ATDA 2017 : « Tous les espoirs sont placés dans la révolution numérique »

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@ CIO Mag. Mercredi 25 octobre 2017. Salle de conférence Pierre Mendès Paris-Bercy. Ouverture de la 6e édition des Assises de la Transformation Digitale en Afrique (ATDA).

Fusionnées avec les Journées Afrique Développement numérique et l’Alliance du Digital, la 6e édition des Assises de la Transformation Digitale en Afrique (ATDA) vient de s’achever à la salle de Conférence Pierre Mendès de Paris-Bercy. Plusieurs délégations africaines et des experts de renom y étaient réunis pour formuler le message des acteurs du numérique, qui sera porté aux dirigeants de l’Union européenne et de l’Union africaine lors du sommet UA-UE prévu du 29 au 30 novembre prochain à Abidjan.

(CIO Mag) – Ouverte mercredi 25 octobre 2017, la 6e édition des ATDA se situe de manière extrêmement judicieuse avant le Sommet UA-UE. Sommet dans lequel la voix de chaque acteur du numérique devra être entendue, surtout qu’il est le dernier avant la fin des conventions de Lomé (ou les accords de ACP), qui ont fondé des décennies durant les axes de la coopération financière entre l’Europe et l’Afrique. Dès lors, on perçoit bien l’importance des ATDA 2017 qui doivent déboucher sur des propositions concrètes qui trouveront un écho favorable auprès des dirigeants de l’UE et de l’UA. Lesquels ont décidé de placer le numérique au cœur des débats.

@ CIO Mag. quelque 500 invités participent de la 6e édition des Assises de la transformation digitale en Afrique qui s’achève ce vendredi 27 octobre 2017 par un dîner de gala au Pavillon Dauphine.

« Pour la première fois le numérique sera placé au centre des échanges pour mieux orienter les discussions, dans un contexte où tous les espoirs sont placés dans la révolution numérique qui s’opère sous nos yeux », a affirmé d’entrée Mohamadou Diallo, directeur général de CIO Mag lors de la cérémonie inaugurale. Partant du postulat suivant lequel « la croissance démographique galopante de l’Afrique n’assure pas et n’assurera pas l’employabilité de ses habitants, surtout des jeunes », il est urgent selon lui « d’encourager les jeunes à travers le développement de startups créatrices de richesses et d’emplois » dans un continent en proie à de multiples défis démographique, climatique et dans plusieurs domaines aussi variés que l’agriculture, l’éducation, la santé et les finances.

« L’enjeu est énorme et l’Afrique ne doit pas être en marge de cette révolution », a insisté M. Diallo, tout en soulignant que les efforts déployés dans ce sens ne doivent pas être tout azimut. « Chaque pays doit faire sa propre autocritique pour évaluer ses forces et ses faiblesses et se fixer des priorités », a-t-il déclaré.

@ CIO Mag

Autant le dire, les ATDA 2017 représentent une opportunité unique pour décider du sort du numérique en Afrique. En orientant la relation Europe-Afrique vers des objectifs de développement à forte inclinaison IT. C’est tout le sens de ce rendez-vous qui s’est poursuivi par la déclaration de Bruno Mettling, PDG de la zone Middle-East et Afrique d’Orange. Au nom du Medef (Mouvement des entreprises de France), il a insisté sur le renouvellement du cadre des relations de développement économique entre la France et l’Afrique.

Les entreprises françaises ayant perdu en 15 ans la moitié de leurs parts de marché sur le continent africain, il importe selon Bruno Mettling de revisiter le cadre institutionnel de cette coopération. « Le Medef a la conviction que le cadre des ACP n’est plus adapté. Nous pensons que la voix de la France par la force de nos liens doit s’exprimer de plus en plus dans un rôle de leader dans une relation de continent à continent que moins dans une relation de pays à continent », a-t-il affirmé.

Bruno Mettling a aussi déclaré que « la diffusion rapide des technologies du numérique aux secteurs économiques traditionnels est sans aucun doute l’une des clés de la réussite de la croissance inclusive ». Dans un autre message, le représentant du Medef a mis en évidence la nécessité d’avoir un cadre régulatoire, fiscal, transparent, clair et stable. « En Afrique coexistent deux modèles : certains Etats ont un cadre institutionnel, réglementaire et fiscal qui vise à favoriser les conditions d’investissement, de développement du numérique. Ça suppose des outils de régulation ou des outils fiscaux qui soient au service du développement économique ; qui sanctionnent quand on doit sanctionner, mais qui ne fassent pas de la sanction en tant que telle l’alpha et l’oméga de leur politique et de leur responsabilité », a martelé Bruno Mettling.

@ CIO Mag. Plusieurs experts de renom participent aux échanges pour formuler le message des acteurs du numérique aux dirigeants de l’Union européenne et de l’Union africaine.

Pour réussir le défi de la transformation digitale, « il faut également relever le défi du capital humain, en développant en terres africaines les centaines de milliers de compétences numériques – codeurs, data scientistes – dont l’Afrique a besoin », pour faire émerger des acteurs nouveaux du numérique mais surtout pour réussir la numérisation des secteurs traditionnels de l’économie.

Soucis d’interpellation pour les acteurs de la chaîne du numérique, les convictions du Medef le sont aussi pour les dirigeants africains réunis au sein de l’Alliance Smart Africa. Directeur général de cette institution, Dr Hamadoun Touré a souligné que l’Afrique présente un marché de plus de 300 milliards de dollars dans 4 domaines : les infrastructures, le contenu, les applications et le capital humain.

A l’instar de la Chine dans les années 80 et de l’Inde dans les années 2000, la puissance de ce marché, selon Dr Hamadoun Touré, réside dans sa démographie qui a atteint le milliard d’habitants : « Vous vous rendez-compte du déficit et de tout l’impact que chaque technologie peut avoir sur ce milliard d’habitants connectés ? Imaginez un milliard de smartphones ou de tablettes qui coûtent 500 dollars ou 500 euros en moyenne, ça fait 500 milliards de déficit. »

Ce déficit, l’ex secrétaire général de l’UIT le présente plutôt comme des opportunités d’affaires pour le secteur privé qu’il invite d’ailleurs à travailler avec Smart Africa dans un partenariat « gagnant-gagnant ». « Voilà un environnement où nous avons des profits de chaque côté. Nous nous devons de créer des opportunités pour les jeunes dans un marché numérique commun. Il est temps que nous pensions au développement des richesses », a lancé Dr Hamadoun Touré.

Des propos calibrés sur mesure pour les panélistes et les quelque 500 participants de la 6e édition des Assises de la transformation digitale en Afrique qui s’est achevée vendredi 27 octobre 2017 par un dîner de gala au Pavillon Dauphine.

Anselme AKEKO, avec l’équipe de CIO Mag à Paris

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