Guinée : Human Rights redoute le centre de contrôle et de suivi du trafic voix et données

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(CIO Mag) – Human Rights Watch, organisation non gouvernementale internationale qui assure un suivi des atteintes aux droits humains, redoute les activités du centre de contrôle et de suivi du trafic (voix et données) dont la création a été annoncée, le 6 janvier dernier, par l’Autorité de Régulation des Postes et Télécommunications (ARPT) de la Guinée.

Dans une lettre adressée au Premier ministre guinéen, Human Rights Watch exprime ses craintes quant à la possibilité de voir ce centre de contrôle outrepasser ses prérogatives pour surveiller les communications mobiles des citoyens.

Human Rights Watch croît comprendre que la création de ce centre vise à vérifier les recettes des opérateurs télécoms à des fins d’évaluation fiscale. Mais le fait que l’ARPT puisse à travers cette activité accéder à l’intégralité du trafic la préoccupe énormément.

C’est pourquoi, cette ONG demande à l’Exécutif de veiller à ce que cette probabilité ne se réalise pas.

« Une réglementation à des fins fiscales légitimes ne devrait pas nécessiter la collecte de grandes quantités de données personnelles sensibles, portant ainsi atteinte au droit à la vie privée de tous les utilisateurs de téléphones portables », peut-on lire dans le document cosigné par Cynthia Wong et Corinne Dufka, respectivement Chercheuse senior sur l’Internet et les droits humains et Directrice de recherches sur l’Afrique de l’Ouest à Human Rights Watch.

Soulignons que les sociétés de téléphonie mobile, Cellcom, Orange et MTN ne soutiennent pas la création de ce centre de contrôle. Dans un courrier daté du 19 janvier, elles ont déclaré qu’elles n’accéderaient pas à la demande de transmission de leurs fichiers à l’ARPT « sans connaître avec plus de clarté les objectifs de ce système et sa base juridique ».

Dans sa lettre, Human Rights Watch révèle que deux de ces entreprises auraient fléchi après des menaces de sanction brandies par l’ARPT.

 

A. S