YIRI, l’incarnation de la stratégie ivoirienne de l’IA au service du bien public

Isaac Bayoh, rédacteur principal de la Stratégie nationale de l’IA de la Côte d’Ivoire, et promoteur du projet YIRI (Youth for Innovation, Recognition and Intelligence)

Face à l’ambition de faire de la Côte d’Ivoire un leader africain en intelligence artificielle (IA), la Côte d’Ivoire s’est doté, cette année d’une Stratégie nationale de l’IA à l’horizon 2030 (SNIA 2030), visant à exploiter cette technologie “pour le bien public”. Pourtant, un fossé critique subsiste : l’absence de données linguistiques fiables et structurées dans les langues ivoiriennes. C’est dans ce contexte qu’émerge le projet YIRI (Youth for Innovation, Recognition and Intelligence). Première campagne nationale de collecte de données en langues locales, portée par la jeunesse, YIRI est bien plus qu’une initiative technique : il est le pilier matériel et éthique qui doit garantir l’inclusion linguistique et la souveraineté technologique de l’e-gouvernement ivoirien. Dans cet article, Isaac Bayoh, rédacteur principal de la Stratégie nationale de l’IA et promoteur du projet, décrypte comment YIRI s’attaque aux déficits structurels du pays pour transformer radicalement les services publics.

(CIO Mag) – Le projet YIRI se présente comme une infrastructure linguistique d’intérêt public. Sa mission est double : construire le « corpus linguistique national » nécessaire à l’entraînement des systèmes d’IA, tout en formant une nouvelle génération de professionnels de la donnée. Il ne s’agit pas d’un projet annexe, mais, selon Isaac Bayoh, de « l’outil opérationnel qui permet de passer de la stratégie à la réalisation effective » de l’IA pour l’e-gouvernement.

Ancrage stratégique et inclusion linguistique

YIRI s’aligne directement sur la vision de la Stratégie nationale de l’IA, qui vise à déployer l’IA au service du bien public, c’est-à-dire des services accessibles, équitables et fiables. L’élément central de cet alignement est l’inclusion linguistique. Sans données en langues locales (Baoulé, Bété, Dioula, etc.), l’e-gouvernement resterait un privilège réservé aux francophones. Cette dimension essentielle de justice numérique active est au cœur de la vision d’Isaac Bayoh : « YIRI garantit que toutes nos langues locales sont valorisées — pour que l’IA comprenne les accents ruraux, les tournures idiomatiques, les dialectes régionaux. C’est une condition fondamentale pour que l’État dialogue avec tous ses citoyens, dans leur langue, avec dignité », explique-t-il.

De son explication, il apparait clairement que YIRI entend produire des modules réutilisables (reconnaissance vocale, synthèse vocale, compréhension linguistique) que les administrations pourront intégrer dans leurs services (chatbots, guichets vocaux), assurant ainsi l’accessibilité et la durabilité locale des solutions numériques./…

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Anselme AKEKO

Responsable éditorial Cio Mag
Correspondant en Côte d'Ivoire
Journaliste économie numérique
2e Prix du Meilleur Journaliste Fintech
Afrique francophone 2022
AMA Academy Awards.
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