L’Afrique doit construire son propre destin numérique

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Alexandre Zapolsky, Président de Linogora. © Syntec

Passer d’un à deux milliards d’habitants dans un laps de temps très court nécessite la création de modèle de rupture pour faire faire à l’accroissement des besoins en Afrique. Ces besoins engendrent et continuerons d’engendrer des conséquences tellement importants dans tous les domaines de la vie quotidienne. C’est la conviction d’Alexandre Zapolsky, Président de Linagora lors de son intervention au premier forum du Nxse (24 et 25 novembre 2017 à Saint Denis La Réunion).

(CIO Mag) – Pour le patron de Linagora,  « Le seul moyen d’adresser ces problèmes majeurs sous-jacents  à cette démographie galopante, aussi appelé enjeu des grands nombres, c’est le numérique ». Ne serait-ce que dans le domaine de l’éducation, pour Alexandre Zapolsky : «  le milliard de population supplémentaire nécessiterait pour les 25 prochaines années d’être capable de construire 2 000 fois, le nombre d’écoles primaires, de collèges, d’universités, de grandes écoles ». Ce qui relèverait de l’utopie. Et quand bien même, si l’Afrique avait les moyens financiers, humains et logistiques pour faire face à cette importante montée en puissance de ses besoins, il met en doute la capacité des dirigeants à en assurer une gestion efficiente et optimale sans l’aide des outils numérique. « Il est temps de réfléchir  à d’autres moyens, d’autres alternatives qui s’appuieront sur les technologies numériques pour faire face à cette nouvelle problématique. Tout est à réinviter sur la façon dont le numérique pourra accompagner toutes ces nouvelles dynamique », explique Alexandre Zapolsky, également Référent français de l’Alliance Franco-Tunisienne pour le Numérique.

Quel type de numérique pour l’Afrique ?

Devant l’accroissement phénoménal  du numérique notamment en Afrique,  le continent doit se prendre en charge pour construire son propre destin numérique pour ne passer à côté de l’essentiel. « Il faudrait que l’Afrique évite les mêmes écueils commis par les européens dans ses choix stratégiques », explique le patron de Linagora. Et de déplorer : « qu’en manquant de cohérence dans ses choix stratégiques, il n y a aucune entreprise européenne parmi le Top des leaders du numérique dans le monde ». On retrouve des jeunes talents africains qui développent des solutions innovantes et  adaptées à partir d’un cybercafé situé dans un coin perdu d’une agglomération africaine. Ces jeunes sont souvent repérées par de grands groupes qui les recrutent. Pour Alexandre Zapolsky : « c’est une bonne chose pour ces jeunes, pour leurs proches car ils peuvent gagner beaucoup d’argent qui les aidera à faire face aux besoins immédiats ». Cependant, ces exemples de réussites sont des cas isolés et ne devraient pas être encouragés. Car à terme, ce sont des politiques qui risquent d’assécher la capacité d’innovation de l’Afrique. D’autant plus que les dividendes tirés de ces innovations seront plus profitables à des multinationales étrangères qu’à l’économie africaine. Les modèles de hub Techs que l’on voit au Nigéria, au Kenya, au Sénégal, en Côte d’Ivoire sont excellents et gagnerait à être développer et dupliquer pour créer un effet d’échelle et provoquer un électrochoc capable d’impacter durable l’écosystème local. Il n y a de fatalité. L’Afrique doit et peut choisir un autre destin numérique différent de celui choisi ou imposé aux européens.

Synthèse réalisée par Mohamadou DIALLO

Article paru dans le magazine CIO Mag N°44

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