27è Congrès de l’UPU : quels services postaux en Côte d’Ivoire à l’horizon 2020 ?

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Un bureau de poste en Côte d'Ivoire. (Crédit photo: Marcopolis)

(CIO Mag) – C’est officiel ! La Côte d’Ivoire abritera le 27è Congrès de l’Union postale universelle (UPU) en 2020. Lundi, c’est par « acclamation » que les participants au 26è Congrès qui se déroule à Istanbul en Turquie ont opéré cette désignation. Donnant ainsi aux autorités ivoiriennes l’occasion de prendre une revanche sur l’organisation de ce rendez-vous mondial qui leur a échappé en 2004, en raison du conflit qui a secoué le pays.

Douze années sont passées. Le climat est propice aux affaires. La croissance économique, elle, reprend de plus belle. Toutes les conditions (ou presque) sont réunies pour que la locomotive de la zone Uemoa tienne le pari d’une organisation réussie du 27è Congrès de l’UPU en 2020. Reste maintenant une énigme à élucider : quels services postaux la Côte d’Ivoire va-t-elle présenter à ses hôtes lors de cette rencontre ?

Dure séparation avec les télécoms

Elles sont nombreuses les organisations postales africaines qui ont mal vécu la séparation avec les opérateurs historiques des télécoms. Considérant le courrier électronique comme une menace pour le courrier classique, beaucoup parmi elles sont restées attachées au métier traditionnel de la lettre Poste. Du coup, elles n’ont pas pu franchir le pas de la transformation digitale, pour se réinventer et repenser leur stratégie de développement, tout en conservant les valeurs intrinsèques de la poste : proximité, confiance et service universel. Ce constat vaut également pour la Côte d’Ivoire.

Courrier hybride

Et pourtant ! Que de bénéfices à tirer des technologies de l’information et de la communication (TIC) pour développer de nouvelles activités connexes à la poste traditionnelle ! Les experts-métiers évoquent, entre autres, la mise en place du courrier hybride. Une solution qui permet aux grands facturiers (sociétés de distribution d’eau et d’électricité, entreprises de téléphonie mobile, administrations publiques, établissements financiers, etc.) d’envoyer du courrier à destination de leurs clients ou administrés de manière électronique à travers la poste. Ces courriers sont ensuite acheminés électroniquement à l’agence postale la plus proche des destinataires pour être imprimés, mis sous enveloppes puis distribuer par des facteurs.

Dématérialisation documentaire

Une autre activité présentée comme un gisement de croissance pour la poste : la dématérialisation documentaire. Un service destiné aux entreprises publiques ou privées qui souhaitent donner une valeur probante à leurs documents dématérialisés. Selon des spécialistes, cette activité permet aux organisations postales de passer du statut d’autorité de confiance à celui d’opérateur de confiance numérique, en donnant une valeur juridique à ces documents, avec le cachet de la poste qui fait foi.

Distribution de services e-Gouv

Le rôle de la poste à l’ère du « Tout numérique », font encore remarquer d’autres experts-métiers, consiste également à distribuer les services e-Gouv à l’ensemble des citoyens. Pour cela, les organisations postales africaines doivent composer avec une administration qui dématérialise l’essentiel des processus de production et de fourniture des services aux populations. Et qui ouvre ses systèmes d’information à d’autres acteurs de l’écosystème numérique. Cette interopérabilité entre administrations devrait permettre, par exemple, au citoyen de télédemander son acte de naissance à distance, auprès d’une collectivité locale, et de le recevoir par l’agence postale la plus proche.

Pour l’heure, dans l’état actuel où se trouve les services postaux en Côte d’Ivoire, le courrier hybride, la dématérialisation documentaire, la distribution des services de l’e-Gouv, pour ne citer que ces services-là, constituent des marches à gravir pour rendre accessibles les ambitions du pays à l’horizon 2020.

Anselme Akéko

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