Numérique, l’émergence d’un leadership féminin

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Le continent compte plusieurs femmes ministres du numérique. Elles sont un exemple de la place qu’occupent les femmes dans le monde digital en Afrique, même si tout n’est pas totalement gagné. A l’occasion de la journée internationale de la femme, Cio Mag les a recensées, et donné la parole à la ministre camerounaise.

(CIO Mag) – « Au Cameroun comme en Afrique, les femmes participent indéniablement au développement du secteur », a déclaré Minette Libom Li Likeng, ministre des postes et des télécommunications au Cameroun. Depuis 2015, cette sexagénaire, occupe ce poste dans son pays. Elle est titulaire d’une licence en sciences économiques, option analyse et politiques économiques et d’un diplôme d’inspecteur des régies financières.

Minette Libom Li Likeng

Son éthique professionnelle, ses aptitudes et son efficacité dans ses activités de gestion administrative au Cameroun ont été reconnues sur le plan international. Active sur Twitter, elle s’ouvre aux populations sur les questions du numérique, accompagne de nombreux projets qui sollicitent son soutien et surtout initie et promeut des projets qui visent à améliorer l’écosystème qu’elle administre.

 

Ndèye Tické Ndiaye Diop

Au Sénégal, Ndèye Tické Ndiaye Diop, une ingénieure en technologies halieutiques exerce la fonction de ministre de l’économie numérique et des télécommunications.

 

 

Paula Ingabire

Au Rwanda, Paula Ingabire, ingénieur en informatique et technologies de l’information, âgée de 37 ans est ministre de l’Information et des communications, de la technologie et de l’Innovation. Elle a été Chef du département du développement commercial des TIC du Rwanda Development Board. Elle a également coordonné la Kigali Innocaiton City Initiative. Mais aussi la Smart Africa, l’initiative qui veut tirer parti des infrastructures à large bande pour stimuler la croissance socio-économique de l’Afrique. Elle est également active au sein d’associations de son domaine d’exercice.

Kamissa Camara

Au Mali, la ministre Kamissa Camara également âgée de 37 ans, assure la gouvernance de l’économie numérique et de la prospective.

 

 

Cina Lawson

Au Togo, le numérique est sous la tutelle de la quadragénaire Cina Lawson. Elle est diplômée en économie appliquée. Elle a reçu de multiples reconnaissances nationales et internationales pour ses compétences et ses actions pour le développement numérique. Elle a lancé et mené à bien de multiples projets digitaux innovants dans son pays.

 

Aurélie Adam Soulé Zoumarou

Au Benin, Aurélie Adam Soulé Zoumarou dirige l’économie numérique et la communication depuis 2017. Agée de 36 ans, elle est titulaire d’un diplôme d’ingénieure généraliste en technologies de l’information et de la communication et d’un certificat en gestion des politiques publiques et en leadership. La ministre béninoise est également présidente du réseau francophone numérique créé il y a deux ans en Arménie. Elle est aussi membre de l’équipe spéciale sur le financement numérique dans le cadre de la réalisation des Objectifs de développement durable.

Hadja Ouattara Sanon

Au Burkina Faso, c’est Hadja Ouattara Sanon qui est la patronne du développement numérique et des postes depuis 2017. Cette administratrice burnabè est une spécialiste des TIC. Elle est détentrice d’un diplôme d’ingénieur des travaux informatiques et experte en réseau informatique et multimédia. La ministre Ouattara est également secrétaire générale de la fondation « Femmes, TIC et Développement durable », et est membre accrédité auprès de l’ICANN au titre de la société civile africaine. Elle est également fondatrice de l’association burkinabè pour Linux et les logiciels libres et du Réseau africain des logiciels libres. Deux organisations au sein desquelles, elle promeut ces logiciels. Elle a succédé à une autre femme : l’informaticienne Aminata Sana Congo.

Outre ces femmes ministres, de nombreuses femmes sont à la tête des entreprises du domaine du numérique et servent d’exemples à d’autres qui se ruent de plus en plus par intérêt dans cette sphère. Et surtout elles y excellent.

En en croire certaines d’entre elles, les femmes ont des capacités de gestions louables. Selon Danielle Akini, une entrepreneure camerounaise dans le numérique, elles sont des gestionnaires stables et autant compétentes que les hommes. Elle pense également qu’elles ont besoin de modèles en plus d’avoir des rêves, de les suivre et de construire leur profil professionnel au profit de cette égalité.

Selon la ministre Zoumarou, le fossé entre hommes et femmes dans le domaine du numérique se comblera au niveau des textes. Il faut d’après elle s’assurer que les problématiques sont prises en compte et que les indicateurs sont désagrégés.

Toutes les femmes doivent se digitaliser

Selon la ministre camerounaise Minette Libom Li Likeng, les femmes participent indéniablement au développement du secteur au Cameroun. Cependant, la fracture digitale reste présente. Il est impératif de la briser afin de construire une société numérique équilibrée. Ce, afin de « penser les usages de demain, bâtir les infrastructures et développer les solutions digitales dont les impacts sociétaux, sociaux et économiques sont croissants ».

Elle a également souligné que la réduction de ce fossé côté genre au Cameroun, constitue un axe essentiel de la stratégie gouvernementale de développement de l’économie numérique. L’administratrice camerounaise a de même, témoigné que les autorités nationales n’y vont pas de main morte pour combler ce fossé.

« Je confirme la détermination du gouvernement à soutenir les jeunes filles et les femmes qui apparaissent, par leurs idées, leur créativité, leur audace, comme des identités remarquables dans le domaine des TIC », a-t-elle affirmé.

Pour la patronne du digital camerounais, « les TIC ne sont pas seulement le socle sur lequel repose le digital, elles sont aussi des outils de promotion socio-économique et de développement personnel ». Elle est d’ailleurs, convaincue qu’à « l’aune de la journée du 8 mars, la promotion de l’égalité et des droits de la femme dans le domaine du numérique n’aura tout son sens que si les femmes dans leur ensemble s’arriment aux TIC ».

Aurore Bonny

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