Digital Africa Summit : l’Afrique se met sur son 31 digital

Issac Gnamba Yao, président de l’Union postale universelle (UPU), a indiqué qu’en Afrique, l’heure est à l’implémentation et à la mise en œuvre des politiques liées à la digitalisation, au profit des populations locales ».

(Cio Mag) – «En Afrique, l’heure est à l’implémentation et à la mise en œuvre des politiques liées à la digitalisation, au profit des populations locales », a indiqué à Cio Mag, Issac Gnamba Yao, président de l’Union postale universelle (UPU), lors du Digital Africa Summit (DAS), organisé par le Groupement algérien des acteurs du numérique (GAAN), du 31 mai au 2 juin, au Centre international des conférences Abdelatif-Rahal (CIC) d’Alger.

Il a également ajouté qu’« après avoir eu de belles opportunités, vu ce qui s’est passé ailleurs, et fait le bon diagnostic des problèmes réels, l’Afrique est appelée actuellement à davantage d’actions à portée pratique en impliquant les groupements activant dans le numérique ».

Abondant dans le même sens, Sophie Aubert, directrice de l’Agence française de développement (AFD), a lors du panel “l’Afrique sera digitalisée’”, animé par Kamel Souig, indiqué que « le G7 a justement rappelé aux gouvernements l’importance d’associer les groupements agissant dans le digital pour le développement de celui-ci ». 

La directrice de l’AFD a révélé aussi que « 87% des start-ups ne bénéficient pas de l’aide requise pour leurs épanouissements ».

Enfin, elle a souligné que l’AFD a financé à hauteur de 400 millions d’euros le programme de l’identité numérique de 148 millions de personnes au Nigeria, ainsi qu’un projet de télémédecine et un autre lié au système d’information (SI) en Tunisie. Concernant l’Algérie, Sophie Aubert a préféré ne pas dévoiler un programme lié à l’inclusion financière, avant qu’il soit validé par les instances compétentes. L’intervenante a, toutefois, mis en garde contre les inconvénients de la digitalisation, celle qui « contribue à la fracture géographique et sociale ».

Troisième intervenant du panel “l’Afrique sera digitalisée”, Oualid Abdelbari, responsable de l’Exploration Accelerator Lab du Programme des Nations-Unies pour le développement (Pnud) en Algérie, a, quant à lui, mis en relief l’apport du Pnud, digitalement parlant, au profit des populations africaines, citant le cas de la Namibie où des travailleurs exerçant dans la sphère informelle ayant bénéficié d’intégration dans le marché formel.

Multi-inclusions

Impératif de l’inclusion sociale, numérique et financière, de l’édification des infrastructures indispensables au développement du digital, de l’apport du secteur postal en tant que logistique et acteur, sont autant de facteurs mis en relief lors du DAS pour espérer que l’Afrique soit au diapason escompté en matière digitale.

Vision du Gaan

Tadjeddine Bachir, président du Gaan, a indiqué que « Digital Africa Summit (DAS), sera le cadre idoine d’une synergie entre les entreprises algériennes et leurs homologues de l’Afrique activant dans le numérique », citant, en ce sens, les perspectives déclarées entre l’Algérie, le Mali et le Burkina Faso, notamment. 

Le DAS, selon Bachir, débouchera sur une meilleure structuration des entreprises algériennes du numérique exportant individuellement leurs services vers l’étranger.

Il a également proposé le renforcement du transport aérien par l’ouverture de nouvelles lignes directes entre Algérie et beaucoup de pays d’Afrique, ce qui devra faciliter le déplacement des investisseurs africains qui effectuaient auparavant une escale par Istanbul (Turquie) avant d’atterrir sur le sol algérien.

« Notre objectif est de faire de l’Algérie le ‘’hub du digital’’ et ‘’la Mecque du numérique’’ », a-t-il conclu.

Douze ambassadeurs 

Lors de l’inauguration, le DAS a cependant été rehaussé par la présence de douze ambassadeurs (Côte d’Ivoire, Mali, Afrique du Sud, Nigeria, Sénégal, Madagascar, Ghana, Burkina Faso, Guinée, Soudan, Mozambique, Bénin) et aussi par le Professeur Mohamed Belhocine, Commissaire à l’éducation, les sciences, technologies et l’innovation au sein de l’Union Africaine, et Antoine Ngom, président de l’association des opérateurs TIC du Sénégal (OPTIC).

Village des start-ups

Le village des start-ups, l’un des événements-phares du DAS, est sponsorisé par Icosnet, un acteur incontournable du secteur des technologies de l’information et de la communication (Tic). Une vingtaine de start-ups y sont présentes. Fintech, Data, Technologie urbaine, robotique, Intelligence artificielle (IA), dématérialisation, sont entre autres les thèmes développés par des jeunes talents algériens.

Ali Morsli, directeur général d’Icosnet, a, en ce sens, déclaré que « notre accompagnement des start-ups sera évolutif. Initialement dans les domaines du technique, du marketing et du management, il est appelé à évoluer si jamais nous détecterons des propositions intéressantes de la part de ces start-up ».

Il a, enfin, révélé qu’ « Icosnet, a déjà eu à incuber au niveau de son incubateur à l’Université des sciences et de la technologie Houari-Boumédiène de Bab Ezzouar (Usthb), Alger ».

Algeria 2.0 : la référence

Digital Africa Summit, faut-il le rappel, avec 100 exposants, a bâti sa réputation sur l’empreinte des 9 éditions consécutives de l’Algeria 2.0, l’événement incontournable du secteur des TIC qui se réinvente avec de nouvelles ambitions. D’ailleurs, lors de sa première journée, un afflux important de visiteurs a été relevé, contrastant avec l’inaccessibilité et la contrainte géographique du CIC d’Alger. 

Par Zoheir Zaid, une correspondance particulière à Alger

*Le Chapeau est de la Rédaction