Au Cameroun, l’Institut africain d’informatique vole au secours des jeunes débrouillards qui ont décidé de se prendre en main

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Un dépanneur de téléphone portable au Cameroun.

(CIO Mag) – Son promoteur Armand Claude Abanda, représentant-résident de l’Institut africain d’informatique (IAI-Cameroun), nous l’avait annoncé à l’un de nos entretiens après l’IT Forum 4 de Yaoundé : « Nous envisageons ouvrir à l’IAI une session de maintenance en appareils électroniques pour répondre au sous-emploi des jeunes. Parce que aujourd’hui, le numérique offre de multiples opportunités. »

Armand Claude Abanda, représentant-résident de l’Institut africain d’informatique (IAI-Cameroun).

De la parole aux actes, Armand Claude Abanda a finalement lancé au Cameroun l’initiative qui lui tenait à cœur, à savoir former des jeunes maintenanciers en électronique qui vont ouvrir plus tard dans les villes camerounaises des cabines ou des points focaux de dépannage d’appareils électroniques. On se souvient qu’à l’époque, on retrouvait des horlogers et des réparateurs de transistors à tous les carrefours et même sur certaines vérandas des maisons en bordure de route ou dans nos quartiers. Ce métier semble-t-il disparait peu à peu du fait de l’évolution de nouveaux usages. Aujourd’hui, avec son téléphone Smartphones ou non, on peut regarder l’heure, écouter la radio et regarder la télévision.

Le 16 mars dernier, le représentant-résident de l’IAI, lors de la remise des parchemins à 90 femmes formées à l’usage des TIC, à Okola (une banlieue de Yaoundé) relève « qu’il faut s’adapter pour sauver ces métiers, qui ont fait disparaître beaucoup d’emplois, en formant des maintenanciers qui prendront le relais, grâce aux cabines de dépannage d’appareils électroniques ». Une formation de quelques mois, très peu de moyens pour lancer ou ouvrir un atelier de maintenance, un local et une trousse de maintenance qui coûte à partir de 40 000 Fcfa pour démarrer l’activité, et le tour est joué. Actuellement, le projet a déjà formé une centaine de jeunes.

La contribution des collectivités territoriales décentralisées est sollicitée de l’avis du représentant-résident de l’IAI Cameroun. En effet, dans la perspective de l’extension du projet sur l’ensemble du territoire national, la représentation camerounaise de l’IAI compte se rapprocher des collectivités territoriales décentralisées. Le but étant qu’elles s’approprient, chacune dans sa circonscription, ce projet qui va contribuer à résorber le chômage dans ces localités et à lutter contre l’exode rural. Dans ce sens, elles auront la responsabilité de sensibiliser les jeunes en déperdition scolaire, les jeunes débrouillards, les sans-emploi pour qu’ils suivent cette formation qui pourra être délocalisée et leur être bénéfique.

Selon Armand Claude Abanda, « les mairies pourront créer des box en bordure de rue ou à tous les carrefours semblables à ceux de MTN ou Orange avec une banderole publicitaire pour leur permettre de s’installer et de mener leur activité ». Le ministre de la Jeunesse et de l’Education civique (MINJEC) et l’Agence des petites et moyennes entreprises (APME) y prennent une part active, alors que le projet vient de lancer la formation de sa troisième cuvée, comme l’explique Armand Claude Abanda.

Si l’univers du numérique peut s’avérer pernicieux, le représentant-résident songe néanmoins aux dérives qui pourraient survenir. Il explique : « Le contenu de leur formation intègre des modules tels que la cybercriminalité et l’éducation à la citoyenneté, qui justement les mettent en garde sur les risques encourus en cas de comportements déviants. » La mise en place de ce projet s’inscrit selon Armand Claude Abanda « dans le cadre de la lutte contre la délinquance et le chômage des jeunes en répondant aux besoins de qualification exprimés par les acteurs économiques locaux.

Lorsque vous vous rendez, par exemple, à l’avenue Kennedy à Yaoundé, vous trouvez bon nombre de jeunes qui pour la plupart n’ont aucune formation dans le dépannage ou la maintenance, et qui se sont formés sur le tas. Ce sont ces jeunes qui, très souvent en bidouillant nos appareils dans une insécurité totale, arrivent quelque fois par une alchimie incroyable à les dépanner. Ces jeunes qui majoritairement opèrent dans l’informel sont en quête de reconnaissance. Le projet que nous proposons participe activement à la lutte contre le chômage, en prenant des jeunes débrouillards avec un avenir incertain pour en faire des chefs d’entreprise ».

Jean-Claude NOUBISSIE – Cameroun

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