Présidentielle 2018 au Cameroun : le numérique au Top des agendas?

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Crédit photo : Jeune Afrique

(CIO Mag) – Avant l’ouverture officielle de la campagne, le 24 septembre 2018, les neuf candidats à l’élection présidentielle du 7 octobre prochain ont déjà investi le terrain. Du Pr Maurice Kamto à Paul Biya en passant par Joshua Osih, Garga Haman Adji, Akere Tabeng Muna, Cabral Libii, Serge Espoir Matomba, Frankline Afanwi Ndifor et Adamou Ndam Njoya, tous font des offres plus ou moins alléchantes pour conquérir les Camerounais.

Hormis quelques exceptions, plusieurs candidats énumèrent juste les grandes lignes des mesures sans qu’on ne sache réellement comment ils comptent les mettre en oeuvre. Si le flou persiste quant à la mobilisation des ressources devant permettre d’atteindre les objectifs de développement, les professionnels IT et consommateurs de services électroniques, eux, veulent percer le mystère des programmes, notamment sur la vulgarisation du numérique comme levier de développement économique et social.

Le très haut débit ? La qualité des services de communication électronique réclamée par les consommateurs ? L’e-Education, l’e-Santé, l’e-Agrictulture ? L’accès à l’électricté ? Que proposent les candidats sur ces différents sujets ?

Président sortant et candidat à sa propre succession pour la septième fois consécutive, Paul Biya a toujours invité la jeunesse camerounaise à s’approprier l’outil informatique. Le problème d’accessibilité à l’électricité dans les zones rurales retarde le Cameroun dans la marche vers le développement. Pour les populations à faible revenu, l’internet reste un luxe.

Comme solution pour démocratiser l’accès à Internet, Paul Biya propose la réduction des coûts encore élevés de la connexion. Est également annoncée, une implication effective du secteur privé dans le cadre de partenariats public-privé visant à renforcer les infrastructures numériques, vulgariser les TIC, promouvoir les métiers du numérique, encourager l’innovation chez les jeunes.

Dans son programme, le Pr Maurice Kamto prévoit relever les lourds défis de l’économie numérique ;apporter une solution idoine sur les difficultés des journalistes avec la 4G ; revoir les problèmes de concession avec les opérateurs de téléphonie mobile ; introduire l’apprentissage des TIC dès la maternelle dans tous les établissements scolaires.

Entre autres promesses, Maurice Kamto entend réinventer la société camerounaise en investissant progressivement tous les domaines de la vie et tous les secteurs de l’économie : une interaction avec, d’un côté, des producteurs de e-services des télécommunications, des TIC et du web, et de l’autre côté, des consommateurs de e-services. Il compte aussi créer un cadre juridique, fiscal et réglementaire solide pour encadrer et booster la transformation numérique, dont un des leviers reste le capital humain.

Dans l’équipe du candidat Frankline Ndifor, c’est la digitalisation des services qui tient le plus à cœur. « Un numéro d’identité sera attribué à chacun des Camerounais adultes. Ce numéro sera rattaché à toutes leurs activités : paiement du loyer, achat de crédit de communication, demande de visa, etc. », a détaillé Frankline Ndifor lors d’une conférence de presse dans son quartier général à Douala.

Joshua Osih a, quant à lui, annoncé la mise sur pied d’une plateforme numérique. « Cet outil conçu pour les citoyens camerounais inscrits sur les listes électorales, est un symbole de la révolution numérique que j’entends mettre en place, si vous m’en donnez l’occasion », annonce-t-il. Il promet que cette application « va permettre de lire, télécharger et rester surtout informé de toutes les actualités, et découvrir des informations clefs sur la meilleure façon de protéger son vote ».

Outre ces candidats, les autres postulants, Cabral Libii, Akere Tabeng Muna, Serge Espoir Matomba, Adamou Ndam Njoya et Garga Haman Adji, proposent des programmes assez impressionnants sur le développement des TIC au Cameroun. Faut-il déduire que le numérique occupe une place importante dans cette présidentielle ? Surfer sur les promesses de développement offertes par le numérique, n’est-ce pas là une façon d’aguicher les jeunes férus de technologies ?

Tous les candidats reconnaissent en théorie que le numérique est un levier de développement et d’intégration des jeunes. Mais au final, ce sont les secteurs dits traditionnels qui prennent le dessus dans l’attribution des crédits. Et malheureusement, les gouvernements arbitrent entre différentes propositions parmi lesquelles le numérique n’est pas toujours au Top des agendas.

Jean-Claude NOUBISSIE, Cameroun

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