De la Smart citie (Casa, Tunis) à la Smart Nation, de nouveaux mécanismes de financement à mettre en place

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De Casablanca à Tunis en passant par Diamniadio au Sénégal, plusieurs projets ont été évoqués à l’occasion de la 4ème édition des Assises de la Transformation Digitale en Afrique.

 

Le projet de smart city de Casablanca accompagné par e-Madina est à ce propos très instructif d’une approche combinant vision et engagement politique, frugalité et implication citoyenne. Cette approche a retenu  l’attention de l’IEEE qui a sélectionné Casablanca (aux côtés de Kansas City – US) pour faire partie de son programme smart cities visant à mettre la technologie au service du développement urbain. Le projet de Casablanca valorise un modèle en 4P : Partenariat Public Privé People (pour souligner l’implication du citoyen dans la démarche). « Le plan de développement du Grand Casablanca dans lequel s’inscrit le volet smart city a été chiffré à 3 milliards de $ sur 5 ans », explique Mohamed Lakhlifi, Président de eMadina.

Le projet Tunisia Economic City propose un modèle de gouvernance différent lié à l’ampleur du projet, estimé à 50 milliards de $ et associant 40 pays et plus de 500 multinationales. Le projet est parrainé par le prince héritier d’Arabie Saoudite, il a reçu le soutien du gouvernement tunisien et a été adopté après présentation à l’assemblée nationale. La gouvernance sera assurée au travers de la création d’une société d’aménagement disposant d’un capital de 300 millions de $ au sein de laquelle seront représentées les principaux partenaires publics et privés.

Au-delà de ces deux projets, la discussion a porté sur l’intérêt de porter la réflexion à un niveau national, de la smart city à la smart nation, mais aussi au niveau de la sous-région pour favoriser une harmonisation de cadre réglementaire facilitateur du développement de la smart city et créer des zones spécialisées de façon à créer des complémentarités et synergies entre zone. Cette idée émise par Ibrahima Nour Eddine DIAGNE, Administrateur de Gaindé 2000 permet de palier aux manques de ressources des collectivités locales africaines. « Pour lui, c’est l’Etat qui centralise la quasi-totalité des ressources doit jouer sa participation dans cette perspective en mettant en place un cadre de concertation au niveau régional et sous régional ».

Smart Cities en Afrique : Du PPP au PPPP au sens citoyen
Le volet financement des projets smart cities a occupé une place lors de la 4ème édition des Assises de la Transformation Digitale en Afrique tenue les 29 et 30 octobre 2015 à Paris. Concernant les financements, le constat partagé lors des discussions est qu’en complément de modalités de financements traditionnels (prêts classiques et bonifiés), il convient de travailler sur :

  • les cadres réglementaires des PPP (travail engagé notamment par la BOAD avec l’UEMAO)
  • la qualité des projets de smart city afin de gagner la confiance des investisseurs internationaux.

L’AFD, dont un rapprochement avec la CDC a été annoncé en août dernier, intervient en soutien au développement de projets notamment en Afrique. L’AFD est en cours d’élaboration de sa stratégie numérique 2016 qui devrait soutenir :

  • l’accessibilité du numérique au plus grand nombre
  • le développement du numérique au bénéfice de l’ensemble des secteurs économiques
  • le numérique dans une nouvelle approche de l’aide au développement.

 

Les partenaires financiers s’adaptent avec  de nouveaux instruments

L’AFD et la CDC sont des partenaires financiers à considérer pour le développement des smart cities en Afrique. Pour Gabrielle Gauthey, Directrice des investissements et du développement local de la Caisse des Dépôts et consignations (CDC), les villes font face à de nombreux défis. Et le numérique apporte de nouvelles solutions aux problèmes auxquelles elles doivent faire face. « Les villes produisent 75% des gaz à effet de serre et doivent faire face à des problématiques de transport, d’éclairage, de gestion des déchets, etc. Le numérique peut contribuer aux réponses en terme de santé, de fluidité des transports, de sécurité et favoriser la transition énergétique. Les Smart Cities concourent au développement économique et à la participation citoyenne dans la cité. »

Dans le cadre du financement des projets, la Banque Ouest Africaine de développement (BOAD) a présenté des programmes ambitieux de financement de projets en Afrique.

« Nous finançons des projets régionaux et intervenons sur des programmes nationaux via des partenariats publics privés (PPP). Nous avons financé le déploiement de fibre optique au Bénin, ainsi que des processus innovants de collecte de données. La BOAD met aussi à disposition des outils de garantie pour sécuriser des projets. » Et finance également l’innovation, à l’instar d’un projet nigérien de développement agricole via la télé-irrigation, lequel permet de réguler la consommation d’eau à partir du téléphone mobile. « C’est un projet que la BOAD présentera au Fonds d’adaptation des Nations unies sur le changement climatique », a précisé Nathalie Brou Fofana, Directrice de l’Unité de développement des projets en partenariat public privé de la BOAD.

 

Synthèse réalisée par

L’Idate avec la collaboration de Cio Mag

Plus d’interviews et reportages dans le prochain Cio Mag à paraitre fin novembre

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