Kedi Beh Emmanuel : « Il faut un minimum de protection pour les startups »

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Espace de partage pour les startups de JOKKOLAPS.

Propos recueillis par Jean-Claude NOUBISSIE

Le spécialiste de la propriété intellectuelle et responsable du cabinet Impact, veut amener les jeunes entrepreneurs à s’intéresser cette question.

En quoi est-ce que la propriété intellectuelle est à prendre au sérieux pour des jeunes entrepreneurs ?

Kedi Beh Emmanuel, responsable du Cabinet Impact.
Kedi Beh Emmanuel, responsable du Cabinet Impact.

Nous avons constaté que la propriété intellectuelle est vraiment méconnue. Les startups ne prennent pas cela en considération, certaines n’en savent rien. On pense généralement que c’est une histoire d’argent et que c’est réservé seulement aux grandes sociétés, mais il est important que l’on commence à avoir au minimum certains reflexes. En fait la démarche n’est pas celle d’une couverture grandiose ou complète comme ça se fait au niveau des multinationales mais un minimum de protection qui permet à ce qu’on puisse avancer graduellement en toute quiétude. Une chose est d’avoir un concept, une création, une startup, mais du jour au lendemain si on vous coupe les herbes sous les pieds, vous aurez tout perdu, pourtant vous avez fourni beaucoup d’efforts pour la mettre en place.

Pensez-vous que les startups pourront se concentrer sur cette question, étant donné qu’elles ont pour principal souci le financement ?

Il s’agit d’avoir un sous-bassement. On ne te demande pas d’aller déposer une marque parce que ça coûte 400 000 Fcfa, par contre on peut protéger son logo comme une œuvre artistique. Là ça ne coûte rien. Imaginez que parce que vous n’avez pas pris en considération le fait que vous devez protéger votre entreprise, on se retrouve dans une situation où quelqu’un utilise une entreprise qui est identique ou similaire parce qu’on est connu. On sera obligé de refaire le travail, donc il s’agit d’anticiper.

Quelle est la démarche à suivre pour engager la protection intellectuelle ?

Pour un début, on doit prendre en considération les problèmes liés au nom de l’entreprise, le nom commercial. Ensuite le droit d’auteur et tout ce qui est lié à la création dans l’entreprise. Il y a aussi les problèmes liés à la sécurisation du système d’information de l’entreprise, tout ce qui est savoir-faire, création et autres. Comment est-ce qu’on s’entoure d’un minimum de sécurité par le biais des conventions, les contrats de confidentialités et autres. Ce sont des petits contrats et un dispositif d’accès à l’information, parce que si vous avez une entreprise où tout le monde peut avoir accès à n’importe quelle information, vous mettez votre entreprise dans des difficultés dans le futur. La protection se fait soit à l’OAPI, soit dans une société de gestion collective.

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