Retrait de licences en Côte d’Ivoire : aucun opérateur concerné n’est surpris (ARTCI)

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(CIO Mag) – Aucun opérateur parmi ceux qui se sont vu retirer leur licence d’exploitation de réseaux de télécommunications mobiles terrestres, le mercredi 29 mars dernier, n’est surpris par cette décision, a martelé M. Lemassou Fofana, Président du Conseil de régulation des Télécommunications au cours d’un point de presse qu’il a co-animé lundi 4 avril au siège de l’Autorité de régulation des télécommunications/TIC (ARTCI) avec le directeur général de cet organe, M. Bilé Diéméléou.

L’Etat va encaisser son dû. Ainsi, contrairement aux allégations de certains opérateurs tendant à faire croire qu’ils sont étonnés et surpris par le retrait de leurs licences, tous, selon M. Bilé Diéméléou, ont reçu des mises en demeure de l’ARTCI qui « sont restées sans suite ». C’est donc tout logiquement que le régulateur télécoms a fini par mettre à exécution sa menace contre ces opérateurs qui restent devoir à l’Etat de Côte d’Ivoire plus de 80 milliards de francs Cfa.

Un pactole que le gouvernement ne compte pas abandonner aussi facilement. A en croire le directeur général de l’ARTCI, une procédure sera engagée par l’Etat pour entrer en possession de son dû.

Des employés de Comium dans la cour de l’entreprise, trois jours après l’annonce du retrait des licences des opérateurs télécoms défaillants.

539 salariés licenciés. L’avenir des 539 salariés de Comiun et GreenN, touchés par cette mesure a été également abordé par les journalistes au cours de ce point de presse. Selon M. Bilé Diéméléou, cette question sera réglée dans le cadre d’une « procédure de licenciement collectif ». Toutefois, comme l’a-t-il expliqué, nombre de ces employés pourraient trouver une place chez l’opérateur qui gagnera la 4ème licence.

Cela, dans la mesure où ils totalisent des années d’expérience et sont prêts à l’emploi. Mais ces employés l’entendront-ils de cette oreille. Dans la soirée de ce même lundi, une manifestation s’est déroulée au siège de Comium. Où, des employés, a-t-on appris, avaient engagé de vives discussions avec la direction. La police était sur les lieux. pour prévenir tout débordement.

 Les consommateurs seront protégés. Au total, Comium, Oricel CI, Niamoutié K. Télécoms et Warid disposent de 1 071 276 abonnés constituant moins de 4,2% du parc national, et qui sont pour la quasi-totalité multi-sim. Dans le cadre de cette mesure, ces abonnés auront droit à un « service exclusif » sur leurs réseaux, sur une durée maximum de 30 jours, à compter de la date de retrait des licences de leurs opérateurs respectifs. L’ARTCI, par la voix de son Dg, assure qu’il veillera à la protection de leurs droits.

Des manquements préjudiciables. Sur les raisons qui l’ont contraint à retirer les licences de ces 4 opérateurs, l’ARTCI a énuméré les manquements aux obligations financières et les manquements aux obligations d’offre et de qualité de service. Outre le non-paiement de la contrepartie financière de la licence, ces sociétés ne respectaient pas les obligations financières contenues dans leur cahier de charge, à savoir la redevance de régulation, la redevance d’utilisation de fréquences, la redevance d’utilisation des ressources de numérotation et la contribution à la recherche, à la formation et à la normalisation en matière de Télécommunication/TIC.

Sur le second point, l’ARTCI a fait observer que ces entreprises sont « restées marginales en termes de production et de développement du marché ». En plus de cela, des opérateurs comme Oricel ont des équipements « end of life », c’est-à-dire en fin de vie. Comium se trouve dans une situation d’endettement avancé. Toutes choses qui ne leur permettaient de tenir la route aux côtes des gros joueurs que sont Orange CI, MTN CI et Moov CI. Leur sortie du marché ivoirien des télécoms n’était plus qu’une question de temps.  

Anselme Akéko – Abidjan   

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