Chez Google, la naissance d’un syndicat pour redistribuer les rôles ?

Des employés de Google ont surpris lundi la Silicon Valley avec une innovation peu familière au monde des géants du web. Ils ont lancé le tout premier syndicat de la Silicon Valley.

(Cio Mag) – Le projet a été tenu avec la plus grande discrétion. Lundi 4 janvier 2021 marquera la Silicon Valley comme la date où a été lancé le premier syndicat d’employés d’un géant du groupe. Cette action des employés de Google a résonné comme la fin de la lune de miel entre patrons et employés dans la cité de l’innovation. D’autant puisque ce syndicat arrive au moment où plusieurs sujets de discordent secouent les relations entre Google et ses employés.

La fin d’année 2020 a été marquée par la dernière tension due au licenciement de la chercheure noire Timnit Gebru en éthique dans le développement de l’intelligence artificielle. De plus en plus, les employés de Google se disent inquiets pour leur avenir professionnel. Raison pour laquelle ils s’organisent désormais pour défendre leur droit, veiller à l’éthique et à leur condition de travail. Ils espèrent étendre l’initiative à tout le groupe Alphabet composé de Google, Youtube, Waymo, Verily, Fitbit et Wing).

La création de ce syndicat, même s’il ne résoudra pas tous les problèmes au sein du groupe, reste une alerte. Les employés du géant américain ne se reconnaissent plus à part entière dans la philosophie de leur groupe. Le titre de la tribune publiée dans The New York Times par les deux leaders du syndicat en dit long. « Nous avons construit Google. Ce n’est pas la société pour laquelle nous voulons travailler », ont titré Parul Koul et Chewy Shaw. « Nous en avions assez », ont écrit les deux co-fondateurs du syndicat.

La critique formulée contre le groupe est sans équivoque. « Alphabet continue de sévir contre ceux qui osent s’exprimer sur des sujets sensibles et publiquement importants, comme l’antitrust et le pouvoir de monopole », lit-on dans la tribune publiée par The NYP.

En se constituant en syndicat, les employés de Google veulent obliger le groupe à revenir à ses premières intentions déclarées : « ne soyez pas méchant » ! Pour les tous nouveaux syndicalistes, Alphabet doit placer l’intérêt public au devant de la recherche du gain. Une manière de donner un visage plus humain à l’innovation. Ils sont quelques 226 toute catégorie professionnelle confondue à porter le mouvement qui pourrait redistribuer les cartes des rapports sociaux dans la Silicon Valley.

Souleyman Tobias

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