Christel Heydemann devient la première femme à diriger le groupe Orange

Reporté du lundi 24 au vendredi 28 janvier, un conseil d’administration décisif vient d’officialiser la nomination de Christel Heydemann, première femme à diriger le groupe.

(Cio Mag) – En poste depuis le 24 février 2011, Stéphane Richard, jusque-là aux commandes de l’opérateur télécoms Orange a donné sa démission. Ce diplômé d’HEC Paris et ancien élève de l’ENA (Ecole nationale d’administration) est poussé vers la sortie en raison de ses déboires avec la justice française. Sa condamnation dans l’affaire Tapie – Crédit Lyonnais l’oblige à annoncer sa démission en novembre 2021.

Pour le remplacer, six candidatures dont celle de Christel Heydemann ont été examinées par le conseil d’administration. Deux profils ont captivé l’attention des administrateurs. Mais l’Etat français, avec ses 23% dans le capital d’Orange a pesé de tout son poids pour faire figurer dans la liste finale un troisième nom : celui de Christel Heydemann. C’est le signe annonciateur d’une révolution à la tête des groupes du CAC 40 plébiscitant les femmes aux postes de direction.

Christel Heydemann, le choix du consensus

A 47 ans, Christel Heydemann a un parcours qui force l’admiration et correspond à la description du directeur général pour diriger l’opérateur télécoms. Diplômée de l’Ecole Polytechnique et de l’Ecole Nationale des Ponts et Chaussées, elle a débuté sa carrière chez Boston Consulting Group. Elle rejoint Alcatel en 1999 où elle fait ses preuves à plusieurs niveaux de responsabilité avant d’atterrir au sein du Comité exécutif d’Alcatel-Lucent comme Directrice générale des Ressources humaines et de la Transformation.

Chez Schneider Electric également, Christel Heydemann a eu une belle ascension professionnelle. Elle est passée de Directrice des Alliances stratégiques en 2014 à Présidente-Directrice générale de Schneider Electric France puis Directrice générale Europe Opérations, respectivement en 2017 et en 2021. Membre du conseil d’administration d’Orange depuis 2017, elle devient directrice générale avec le soutien de l’Elysée et de Bercy. Elle prendra fonction le 04 avril prochain pour poursuivre dans la dynamique enclenchée par son prédécesseur et surtout positionner le groupe sur l’innovation.

« En désignant Christel Heydemann, […], le conseil a fait le choix d’une personnalité aux compétences reconnues dans l’univers des télécoms et de la transformation des entreprises », apprécie un communiqué du groupe Orange dont Cio Mag a eu copie.

Quel avenir pour Stéphane Richard ?

« Afin de préserver la continuité des activités de l’entreprise et d’assurer une transition la plus efficace possible, le Conseil a demandé à Stéphane Richard de poursuivre son mandat de Président-Directeur général jusqu’à la prise de poste de Christel Heydemann », relate le même communiqué.

Par ailleurs, « le conseil ayant acté une dissociation des fonctions de Président et de Directeur général, Stéphane Richard continuera à l’arrivée de la nouvelle Directrice générale d’assurer les fonctions de Président non-exécutif jusqu’à l’arrivée d’un nouveau Président et au plus tard jusqu’au 19 mai 2022, date de l’Assemblée générale d’Orange. »

A travers ce communiqué, Orange reconnaît l’engagement de Stéphane Richard au profit du groupe. En outre, ses actions pour la restauration de « la confiance des salariés après la crise sanitaire » et la « transformation profonde qu’il a engagé pour positionner le groupe en opérateur multi-services de premier rang en Europe et en Afrique. »

Pour rappel, le groupe Orange est présent dans 26 pays à travers le monde. Il emploie plus 140.000 salariés dont plus de 80.000 en France et a réalisé un chiffre d’affaires de 42,27 milliards d’euros en 2020.

Michaël Tchokpodo

Michaël Tchokpodo est journaliste communiquant, grand observateur des mutations relatives aux technologies numériques et au développement durable. Correspondant au Bénin pour CIO Mag.

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