À Abidjan, le Club DSI Côte d’Ivoire et Werin Group ont réuni des experts pour explorer l’avenir de l’intelligence artificielle. Entre gouvernance des données et agents autonomes, les décideurs ont partagé des stratégies pour bâtir des organisations performantes, sécurisées et innovantes.
(CIO Mag) – Le jeudi 5 février 2026 à Abidjan, Werin Group, acteur majeur de l’accompagnement digital, a organisé en partenariat avec le Club DSI Côte d’Ivoire un afterwork technique ayant permis de décrypter les enjeux fondamentaux de l’intelligence artificielle (IA) générative et de la cybersécurité agentique dans un écosystème en pleine mutation.

En ouverture de cette soirée, Alaa Idine Bayyi, Managing Director de Werin Group, a rappelé la philosophie de cette rencontre qui a pour but d’éviter les écueils d’une technologie sans boussole. « On parle beaucoup de la donnée sans vision, sans gouvernance. Cet afterwork vise à donner des conseils sur la transformation digitale », a-t-il affirmé avec conviction.
Cette volonté de transmission a trouvé un écho favorable auprès du Club DSI Côte d’Ivoire dont le président Jean Claude Sigui a souligné l’importance de maîtriser les fondations avant de viser les sommets technologiques. « L’intelligence artificielle générative déferle dans nos organisations avec des promesses extraordinaires mais aussi avec des risques considérables si nous n’en maîtrisons pas les fondations. Et quelle est cette fondation ? La gouvernance des données. Sans gouvernance rigoureuse, nous bâtissons des châteaux sur du sable », a-t-il prévenu, tout en dessinant le profil d’un DSI et d’un RSSI “augmentés” pour l’année 2026.
IA générative sous contrôle
La première thématique de la soirée, consacrée à la gouvernance des données comme moteur de performance, a été animée par Yasmine Faik. Experte internationale et figure de proue de DAMA Maroc, elle a dressé un constat sans appel sur la réalité opérationnelle des entreprises. Selon elle, le succès de l’IA ne repose pas sur la sophistication des modèles, mais sur la qualité brute de l’information traitée.
« Au sein des organisations, 80 % du temps est consacré à la préparation des données et 20 % au développement et à l’optimisation des algorithmes », a-t-elle précisé, soulignant que 85 % des projets n’atteignent jamais le stade de la production faute d’une structuration adéquate. Pour remédier à cela, l’experte a mis en avant les trois piliers d’un déploiement pérenne et performant d’une IA générative : l’alignement métier, une gouvernance claire et des données de haute qualité.
En s’appuyant sur le cadre DAMA-DMBOK, Yasmine Faik a insisté sur le fait que la gouvernance est avant tout un exercice d’autorité et de contrôle sur le cycle de vie de la donnée, de sa collecte jusqu’à son archivage en passant par le stockage, le traitement, l’analyse et la diffusion. Toutes choses ayant pour but de garantir une IA performante, éthique et durable.
Cybersécurité agentique
Le second volet de l’afterwork a plongé l’assistance dans l’univers de la “cybersécurité agentique”. Toufiq Airane, Cyber Security Manager, a captivé l’auditoire en présentant les agents autonomes comme une « IA avec des mains ». Capables d’observer, de raisonner et d’agir de manière proactive, ces agents transforment radicalement la défense des infrastructures.
« Les agents autonomes permettent des opérations SOC transcendantes : investigation et confinement autonomes. Les agents vont au-delà des simples triages, des simples alertes en apportant une capacité rapide et approfondie », a-t-il expliqué.
Cette révolution technologique redéfinit également le rôle des Responsables de la sécurité des systèmes d’information (RSSI). Pour Toufiq Airane, le nouveau défi du RSSI est de passer de la réaction à la supervision stratégique : il s’agit désormais de « déployer, configurer et superviser les agents en s’assurant qu’ils sont alignés sur la stratégie globale de l’organisation ».
Cette soirée de débats a démontré que l’innovation technologique propulsée par l’IA ne peut être dissociée d’une rigueur méthodologique. Entre la nécessité de briser les silos organisationnels évoqués par Yasmine Faik et l’assurance scalable permise par les agents de Toufiq Airane, les décideurs ivoiriens disposent désormais de clés concrètes pour piloter leur transformation.
Alors que l’IA devient le nouveau standard de la compétitivité mondiale, une question demeure pour les dirigeants : votre organisation est-elle prête à transformer sa gouvernance pour faire de l’intelligence artificielle un levier de croissance durable plutôt qu’un risque non maîtrisé ?





