Dele Akinsade, Microsoft : « Les données restent toujours la propriété des clients »

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Dele Akinsade, Business Group Lead de la Division Server & Solutions d’entreprises pour Microsoft Afrique sub-saharienne et îles de l'océan Indien

 

La confidentialité des données est devenue une pomme de discorde entre éditeurs de logiciels, de systèmes d’exploitation et policiers du web. En témoigne le conflit ouvert entre Apple et le FBI. Microsoft, une entreprise de droit américain qui équipe en Afrique de nombreux clients, est forcément concerné par ce sujet. Alors, il tient à rassurer ses partenaires. Lors de son passage en Côte d’Ivoire, Dele Akinsade, Business Group Lead de la Division Server & Solutions d’entreprises pour Microsoft Afrique sub-saharienne et îles de l’océan Indien, s’est livré à cet exercice. Assisté d’Annelies Bulkens, Product Marketing Manager chez  Microsoft Belux (Belgique et Luxembourg), Dele Akinsade a expliqué à CIO Mag les scénarios proposés par Microsoft pour assurer la confidentialité des données à travers sa plateforme de service Cloud.

 

 

Dele Akinsade et Annelies Bulkens dans les locaux de Microsoft Afrique de l'Ouest et du Centre à Abidjan, vendredi 19 février 2016.
Dele Akinsade et Annelies Bulkens dans les locaux de Microsoft Afrique de l’Ouest et du Centre, à Abidjan, vendredi 19 février 2016.

CIO Mag : Microsoft est le premier fournisseur de service Cloud a adopté la norme internationale ISO 27018. Pouvez-vous nous expliquer les enjeux de cette certification ?

Dele Akinsade : Les clients que nous hébergeons dans nos centres de données sont issus de différents secteurs d’activités. Pour cette raison, nous avons choisi d’être certifié dans les industries les plus importantes : les finances, la santé et le secteur public (il montre une liste de certifications obtenues par Microsoft). Et on continue à ajouter de nouvelles certifications. Ensuite, il y a les certifications internationales comme ISO 27018 sur la confidentialité des données, puis les certifications spécifiques à chaque pays. En fait, la sécurité est un élément clé pour Microsoft qui a un engagement professionnel avec les pays comparativement aux autres joueurs du Cloud.

 

Même si le cas est grave et que la demande du gouvernement américain est urgente, ils ne pourront pas accéder aux données parce qu’elles restent toujours et en premier lieu la propriété des clients.

 

C.M : L’actualité dans ce domaine est marquée par le conflit entre Apple et le FBI. Cela prouve, une fois encore, que la question de souveraineté apparaît toujours dans les débats sur la confidentialité des données. Quel est votre regard sur cette problématique ?

D.A. : Le principe de base de Microsoft, c’est que les données restent toujours la propriété des clients. Même si le cas est grave et que la demande du gouvernement américain est urgente, ils ne pourront pas accéder aux données parce qu’elles restent toujours et en premier lieu la propriété des clients. Vous voyez aussi que Microsoft est présent dans de nombreux pays dans 28 régions dans le monde avec plus de 100 data center (il présente une cartographie des data center de Microsoft). Dans chacune de ces régions, chaque pays a ses propres lois sur la protection des données. Par ailleurs, nous donnons aussi la possibilité à nos clients de choisir le pays où ils souhaitent héberger leurs données. Si vos données se trouvent par exemple en Inde, un autre gouvernement ne peut pas venir demander d’y accéder.

 

C.M : Sur votre carte, on note que vous n’avez pas de data center en Afrique ? Pourquoi ?

D.A. : Une fois que les conditions seront réunies dans un pays africain, c’est clair que Microsoft investira dans un data center. Vu que la connectivité s’améliore d’année en année, la question devient un peu moins importante.

 

C.M : N’est-ce pas pour pallier cette absence de data center de Microsoft sur le continent que nombre de pays africains comme la Côte d’Ivoire et le Burkina Faso mettent en place leurs propres Cloud privés pour avoir leurs données sur place ? Comment appréhendez-vous ces initiatives ?

D.A. : Il faut savoir que dans la plateforme Cloud de Microsoft, il y a le Cloud privé qui peut être hébergé dans un data center local par exemple. Au Ghana, au Cameroun, en Côte d’Ivoire, au Burkina, nous collaborons avec les gouvernements pour créer leurs Cloud privés. Le deuxième cas, c’est le Cloud privé hébergé localement par des tierces parties. En Côte d’Ivoire par exemple nous avons MTN, Orange et NSIA Technologies. Les données sont hébergées dans le pays, et les centres d’hébergement sont exploités avec la technologie Microsoft. C’est exactement la même couche technologique mais sur l’infrastructure d’une tierce partie. Dans le troisième cas, on va garder les données confidentielles au niveau local, d’autres données seront hébergées chez une tierce partie, et d’autres données dans le Cloud de Microsoft, pour permettre le backup, etc. (Notre infrastructure dans le monde est plus grande qu’Amazon et Google réunis). Enfin le quatrième scénario, c’est le cas de l’Allemagne où la législation ne permet pas à certains types de données de quitter le pays. Du coup, les data center ont été créés là-bas. Ils sont gérés par un opérateur télécoms et sont tous au même niveau de service et de standard que les autres que nous exploitons. Ce scénario a évidemment un impact sur le coût. C’est un peu plus cher parce que c’est une solution spéciale.

 

C.M : Vous équipez en Afrique, les entreprises, les administrations publiques, les smart cities, les particuliers, etc. Quels sont les secteurs qui sont les plus demandeurs de vos solutions Cloud ?

D.A. : D’abord, il y a les gouvernements. Beaucoup n’ont pas encore leurs propres data center, pour offrir ces services à leurs employés et aux citoyens. Et vu que la démocratie grandissante nécessite plus d’actions, les gouvernements sont tenus de montrer plus de résultats dès qu’ils sont élus. Et là, l’aspect rapidité est essentiel. C’est pourquoi les solutions Cloud sont très importantes. C’est rapide, sécurisé, beaucoup plus accessible économiquement et plus facile à gérer. Deuxième secteur d’activité : les finances. Ils sont déjà un peu habitués à différents types de Cloud parce qu’ils travaillent sur leur propre centre de données. Donc, c’est un peu plus facile pour eux d’adopter ce genre de service. Une tendance importante, les consommateurs qui ont l’habitude, surtout avec le mobile, d’avoir ces services, de consommer ces services. C’est plus facile pour eux de demander de leur fournir le même accès, la même flexibilité que ce qu’ils ont l’habitude d’utiliser.

 

Propos recueillis par

Anselme AKEKO

Abidjan

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