African CIO Awards 2026 : l’audace technologique au cœur des auditions de Marrakech

Une candidate auditionnée. © Anselme Akéko / CIO Mag

À Marrakech, 35 candidats ont défendu des projets propulsés par l’intelligence artificielle lors d’auditions passionnées. Une phase décisive vers la proclamation des trois lauréats, prévue ce mercredi 8 avril lors de la soirée de gala.

(CIO Mag) – L’effervescence était palpable dans les allées du GITEX Africa ce mardi 7 avril 2026. Dans le Hall 4, sur la Frontier Stage, le coup d’envoi de cette phase finale des African CIO Awards a été donné par Sara Blouz, Product Manager chez Procia. Avec une conviction captivante, elle a présenté sa plateforme d’agents IA souverains pour les entreprises régulées. Au terme de son pitch de trois minutes, elle a lancé un cri du cœur qui a résonné comme un manifeste : « L’Afrique n’a pas besoin de permission pour devenir compétitive. Elle a besoin d’agents et d’agents souverains qui lui appartiennent. »

Cette entrée en matière a donné le ton d’une après-midi placée sous le signe de l’audace et du génie humain. Sur les 56 candidats initialement inscrits, 35 finalistes venus de onze pays – du Maroc au Sénégal, en passant par la Côte d’Ivoire, la RDC ou le Bénin – se sont succédé sur le podium. Chaque participant disposait de trois minutes, pas une seconde de plus, pour convaincre un jury d’experts et un public captivé. Cet exercice périlleux exigeait une maîtrise absolue du sujet, mais surtout une capacité à transmettre l’âme de projets souvent issus d’années de labeur et de sacrifices.

Mohamadou Diallo, fondateur des African CIO Awards, a rappelé avec émotion le chemin parcouru depuis la création de ce prix. Pour lui, cette troisième édition marque un tournant historique pour l’écosystème numérique africain. « Après le succès des éditions précédentes, les African CIO Awards s’imposent aujourd’hui comme un rendez-vous de référence pour la reconnaissance de l’excellence technologique et stratégique en Afrique », a-t-il déclaré.

Il a souligné que le thème de cette année, “l’alignement stratégique à l’ère de l’IA”, n’est pas qu’un intitulé marketing, mais une nécessité vitale. Selon lui, l’ambition est limpide : « Valoriser les initiatives qui intègrent l’intelligence artificielle comme levier stratégique, et non comme simple outil technologique. »

Face aux candidats, le jury présidé par Elisabeth Moreno a fait preuve d’une bienveillance exigeante. Les questions ont fusé, précises et parfois redoutables : monétisation, modèles économiques, tests sur des données réelles. Mais au-delà des chiffres, c’est la vision humaine qui était scrutée.

Elisabeth Moreno a partagé une réflexion profonde sur la place de l’Afrique dans la course mondiale à l’innovation. « Nous avons pris un train qui s’arrête à toutes les gares. Avec le risque d’arriver plus tard, mais un avantage immense : nous voyons les erreurs, nous pouvons anticiper les dangers et construire une alternative moins risquée pour notre humanité », a-t-elle souligné.

Pour la présidente du jury, la technologie n’est jamais neutre, car elle reflète un système de valeurs. Elle a exhorté les finalistes à ne pas se contenter d’être de simples techniciens, mais à devenir des « architectes du futur » responsables de leur legs.

La diversité des projets présentés illustre la richesse de l’innovation africaine. Tous les secteurs vitaux étaient représentés, témoignant d’une volonté farouche de résoudre les problèmes locaux par des moyens endogènes. On a vu défiler des solutions de e-Justice propulsées par l’IA, des outils d’Agri Smart pour anticiper les cycles de reproduction animale, ou encore des systèmes de micro-apprentissage pour l’éducation.

Un candidat a présenté une solution d’IA vocale permettant de structurer les transactions financières des commerçantes dans leurs langues locales, brisant ainsi les barrières de l’analphabétisme et de l’exclusion financière. Qu’il s’agisse de lutter contre l’insécurité alimentaire en réduisant le gaspillage ou de digitaliser la collecte des taxes pour les collectivités territoriales, chaque projet portait une promesse de dignité et de progrès.

Les candidats ont déployé toute leur énergie pour capter l’attention du jury. Ce ne sont pas seulement des algorithmes qui ont été présentés ce mardi, mais des solutions concrètes pour la retraite, la santé, l’emploi et le climat.

Cette journée mémorable, soutenue par Enabel, prouve que le leadership africain dans le domaine de l’IA est une réalité. Comme l’a résumé Elisabeth Moreno, le sujet n’est pas l’intelligence des machines, mais la lucidité des leaders qui les mettent en œuvre.

Le rideau est ainsi tombé sur les auditions, laissant les candidats dans une attente pleine d’espoir. Les lauréats seront dévoilés lors du dîner de gala des African CIO Awards 2026, au Four Seasons Resort à Marrakech, ce mercredi 8 avril.

Réservez votre place pour le dîner de gala

Anselme AKEKO

Responsable éditorial Cio Mag
Correspondant en Côte d'Ivoire
Journaliste économie numérique
2e Prix du Meilleur Journaliste Fintech
Afrique francophone 2022
AMA Academy Awards.
En savoir plus

View All Posts

Pin It on Pinterest