Cameroun – téléphonie mobile : les autorités commandent un audit international sur la qualité du réseau

Minette Libom Li Likeng, ministre des Postes et Télécommunications du Cameroun.

(CIO Mag) – Dans sa politique d’amélioration du service des communications électroniques, le ministère des Postes et Télécommunications (Minpostel) par la voix de son chef de département, Mme le ministre Minette Libom Li Likeng a sollicité auprès du chef du gouvernement, le premier ministre Yang Philémon, l’accord au Minpostel de la commande d’un audit international de la téléphonie mobile. A tous les niveaux du gouvernement camerounais, et chez plusieurs consommateurs des télécommunications mobiles fournies par les opérateurs camerounais, la qualité du réseau irrite les abonnés.

Cela a permis au Minpostel de monter au créneau, comme une épreuve difficile, elle vient de remporter une victoire décisive en obtenant du chef du gouvernement son accord pour le lancement d’un appel d’offres international pour la réalisation d’un audit sur la qualité du réseau camerounais.

Durablement perturbées depuis plusieurs années et marquées par une course commerciale au détriment de la qualité du service, les lignes de communication chez les opérateurs Orange Cameroun, MTN Cameroon, NEXTTEL, ne permettent pas une communication aisée. Les opérateurs annoncent à grand renfort de publicité les technologies 3G ou 4G, les campagnes et batailles publicitaires autour des services qui ne sont pas conformes aux normes internationales en matière de contenu.

Le choix de lancer cet audit est l’aboutissement d’un processus enclenché par Mme Minette Libom Li Likeng, quelques temps après sa nomination. Elle n’a pas perdu de temps, après s’être imprégnée de quelques dossiers brûlants sur sa table, elle a ouvert le chapitre de la qualité du réseau dés ses premières descentes sur le terrain dans le cadre de la visite de ses services et de prise de contact avec tous les acteurs du secteur des télécommunications. Il ressort des différentes rencontres qu’il existe des problèmes sérieux à résoudre, parmi lesquels la mauvaise qualité des services. Il est alors convenu de discuter avec tous les acteurs du secteur sur les problématiques précises, de mettre en place un référentiel et un observatoire sur la qualité de service.

L’on peut noter une avancée importante, celle de la création au sein du Minpostel du Cercle de concertation permanente public-privée du secteur des postes et télécommunications (CPPT). Les missions qui lui sont assignées se résument à recueillir les préoccupations soulevées par les usagers, ainsi que les attentes des opérateurs privés, de relever les dysfonctionnements dans les télécoms et de proposer au gouvernement camerounais toute mesure susceptible de concourir à l’amélioration du rendement. Tous les opérateurs du mobile sont membres de ce comité de concertation.

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Comme naturellement, à mesure que les concertations et les propositions émergent, les regards convergent vers les opérateurs du mobile au sujet de la qualité du réseau, mais surtout vers les entités publiques de régulation. Mme le ministre a réuni autour d’elle l’Autorités de régulation des télécommunications (ART) et l’Agence Nationale de l’Information et des Télécommunication (ANTIC). Le constat est sans appel : faiblesse de la régularisation. De plus, une étude a démontré leur incapacité à assurer leurs missions… tant de problèmes ont été soulevés lors de cette réunion montrant le besoin d’une analyse en profondeur du secteur. Ce comité a le mérite de poser les diagnostics et cela a permis au ministre d’aller plus loin dans la résolution définitive des problèmes sur la qualité de service. La concertation autour d’elle a préconisé entre autres : un audit global de tous les réseaux téléphoniques du Cameroun. Le Président de la République Paul Biya attend les conclusions de l’audit international.

Jean-Claude NOUBISSIE, Cameroun

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