine à trouver un marché pour ses applications mobiles qu’il a proposées à certaines entreprises de la place. «  Nous avons proposé nos solutions à une entreprises de transfert d’argent qui les a snobés pour aller en chercher en Inde et s’en vanter » lance Mboa Store,  la boutique en ligne de la startup a du mal à convaincre le développeur d’applications pour un éventuel hébergement sur la plateforme. Guy Cédric Mbouopda, concepteur de Rapid-ticket, déplore également les difficultés de pénétration sur le marché camerounais. Il lui  fallu environ trois ns de négociations pour une s solution de réservation des billets de voyage en ligne décroche enfin son premier contrat avec une agence de voyge. En revanche, les startups locales doivent dorénavant faire face à l concurrence des initiatives étrangères.

A l’instar de Senkiosk (Sénégal Kiosque), l’application Web de vente des journaux en ligne, qui a été proposée par la société sénégalaise des télécommunications Sonatel aux patrons de presse en marge de la conférence «  investir au Cameroun » pendant que Keyo press propose une solution pareille, sans écho favorable. De même, une entreprise américaine nommée M6 propose d’héberger les applications locales, un service qu’offre le Mboa store lancé par Abéga Moussa depuis trois ans.  «  C’est un coup très dur de voir les entreprises et même l’état camerounais aller chercher des solutions numériques ailleurs, alors qu’il y a des solutions qui  leur sont proposées sur place », regrette le patron de MG Soft. Qui estime par ailleurs que les opérateurs de la téléphonie mobile devraient utiliser les solutions numériques développées localement pour favoriser l’émergence de ces startups.

La question du financement  préoccupe nombre de startups. «  Personne n’investit dans les startups du numérique, les rares cas sont financés de l’extérieur », remarque Dominique Sodon fondateur de Business Analytics Group, qui vient de décrocher un contrat avec l’Américain Oracle.  A défaut d’un financement interne, certains fondateurs de startups ont eu recours au capital risque ou au financement participatif. C’est le cas de Kiro’o Games d’Olivier Madiba qui, pour financer la sortie de son jeu vidéo a levé des fonds grâce au CrowdFounding. Kerawa a aussi eu un apport de financement externe, précisément français. Des modes de financement qui pour Dominique Sodon, s’avèrent parfois dangereux, pouvant entraîner  parfois la perte du contrôle de l’entreprise par le fondateur. «  Si rien  fait, on va se retrouver dans une situation où les entreprises numériques camerounaises sont financées uniquement par des étrangers », prévient le dg de Business Analytics Group, spécialisée dans l’analyse des données.

Pour certains, la fiscalité appliquée aux startups est inadéquate. «  une startup du numérique n’a besoin  que d’un ordinateur, d’un Smartphone et des cerveaux pour constituer, alors qu’on leur demande le plan de localisation qui ne coûte pas moins de 500 000fcfa, cela pose problème, l’exonération de la patente ne dépasse 12 mois dans un environnement où la réussite est espérée à partir de la troisième année.
Le manque d’organisation des startups ne favorise pas par ailleurs leur éclosion. Généralement basées sur une application qu’elles peinent parfois à faire adopter, elles manquent de véritable projet d’entreprise et de modèle économique. D’aucuns préconisent un accompagnement de l’état à travers l’encadrement, la formation des startups pers à travers  l’incitation aux fondamentaux de la gestion de l’entreprise. Des initiatives telles que le «  village numérique » méritent d’être multipliées.

Jean-Claude Noubissié, Cameroun

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