Mobile World Congress : le futur à nos portes

Le MWC, plus grand événement mondial consacré au mobile, se tient du 28 février au 3 mars à Barcelone, en Espagne. Exposants et public viennent des quatre coins du monde pour échanger et observer les dernières technologies. Cette édition 2022 fait la part belle à la 5G et aux questions environnementales, et donne un aperçu du monde de demain. Si les Africains sont encore absents parmi les entreprises leaders de la tech mobile, les représentants des institutions publiques ont fait le déplacement, pour garder un œil sur les innovations et s’en inspirer pour construire un modèle de développement numérique adapté au continent.

(Cio Mag) – « La connectivité mobile a changé la façon dont nous vivons. Aujourd’hui, nous entrons dans l’ère de la 5G. Comment pouvons-nous construire un futur meilleur dans ce contexte ? ». C’est pour proposer et trouver des réponses à cette question, soulevée par la GSMA, que quelque 60 000 personnes venues du monde entier ont arpenté les immenses couloirs du MWC. Le plus gros salon mondial consacré au mobile, qui se tient du 28 février au 3 mars à Barcelone, était très attendu, après une édition 2021 réduite au minimum et une édition 2020 annulée, pour cause de crise sanitaire.

Sur des milliers de mètres carrés, plus de 1500 exposants venus d’environ 180 pays présentaient leurs produits, services et innovations : applis, logiciels, mobiles, attractions de réalité augmentée, démonstrations d’habitats connectés ou encore solutions cloud. Le village Huawei est sans doute le plus impressionnant de tous. Le géant chinois est venu présenter sa nouvelle stratégie « Lighting up the future », comme une nouvelle page qui s’ouvre après deux ans de pandémie. « Le MWC est une vitrine technologique, une plateforme de partage entre les clients du monde entier. Nous avons l’occasion de montrer et de démontrer notre innovation, nos produits, nos solutions mais aussi de partager les retours d’expériences », atteste Mounir Soussi, Vice-Président Cloud & IA de Huawei Northern Africa.

Plus que les équipements, Huawei compte sur ses technologies, notamment en termes de Cloud, pour booster sa croissance et poursuivre sa stratégie de mondialisation. Grâce à cet investissement, Huawei espère remodeler ses théories fondamentales, l’architecture et les logiciels qui sous-tendent son industrie, accroître sa compétitivité à moyen et à long terme ; et assurer la durabilité à plus long terme de l’industrie des TIC, qui se doit d’être « green ».

Vue partielle du salon

« La densité de la connectivité et la puissance de calcul déterminent la force de l’économie numérique, mais celle-ci doit également conserver sa vitalité dans la durée. Nous devons donc considérer un nouvel élément, la réduction des émissions de carbone », a assuré Guo Ping, président tournant de Huawei. Le groupe adhère ainsi à la stratégie « More Bits, Less Watts », pour un monde technologiquement plus avancé, mais moins pollué. Car Huawei en est convaincu, grâce à l’innovation, le secteur des TIC est en mesure d’aider d’autres industries à réduire leur propre empreinte carbone.

6G et monde virtuel

Les prévisions montrent que plus de 50 % du PIB mondial sera numérisé en 2022, et le mobile sera sans aucun doute la pierre angulaire de ce développement. En 2022, le cloud est donc sur tous les agendas, tout comme la 5G. Ces technologies doivent servir à booster les compétitivités des pays. Le directeur général de la GSMA, Mats Granryd, a ainsi rappelé que les connexions 5G devraient atteindre 1 milliard de personnes d’ici la fin de 2022. « C’est un domaine de croissance transfrontalier, avec tant d’opportunités, a-t-il assuré. Bien sûr, c’est un effort conjoint. Les gouvernements et les décideurs doivent être informés et encouragés à soutenir le développement rapide et croissance durable de la 5G ».

Parallèlement aux perspectives de la technologie de réseau, il a souligné les efforts continus pour combler l’écart d’utilisation avec plus de 3 milliards de personnes n’utilisant pas le haut débit mobile. « La bonne nouvelle est que l’écart de couverture est en train de se réduire », a déclaré Granryd.

De son côté, l’opérateur Orange a annoncé qu’il vise à supprimer progressivement les réseaux 2G et 3G sur l’ensemble de son empreinte, entre 2025 et 2030, dans le cadre des efforts visant à détourner le spectre vers la 4G et la 5G et à prioriser les investissements dans les technologies de réseau de nouvelle génération.

Au-delà de la 5G, au MWC, on regarde vers l’avenir et il déjà question de la 6G. La présidente de la Federal Communications Commission des États-Unis, Jessica Rosenworcel, a profité de son discours liminaire de mardi pour révéler que la prochaine vente aux enchères américaine du spectre à bande moyenne aura lieu en juillet 2022, tout en soulignant la nécessité de commencer à planifier la 6G dès maintenant. « Nous en sommes aux premiers jours. Mais si nous avons appris quelque chose de notre expérience de déploiement de la 5G, c’est que le service sans fil est important pour la sécurité économique et nationale », a-t-elle assuré.

L’Afrique observe pour construire son modèle

Quant aux Africains, seules quelques startups sont présentes dans les allées, dont la sénégalaise LAfricaMobile, plateforme de communication digitale, ou encore l’agritech ghanéenne Esoko. Le Maroc a déployé un stand pour mettre en valeur sa nouvelle initiative « Morocco Now » et la Tunisie est présente à travers ses incubateurs notamment. Les ministres et régulateurs sont, eux, venus de tout le continent pour rencontrer des partenaires. Ainsi, Lacina Koné, Directeur général de Smart Africa, a fait le déplacement pour « parler des sujets chauds avec les opérateurs ». A savoir, le coût de l’internet, la taxation du mobile money et la question de l’identité numérique. Des préoccupations partagées avec la GSMA. « Pour lancer le train de la transformation numérique, les opérateurs et le secteur public doivent connaître leurs clients, ce que nous appelons le KYC (Know Your Customer). Nous devons innover sur le modèle, afin de ne pas copier les autres, mais d’opérer un véritable saut de grenouille », assure-t-il. Les régulateurs et ministres du numérique de différents pays du continent sont présent.

Lacina Koné, Directeur général de Smart Africa

Côté Bénin, le Directeur de l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI), Ouanilo Medegan Fagla, a fait le déplacement pour voir les dernières technologies et solutions de son partenaire Huawei, qui pourront être implantées au pays. « Nous attaquons le train en retard sur les autres, mais nous devons bien l’attaquer, en prenant en compte l’impact que nous pouvons avoir sur la planète, rappelle-t-il. Même si, certains déploiements ne sont pas encore prioritaires, à l’instar de la 5G. » « Nous devons d’abord œuvrer pour la couverture des zones blanches, la généralisation de la 3G et de la 4G avant de penser à la 5G. Mais il reste nécessaire pour nous d’entrer dans le jeu en même temps que tout le monde, et de proposer ces nouvelles technologies sur certaines zones », argumente le Directeur.

Car, ainsi que l’a rappelé le président de la GSMA : « Tout se passe à une vitesse incroyable. D’énormes changements se produisent, et d’autres sont à venir. Un nouveau monde immersif est presque arrivé, ce qui provoque des perturbations époustouflantes. Les nouvelles technologies redéfiniront notre façon de travailler et de vivre ». Mobile à la main, tête dans le nuage, le monde est entré de plein pied dans une virtualité bien réelle.

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