Sénégal / nouveau code communications électroniques : le ministre de la Justice écarte toute idée de censure

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Ismaila Madior Fall, ministre sénégalais de la Justice

(CIO Mag) – Son intervention était beaucoup attendue, d’autant plus que le sujet avait suscité la polémique ces dernières semaines au Sénégal. C’est maintenant fait. Ismaila Madior Fall a parlé mardi dans l’enceinte de l’hôtel Savana de Dakar. Pour le ministre de la Justice du Sénégal, le nouveau code des communications électroniques ne contient aucun piège ou en tout les cas, un dessein caché pour bloquer Internet. « Ils savent bien que nous ne sommes pas dans des perspectives ou possibilité de censurer. Personne n’est dans ça », balaie d’un revers de la main, le Garde des Sceaux, en citant le Premier ministre tout comme les autres ministres comme des ingénieurs comprenant parfaitement les enjeux liés aux Technologies de l’Information et de la Communication (TIC).

Aucune restriction envisagée, mais on ne peut faire l’économie d’une nécessaire régulation

« Ils sont à 90 % ingénieurs. Le Premier ministre est un ingénieur, ingénieur informaticien d’ailleurs. Entre nous, ces gars-là, ils sont au courant de tout ce qui se dit en matière de numérique dans le monde et ils ont une claire conception de ce qui constitue une opportunité pour promouvoir le développement dans notre pays », explique le professeur. Toutefois, tranche-t-il, cela n’exempte pas l’Etat de son obligation de « légiférer » étant donné qu’on ne peut pas « laisser chacun faire ce qu’il veut, diffuser ce qu’il veut comme contenu même si ça porte atteinte à l’ordre public, la vie privée, l’intégrité des gens ». « On laisse comme ça ? », s’interroge-t-il, avant de répondre à lui même : « Ce n’est pas possible. »

Poursuivre les discussions

Toutefois, le fait que le pouvoir actuel n’ait pas prévu de bloquer ou restreindre l’accès à Internet dans le cadre du nouveau code ne doit pas clore le débat. Pour Alex Corantin, un des rédacteurs qui a pris part aux travaux du code des télécommunications de 2011, il faudra continuer les échanges avec les différents acteurs dans le dessein de mieux les rassurer. « Il ne faut pas qu’il y ait une suspicion telle qu’elle soit sur le texte pour qu’on puisse réellement être en confiance », a plaidé l’enseignant-chercheur à l’Ecole Supérieure Polytechnique de Dakar (ESP).

Elimane, Dakar

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