La Fintech africaine : les bonnes promesses, et après ?

0
884
A gauche, le Sénégalais Omar Cissé, fondateur et CEO de In Touch SA.

La finance numérique africaine incarne davantage les progrès technologiques du continent.  La fintech aiguise les appétits mais il n’est pas toujours aisé d’en assimiler les enjeux. Inspir’talks a réuni certains acteurs de ce secteur afin de mieux les sensibiliser sur ce sujet. Rudy Casbi

(CIO Mag) – La fintech en Afrique attire les convoitises. Conscient de cet attrait lié au secteur des fintechs, Inspir’talks a rassemblé les acteurs de la finance numérique au siège du MEDEF à l’occasion d’une conférence qui y était dédiée. Une centaine de personnes était rassemblée pour l’événement. «L’innovation en Afrique dans le secteur bancaire contribue à sa croissance. L’objectif était aussi de mettre en avant les acteurs de l’écosystème pour stimuler l’investissement », a réagi Valérie Kodjo en charge de l’innovation au sein du département Afrique de la Société Générale. Sur les 270 offres de mobile banking commercialisées dans le monde, 50% concernent le marché africain avec 84 millions de comptes actifs en Afrique, selon l’association mondiale des opérateurs de téléphonie mobile.

Les fintechs africaines inspirent

Si les données semblent alléchantes, il n’empêche que la création d’une telle offre de service peut rebuter encore certains entrepreneurs en raison des complexités administratives. «Les gens ignorent les processus et ont besoin d’être accompagnés et informés », nous explique les organisateurs. Ces derniers ont tenu également à ne pas rester avec une vision uniquement francophone. «Nous avons invité Viola Llelewyn, fondatrice d’Ovamba car l’expérience des anglophones doit aussi servir à alimenter la réflexion et ouvrir le champ de vision des entrepreneurs francophones », nous explique les organisateurs d’Inspir’talks. «Souvent les anglophones peinent aussi à s’imposer dans les pays francophones. Venir à ce type d’événement, c’est aussi un moyen pour notre société de mieux cerner leurs problématiques et ses enjeux qui peuvent différer de nations anglophones car nous n’avons pas évolué dans les mêmes sphères culturelles », explique Viola Llelewyn.

Proparco fait le pari des fintechs africaines

Cet événement s’inscrit dans la droite ligne d’un regain d’intérêt de la part de Paris pour les fintechs africaines. Un intérêt qui a notamment poussé Proparco, filiale de l’AFD, à entrer au capital de la startup JUMO en avril dernier. Celle-ci propose des prêts financiers sous forme de microcrédits. Elle a ainsi accordé 12 millions d’euros de prêts sur l’ensemble de son activité l’an dernier. Ces perspectives de croissance ont ainsi séduit l’AFD qui a décidé d’injecter 3 millions d’euros dans le capital de l’entreprise. Il s’agit du premier investissement de proparco dans une fintech concrétisant ainsi la volonté d’Emmanuel Macron, le président français, de financer davantage les startups africaines avec une enveloppe de 65 millions d’euros afin de contribuer encore davantage à l’essor économique du continent.

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here