Cameroun : la presse en ligne préoccupée par le moyen efficace de rentabiliser son investissement

  • 25 février 2017
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(CIO Mag) – Les journalistes et communicateurs camerounais ont sacrifié la St. Valentin le 14 février dernier pour se retrouver en débat et explorer ensemble les opportunités et les défis liés à la mutation des entreprises de presse vers le numérique. Armand Claude Abanda, représentant du directeur de l’IAI au Cameroun a introduit son propos en ces termes : « Le numérique est une chance pour les entreprises de presse, elles ne doivent pas avoir peur de sauter le pas », au cours du débat ce jour des « amoureux » qui a réunit les journalistes, membres de l’UPF, en collaboration avec la fondation Inter-Progress. Le sujet est d’actualité et les journalistes camerounais de la presse publique et privée, en sont bien conscients. Pendant plus d’une heure d’échanges d’idées, les journalistes transformés pour la circonstance, en panélistes ont évoqué un certain nombre de difficultés, et de freins qui justifient selon eux, leur faible migration vers le numérique. Le manque de formation, l’absence de département numérique dans les organes de presse, le manque de personnel qualifié dans ce domaine etc., sont autant de barrières à la connectivité des journalistes et autres communicateurs au numérique.

Le clou du problème qui a fait l’unanimité au cours de ce débat, a été la rentabilisation des contenus de presse publié sur un site internet. Evoluant dans ce contexte de précarité, la presse camerounaise est surtout préoccupée par le moyen efficace de rentrer dans ses fonds après un investissement : « Nous sommes présents sur internet à travers notre site. Nous avons plus d’une centaine d’abonnés en ligne qui achète le journal en version électronique (PDF). Mais ce que nous constatons est que certains de nos articles sont repris par des milliers de sites qui, eux se font de l’argent. Alors que nous, demeurons pauvres ! Nos PDF sont quant à eux partagés dans le monde à travers des fora. Nous sommes très lus, mais nous ne bénéficieront pas d’un retour sur investissement. Comment faire ? ». S’est interrogé Haman Mana, le directeur de la publication du quotidien le «Jour» paraissant à Yaoundé. A cette interrogation, Mole Hamma Fidel, promoteur de la start-up qui promeut l’application e-kiosque propose : « Nous pouvons numériser la version PDF du journal en question afin d’en faire un usage personnel. L’abonné qui le reçoit ne pourra plus le partager. Nous pouvons faire de même avec le contenu d’un média en ligne ». A sa suite, madame la directrice des programmes à la Cameroon Télévision Adèle Mballa parlant au nom de son directeur général Charles Ndongo, explique que la CRTV veut domestiquer et attirer des millions de followers sur les réseaux sociaux et créer du trafic sur leurs différents sites internet déjà existants ». Pour y parvenir, une cuvée de journalistes est en formation en data journalisme. L’UPF pour sa part entend impulser davantage l’utilisation d’internet par tous les organes de presse camerounais afin d’éviter des grincements de dents à tous les coups.

Le moins que l’on puisse dire est que l’économie numérique constituerait si l’on en croit les responsables des médias présents ce 14 février 2017 aux échanges, est une véritable aubaine si l’on veut promouvoir la presse écrite au Cameroun. Et les bénéfices sont, nombreux : elle est un concentré de notions différentes qui, mises ensemble, influencent presque tous les secteurs d’activités, celle de la presse y compris. Cette transversalité agit non seulement sur les comportements, mais davantage modifie les modes de vie (achats, ventes, consommations, échanges, contacts etc.).la conséquence immédiate est la productivité, la fluidité dans les transactions, la saine concurrence, l’innovation constante, entres autres. De toutes les façons, les panélistes sont tombés d’accord, l’économie numérique est aujourd’hui au cœur de la croissance et de la compétitivité des notions et des entreprises à l’échelle planétaire. Elle est devenue le secteur le plus dynamique de l’économie mondiale avec un taux de croissance double de celui de l’économie classique, dans la plupart des pays dits développés.

Jean-Claude NOUBISSIE, Cameroun

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