
Le Sénégal a un nouveau ministre de l’économie numérique. Il s’agit de Moussa Bocar Thiam (en photo). C’est le tout nouveau ministre de la communication, des télécommunications et de l’économie numérique. La décision est intervenue samedi lors du dernier remaniement ministériel. Mais ce qui interpelle le plus les acteurs du numérique, c’est l’instabilité autour de ce ministère.
(Cio mag) – En effet, sous Macky Sall, le secteur de l’économie numérique a connu avec le dernier remaniement, son septième ministre en dix ans. C’est Abou Lo qui a ouvert le bal en Avril 2012. Il y restera jusqu’en Octobre 2012. Il est tout de suite remplacé par Cheikh Habiboulaye Dièye jusqu’en Juillet 2014. C’est à ce moment qu’on commence à parler d’économie numérique à proprement parlé. Le chamboulement commence même dans la dénomination avec son secteur. Arrivé en juillet, Yaya Abdoul Kane, l’inconnu et le déconnecté ministre de la Poste et des Télécommunications y restera jusqu’en Septembre 2017. Il sera remplacé par Abdoulaye Bibi Baldé. L’appellation classique revient. On parle, avec lui, de ministre de la Communication, des Télécommunications, des Postes et de l’Economie numérique. Il reste au poste jusqu’en Avril 2019. Il sera remplacé par Madame Ndéye Tické Ndiaye Diop. Avec elle, exit la communication. On parle désormais de ministère de l’Economie numérique et des Télécommunications. En novembre 2020, elle est remplacée par Yankhoba Diattara.
Pour Mountaga Cissè, spécialiste des questions numériques, c’est l’un des secteurs les plus instables dans le système gouvernemental sénégalais. À chaque remaniement ou changement de gouvernement, dit-il, c’est le chamboulement de la tête aux pieds. « Les ministres partent et emportent avec eux la dénomination du département. Ce secteur qui contribue à hauteur de 6,5% au PIB national selon la Direction de la Prévision et des Etudes Economiques, est également très négligé. On peut se fier à la position de ce ministère dans l’ordre protocolaire de la composition du gouvernement ou du profil de celui qui en a la charge », a-t-il analysé.
Selon plusieurs acteurs du secteur, si le Plan Sn2025 qui ambitionne de porter la contribution du secteur à hauteur de 10% du PIB accuse du retard, c’est justement parce que le secteur n’est pas stable.
Même s’il a un parcours plus qu’honorable dans le milieu judiciaire, le tout nouveau ministre du numérique n’est pas ce qu’on pourrait appeler un homme du sérail. Juriste de formation spécialisé en Droit Public et au Règlement des contentieux, agent judiciaire de l’état, maire d’une commune située dans la région de Matam, Moussa est plus un novice dans le secteur du numérique.
Mamadou DIOP