Télécommunications : les régulateurs camerounais sont-ils impuissants ?

(CIO Mag) – Il faut le relever, l’Agence de régulation des Télécommunications (ART) et l’Agence nationale des technologies de l’information et de la communication (ANTIC) ont la mission de réguler la téléphonie et l’internet au Cameroun. Au regard de l’état de ces deux secteurs, on peut dire que ces deux agences ont plus gardé les bras croisés que réguler. C’est le constat auquel est parvenu le Minpostel. Mme le ministre des Postes a constaté avec beaucoup d’amertume la faiblesse de la régulation. La mission diagnostic effectuée au sein de l’ART et de l’ANTIC démontre l’impuissance des régulateurs.

La mission fait le constat du retard technologique et l’insuffisance des équipements de contrôle de la qualité de service et des difficultés à sanctionner les opérateurs pour certains manquements à leurs obligations. La mission note aussi les difficultés pour les agences de régulation à exploiter les bases de données des opérateurs. Pour bien comprendre l’apathie de l’ART et l’ANTIC, il faut aller regarder dans les problèmes recensés au cours de la première concertation tenue au sein du CPPT. Ces problèmes s’articulent autour de l’insuffisance de la couverture des réseaux des opérateurs, le non-respect des cahiers de charge et des textes du secteur, le non-respect des normes d’installation des équipements ou encore l’absence d’un cadre de conciliation entre régulateur, clients et opérateurs, dont le rôle serait de trouver des solutions à l’amiable aux plaintes des usagers.

Les nœuds d’impuissance des régulateurs ART et ANTIC se résume en : le problème de la coordination de la pose de la fibre optique en milieu urbain; l’information insuffisante des usagers sur les tarifs et services; le montant des sanctions pécuniaires infligées par l’ART aux opérateurs est assez faible et flexible, ce qui pourrait laisser une porte ouverte aux négociations et par ricochet à la corruption; l’absence de validation par le régulateur d’un contrat type entre abonnés et opérateurs; l’existence sur le marché d’équipements terminaux non homologués; la mauvaise utilisation des terminaux par les usagers; et l’absence de transparence dans la structure des prix des services offerts par les opérateurs. Tous ces problèmes et bien d’autres n’ont jamais trouvé de solutions appropriées. Ces récriminations cristallisent les mécontentements des utilisateurs. De leur côté, les opérateurs dénoncent la confiscation de la fibre optique par Camtel (l’opérateur historique et public).

Jean-Claude NOUBISSIE, Cameroun

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