Réinventer le système financier africain : l’innovation au cœur du processus

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Conférence virtuelle Africa Consulting Trading (ACT Afrique Groupe)

L’Africa Consulting Trading (ACT Afrique Groupe) a tenu vendredi 19 juin un forum sur l’innovation dans le secteur financier en  Afrique. Autour de quatre figures clés du secteur, le forum virtuel modéré par Landry Hounkponou, Analyste financier chez ACT Afrique a été un rendez-vous de brain storming autour de l’avenir du financement sur le continent.

(Cio Mag) – Maréma BAO KONE, DGA du Groupe Cofina, groupe spécialisé dans la mésofinance. Moctar SARR, DG de M&A Capital Group spécialisé dans l’investissement. Nadine EBELLE KOTTO, Fondatrice et DG de MQas, une fintech. Mamadou SALL, CEO de BaySeddo, acteur du financement participatif. Tous les quatre ont un point commun, le secteur financier.

Pour ces acteurs majeurs de l’écosystème financier africain, la pandémie du coronavirus a révélé qu’il faut repenser le secteur. Le sujet fait l’unanimité, et tous sont d’accord qu’il faut innover et proposer des services diversifiés aux demandeurs, en les adaptant aux réalités. Cette innovation passe par l’apport du digital, a soutenu le panel.

C’est Nadine EBELLE KOTTO, Fondadrice et DG de la Fintech MQas qui a planté le décor en évoquant les difficultés qu’ont les Fintech par exemple à accéder au financement. Même si les challenges des Fintech sont différents de ceux des autres secteurs de la finance, le plus grand reste « la difficulté à mettre en place les partenariats avec l’ensemble de l’écosystème, banques, microfinances, assurances, y compris les Telcoms qui font de la finance digitale », a fait observer la DG de MQas. « L’écoystème financier n’est pas encore suffisamment ouvert pour aller dans ces partenariats », a-t-elle souligné.

Si les PME ont des difficultés, c’est aussi à cause du manque de mécanisme. Sur ce point, le numérique peut être une solution à travers l’agilité. Un point de vue soutenu par Maréma BAO KONE, DGA du Groupe Cofina. Elle a recommandé la digitalisation en interne (avec une meilleure digitalisation des process). Pour elle, le digital a permis à son groupe par exemple de garantir la continuité de service grâce au numérique en cette période de crise où les conseils de crédit se tiennent à distance. Pour Madame KONE, cette digitalisation permet une agilité permettant d’adapter l’offre au niveau mondial.

Le bien du numérique, c’est aussi ce qu’a soulevé Mamadou SALL, CEO de BaySeddo qui investit dans le secteur agricole. Essentiellement basé sur le crowdfounding, BaySeddo est un témoin privilégié de la facilité que le numérique offre au secteur du financement. Si le financement participatif a toujours été une habitude en Afrique, le digital permet de lui donner une plus grande ampleur. « Aujourd’hui le digital permet à un Sénégalais qui vit à New-York d’investir dans la production d’un agriculteur du pays qu’il ne connaît pas et de suivre l’évolution du projet juste par l’intermédiaire d’une plateforme ». C’est donc cette modernisation que le digital apporte au financement participatif traditionnel en Afrique.

S’ouvrir à l’innovation

« On ne peut pas échapper à la digitalisation si on a envie d’être plus efficient et répondre aux attentes, et si on a envie d’impacter », a laissé entendre Moctar SARR de M&A Capital Group. Dans une interpellation argumentée, il a appelé le régulateur qu’est la BCEA0 à s’ouvrir à l’innovation. Pour le spécialiste en investissement, « le régulateur a manqué le pari de la flexibilité et de l’innovation durant cette pandémie de la Covid-19 ».

Cette crise a donc été une occasion de tirer des leçons. « Il fallait savoir franchir les systèmes traditionnels, d’accélérer la digitalisation… », a déclaré Nadine EBELLE KOTTO. Et pour cause, la pandémie a fragilisé beaucoup d’opérateurs économiques d’où la nécessité de « renforcer les institutions de microfinances à faire face à ces types de crise ». Car, soutient Madame BAO KONE, les banques ont été plus rapides à mettre en place des mécanismes de réponse. La digitalisation devient nécessaire pour le secteur car elle permet de rendre des services sans pour autant être physiquement présent, expose la DGA de Cofina. La nécessité de rendre des services de proximité exige la flexibilité surtout que l’impact de la pandémie est loin d’être complètement connu.

Après la pandémie de coronavirus, le secteur financier est appelé à se réinventer. Si le chantier s’annonce rude, l’agilité sera un facteur déterminant pour relever le pari et répondre aux nouveaux challenges du nouveau monde en perspective. Les acteurs doivent donc innover pour répondre aux futurs défis du secteur.

Souleyman Tobias

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