Abidjan : « Inspire & Connect Africa » insiste sur l’accompagnement des jeunes

Inspire & Connect Africa à Abidjan / Cio Mag

Première manifestation de Bpifrance à l’étranger et consacré à l’Afrique, Inspire & Connect Africa s’est tenu le mercredi 2 juin à l’Institut français de Côte d’Ivoire, avec l’objectif principal de co-construire l’avenir.

(Cio Mag) – Le thème de cette rencontre « L’audace d’entreprendre, l’assurance de se lancer, d’aller au-delà des risques, de s’affranchir des codes », a réuni des autorités locales et françaises, chefs d’entreprises, investisseurs et structures d’accompagnement, ayant pour ambition de susciter le débat d’idées, mettre en lumière et connecter la nouvelle génération d’entrepreneurs.

A cette occasion, le ministre ivoirien Mamadou Touré chargé de la promotion de la jeunesse, de l’insertion professionnelle et du service civique, a encouragé le secteur privé à aller « beaucoup plus loin dans la formation ». Afin d’accroître les ressources entrepreneuriales en faveur des jeunes qui arrivent par milliers chaque année sur le marché de l’emploi mais que ni l’Etat et les entreprises privées ne peuvent absorber.

Enthousiasmé par le potentiel qu’il observe au quotidien dans son pays, le ministre sénégalais Papa Amadou Sarr délégué à l’entreprenariat rapide des femmes et des jeunes, a souligné la résilience des entrepreneurs. Il a notamment évoqué le budget annuel de 50 millions d’euros – un peu plus de 30 milliards Fcfa – créé par l’Etat pour permettre aux startups d’éclore grâce à des crédits en dette, garantie et capital-risque.

Construire l’avenir

Créer les conditions, insuffler l’esprit d’entreprendre. C’est aussi la mission de la Confédération générale des entreprises de Côte d’Ivoire (Cgeci), initiatrice de la Cgeci Academy et d’un Business plan compétition. Selon Jean-Marie Ackah, président de la Cgeci, le but de ces challenges consiste à « offrir des perspectives aux jeunes à travers des mécanismes qui fonctionnent, qui soient accessibles et agiles, parce que sans agilité les entreprises meurent avant de décoller ».

Fondateur et CEO de Global Sovereign Advisory, Anne-Laure Kiechel a fait remarquer pour sa part que de nombreux jeunes africains mènent un entreprenariat de subsistance plutôt qu’un entreprenariat de croissance. Changer cette donne demande d’accompagner la relation publique-privée.

La prise de parole des uns et des autres démontre que l’emploi, la formation, le financement et l’accompagnement sont des problématiques cruciales pour le développement économique et social du continent. Toutefois, pour le ministre français Franck Riester délégué au commerce extérieur et à l’attractivité, l’enjeu de la jeunesse reste le plus important, tout autant que la réponse à leur apporter en termes de création d’entreprise et d’accompagnement de leur volonté à aller de l’avant.

« Clairement, je pense que grâce à ces dispositifs on aura davantage d’incitations, davantage de moyens qui seront mis à la disposition des jeunes pour l’entrepreneuriat », espère Fabrice Zapfack, Partner / CTO chez Data354, un cabinet spécialisé en analyse de données, présent à Paris et en Côte d’Ivoire. Il estime que les mesures d’accompagnement ne sont pas suffisantes mais l’organisation de rencontres telles qu’Inspire & Connect Africa est « la preuve que les acteurs publics ont compris les enjeux et sont prêts à mettre en place des dispositifs pour venir en aide aux jeunes ».

Pour le président-directeur général d’Aitek, Redda Ben Geloune, le financement n’est pas le véritable problème des entrepreneurs. « Ce qui nous manque, c’est plus de la structuration. Beaucoup de jeunes en Afrique ont de bonnes idées mais ne savent pas structurer un business plan pour pouvoir parler le langage des investisseurs ». Lui aussi se félicite d’être présent à ce rendez-vous : « Il y a des choses qui sont extrêmement intéressantes en Afrique ; nous avons une dynamique qui est positive, en témoigne cet événement. »

Anselme Akéko, Abidjan

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