Cameroun : présidentielle 2018, partisans et adversaires s’affrontent sur les réseaux sociaux

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(CIO MAG) – A quelques mois de l’élection présidentielle camerounaise, la surenchère du discours politique qui a désormais droit de cité, tend à s’exacerber. Et ce, pour le grand plaisir des internautes qui surfent à en veux-tu en voilà sur tous les tons tant sur les réseaux sociaux que dans les forums qui animent toutes sortes de modules . En effet, les débats et émissions organisés dans la perspective de ce scrutin sur les plateaux de radio et de télévision, ont de plus en plus tendance à migrer vers les espaces virtuels numériques.

A toutes ces analyses, commentaires et prospectives, il faut ajouter les différentes sorties des aspirants à l’élection présidentielle de 2018, qui sont scrutées comme du lait sur du feu, et commentées par des followers tendres par ci, irrévérencieux par là, mais dans tous les cas, incisifs. A longueur de journée, des internautes aux positions antagonistes croisent le verbe avec des mots dans l’arène virtuelle ; arguments et contre arguments à l’appui.

Il faut en tout cas relever que la toute récente convention du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (Mrc) ainsi que la dernière sortie du Prof Maurice Kamto (ancien ministre délégué de la justice – photo ci-contre), dans une émission diffusée sur une chaîne de télévision privée, enflamme l’opinion. Ces deux derniers événements ont ouvert le champs à d’homériques affrontements entre partisans et adversaires de ce candidat désormais déclaré à la fonction présidentielle camerounaise.

« Dans les pays mieux structurés, les primaires s’organisent au sein d’un parti… maintenant, nous devons mutualiser les forces autour d’une personnalité pour marquer le but », pense un internaute partisan du Mrc, au sujet du choix du candidat devant représenter l’opposition camerounaise à cette présidentielle. « Même si c’est ça, en quoi est-ce que ça intéresse le peuple ? Ça fait partie de leur programme ? » Lui rétorque un autre, visiblement pas d’accord. Les analyses du Prof Mathias Eric Owona Nguini sur sa page Facebook rendent également les échangent encore plus vifs.

Dans la même veine, le passage du plus jeune candidat parmi les prétendants déjà déclarés à ce scrutin, Cabral Libii (photo ci-contre) âgé d’à peine 40 ans, sur un plateau de télévision, n’est pas en reste. « Pendant que certains partis politiques se battent sur le terrain pour convaincre les électeurs de s’inscrire sur les listes électorales et de se rendre massivement aux urnes le jour du scrutin, toi Cabral, tu passes tout ton temps à faire la une de Facebook ».

Ce commentaire d’un internaute n’a évidemment pas laissé indifférents les partisans du candidat du parti Univers à cette présidentielle, et promoteur de l’opération « Onze millions de citoyens ». En réponse, un autre internaute va demander à l’auteur « s’il vit sur terre ».

Sur Facebook, un internaute, en réaction à la sortie du candidat Josua Oshi du Sdf (premier parti de l’opposition camerounaise) qui a déclaré tout récemment à Mbouda : « Je vais relever le Smig à 160 000F au Cameroun », a répondu du tac au tac : « Ce monsieur vit-il au Cameroun ? Sait-il qu’il faut plutôt créer des entreprises pour résorber le chômage ? »

Au sujet d’un éventuel candidat unique de l’opposition à cette présidentielle 2018, un partisan de ce parti (le Sdf) dit : « Avez-vous vu un jour la voiture transporter l’avion ? », comme pour dire, parce que premier parti de l’opposition, ce sont les autres partis qui doivent plutôt chercher à se joindre au Sdf. Réaction à chaud des anti Sdf : «A toutes les élections présidentielles, ce Sdf n’a jamais dépassé 10% des suffrages valablement exprimés en sa faveur. »

Très attentifs sur ce qui se dit et se persifle sur les réseaux sociaux, les concernés se prononcent : Cabral Libii, estime que ces échanges contradictoires entre partisans de plusieurs bords politiques, « participent du jeu normal en démocratie. Mais, regrette-t-il, les arguments mis en avant ne sont pas idéologiques, mais plutôt des animosités et autres bassesses ».

Argument peu ou prou conforté par le Dr Alain Fogué Tedom du Mrc selon lequel, il faut laisser libre cours à la liberté démocratique. « Ils sont tout à fait fondés de commenter et de dire ce qu’ils pensent. On ne peut pas se mettre au balcon et se voir passer dans la rue », avance-t-il.

En tout cas, jusqu’à la convocation du corps électoral, les candidats et leurs adversaires animent la toile avec véhémence, et tant mieux pour les internautes qui n’en finissent pas de se régaler.

Jean-Claude Noubissié, Cameroun

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