Cameroun : divulgation de documents confidentiels sur les réseaux sociaux, la mise en garde de Philémon Yang

  • 3 avril 2018
  • 0
  • 263 Vues

(CIO Mag) – Le dernier conseil de cabinet présidé par le Premier ministre Philémon Yang le 29 mars passé n’a pas manqué d’interpeller la ministre des Postes et Télécommunications, Minette Libom Li Likeng, sur la gestion des documents confidentiels de l’État. En effet, le gouvernement camerounais dans son ensemble a constaté la divulgation de documents confidentiels sur internet, notamment sur les réseaux sociaux, moyen de communication le plus utilisé actuellement par les internautes Camerounais.

Dans son adresse aux ministres, directeurs généraux des établissements et entreprises publics, le Premier ministre a révélé qu’il lui été donné de “constater qu’au mépris des lois et règlements en vigueur, les documents et informations confidentiels des institutions de l’État et des organismes du secteur public, sont régulièrement divulgués auprès d’un public non autorisé. Ce phénomène prend de l’ampleur à la faveur de la vulgarisation d’internet et l’apparition des nouveaux outils de communication électronique qui accentuent la propagation des informations ».

Interpellée, Mme la ministre a relevé la complexité du cyberespace et des menaces qui s’y rattachent, en raison de son caractère intangible et fortement technique. Ensuite, elle s’est appesantie sur les lignes directrices de la stratégie de lutte contre la criminalité et la délinquance cybernétique. Laquelle stratégie vise la prévention, le suivi et la surveillance des dérives criminelles observées dans l’utilisation des plateformes numériques, à travers trois principaux piliers :
1- la mise en place d’une plateforme d’identification des abonnés et de monitoring des communications électroniques ;
2- le déploiement d’un système de monitoring des conversations sur les réseaux sociaux, à travers internet et ses dérivés ;
3- la promotion de l’utilisation responsable à travers la mise en œuvre d’un plan de campagne citoyenne visant à refréner les nombreuses dérives observées en ligne.

La ministre des Postes et Télécommunications a conclu son intervention en précisant que la stratégie nationale de cybersécurité en cours d’élaboration favorisera l’émergence d’un cyberespace sûr au Cameroun, susceptible de garantir le développement économique grâce aux TIC. Cette stratégie intègre des dispositifs techniques et organisationnels, en mettant l’accent sur le renforcement des capacités institutionnels et l’adoption d’une cyber législation efficace.

Au cours des dernières semaines, des documents de type confidentiels ont été divulgués sur les réseaux sociaux. La palme d’or revenait aux interdictions de sortie du territoire infligées à certaines gestionnaires publics, dans le cadre de la relance de l’opération Épervier. De telles indélicatesses ont également permis au public de consulter des notes de services et des correspondances frappées du sceau « Confidentiels » ou encore « Top secret ». Pour Philémon Yang, « au-delà du fait que ces pratiques répréhensibles sont de nature à compromettre l’efficacité de l’action public, elles constituent également des atteintes graves à la sûreté de l’Etat, de plus en plus en proie à des menaces sécuritaires, multiformes ».

Une situation suffisamment grave pour hausser le ton et mettre en garde les contrevenants. Le Premier ministre invite tout d’abord les destinataires de sa circulaire à être plus vigilants. Ces derniers doivent par ailleurs s’assurer du respect de l’obligation de discrétion professionnelle incombant aux agents de l’Etat placés sous leur responsabilité. Dans le cas où la sensibilisation serait un échec, Philémon Yang instruit de « traduire systématiquement devant les instances disciplinaires compétentes les publics coupables de violation de l’obligation de discrétion professionnelle ; de n’affecter à la chaîne de gestion de courrier de leur service que des personnes justifiant d’une probité indiscutable… ».

Jean-Claude NOUBISSIE, Cameroun

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *