Nicolas Goldstein (Talenteum) : « Le capital humain africain est un diamant »

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A droite, Nicolas Goldstein

En 2016, Nicolas Goldstein a fait le grand saut. Cet entrepreneur français à succès a tout quitté de sa vie parisienne pour réaliser son rêve mauricien. Il a ainsi crée le Mauritius Talents Incubator ainsi que la société Talenteum. Une aventure au parfum de succès pour ce serial entrepreneur.

Propos recueillis par Rudy Casbi

CIO Mag : Nicolas Goldstein, vous avez créé votre première entreprise en 2003. Quel est la clé du succès ?

Nicolas Goldstein : Un de mes mentors m’a expliqué un jour : « Il est normal de faire des erreurs. Mais il ne faut pas les reproduire deux fois. » Je m’applique cette philosophie et pour l’heure, cela fonctionne bien. Quand je suis parti en 2016 : le début n’a pas été simple car il nous a fallu du temps pour repérer les bonnes pépites mauriciennes. Un temps d’adaptation a également été nécessaire pour construire cet incubator sur l’ïle Maurice.

Vous déclaré que cela fonctionne bien ? Quels sont les résultats de l’entreprise ?

Nous avons recruté 60 personnes depuis 2016 et notre chiffre d’affaires flirte avec la barre des 1 million d’euros dans le cadre des activités que nous menons avec Talenteum. Nous travaillons beaucoup avec les outils numériques qui permettent le travail à distance et favoriser ainsi le portage salarial. Nos profils sont variés et Maurice, par sa position, nous permet aisément de conquérir les autres marchés africains. C’est un avantage indéniable car, dans le même temps, le pays est très bien connecté avec le continent.

De quelle manière procédez-vous ?

On monte des équipes à distance pour des clients basés bien souvent en Europe. On a recruté à Madagascar au Cameroun, au Nigeria. Le client va payer les ingénieurs prix coûtant avec les charges sociales et nos frais de service. De notre côté, nous nous engageons à trouver le bon profil en fonction de leurs critères. Il nous faut en moyenne entre deux et quatre semaines. Ce qui est très encourageant avec Talenteum, c’est que nous avons plusieurs profils parmi les requêtes : concepteur de site web ou opérateur dans les data centers…

Comment recrutez-vous vos profils et quels sont leurs particularités ?

Nous recevons des CV. Nous organisons un entretien à distance avant d’assurer la mise en relation avec notre client. Notre entreprise permet au client de ne pas engager trop de frais dans les ressources humaines car nous lui offrons des services externalisés. Ensuite, je dirai que les jeunes africains sont comme «  des diamants bruts à polir ». Ils utilisent le numérique pour faire un bond en avant vers l’émergence car la population se forme maintenant par elle-même via les leçons diffusées sur différentes plateformes. C’est ce qu’il s’est passé pour un jeune nigérian qui était en contact avec cet entrepreneur français. Et à la fin nous avions décidé d’intégrer ce jeune nigérian au sein de notre entreprise.

En quoi le numérique est-il un atout pour vous ? Quel regard portez-vous sur l’évolution du numérique en Afrique ?

Il permet aux entreprises européennes, américaines ou asiatiques de s’engager sur ces nouveaux marchés émergents à moindre frais grâce à l’externalisation des services. Le numérique définit en quelque sorte un nouveau profil de RH. Ensuite, le continent africain représente un fort potentiel.

Selon une étude du cabinet Korn Ferry, les principales puissances économiques mondiales actuelles pourraient manquer de 80 millions de talents d’ici 2030 pour des postes à hautes qualifications.

Dans le même temps, la croissance démographique du continent devrait encore augmenter pour atteindre la barre des 2 milliards d’habitants avec 80% de sa population qui aura moins de 30 ans. Ensuite, les ingénieurs que nous avons dans notre base de données se forment par eux-mêmes en utilisant les facilités que procure Internet. Le client le ressent et apprécie cette différenciation dans la manière d’assimiler les connaissances même s’il souhaite que le produit finalisé corresponde à ses attentes en termes de norme par rapport à son marché-cible. Le capital humain africain est donc un diamant.

Concernant le Mauritius Talents Incubator, quelle idée se cache derrière ?

Notre objectif est de rassembler les meilleurs talents tech de Maurice. Nous en sommes très fiers. De plus, sur l’île : nous avons la chance de bénéficier d’un excellent réseau universitaire avec les meilleures écoles mondiales qui ont des partenariats sur Maurice. Le jeune nigérian évoqué plus haut a pu rencontrer un autre compatriote dans un même campus. Cela favorise les échanges et l’interconnectivité entre les compétences pour le plus grand bonheur des startups et des investisseurs étrangers également.

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