10 ans des ATDA – 3 Questions à Touhami RABII : « GEMADEC s’est toujours positionné sur l’ensemble de la chaine de valeur de la transformation digitale »

  • CIO MAG Par CIO MAG
  • 8 novembre 2021
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« GEMADEC s’est toujours positionné sur l’ensemble de la chaine de valeur de la transformation digitale »

La célébration des 10 ans des Assises de la Transformation digitale en Afrique (ATDA) se tiendra les 25 et 26 novembre 2021 au Campus de l’Université Mohammed VI Polytechnique de Benguerir au Maroc. Sponsor de cet événement, GEMADEC présente les principaux axes de son approche en matière de services numériques et explique le sens de sa participation aux ATDA. Entretien avec Touhami RABII, le Président-directeur général.

Cio Mag : GEMADEC se présente comme un acteur incontournable de la transformation digitale des organisations publiques ou privées. Quels sont les principaux axes de votre approche en matière de services numériques aux clients et aux citoyens ?

Touhami RABII : Dans sa création, il y a près de 45 ans, GEMADEC s’est toujours positionné sur l’ensemble de la chaine de valeur de la transformation digitale, bien avant que cette dernière ne s’appelle ainsi. Nous avons été les pionniers dans ce domaine en accompagnant l’ensemble des banques marocaines dans la numérisation des historiques des opérations bancaires sur les microfilms dans les années 1990. Nous avons naturellement accompagné nos clients historiques dès les premiers projets d’archivage numérique, puis de Gestion électronique des documents. Ces projets baptisés « zéro papier », devaient traquer les documents papier, qui circulaient dans l’entreprise pour les dématérialiser. On a évolué de la dématérialisation des documents vers la dématérialisation des processus, ce qui nous a permis de nous rapprocher de plus en plus du métier de nos clients. Enfin, avec le développement des usages digitaux, il fallait leur apporter de la confiance, d’où les sujets qui nous occupent beaucoup actuellement à savoir l’authentification forte à travers la signature électronique ou la biométrie et le stockage sécurisé de ces documents dématérialisés dans des coffres-forts numériques. Les usages sur lesquels nous intervenons concernent par exemple des banques à travers la dématérialisation de l’instruction d’un dossier de crédit ou encore l’entrée en relation à distance, pour les administrations publiques, on dématérialise leurs services aux citoyens ou encore leurs services administratifs internes. Enfin, je citerai également un très beau projet que nous ambitionnons d’exporter vers plusieurs pays africains : le projet eParlement, qui consiste en la dématérialisation de l’ensemble des processus parlementaires qu’ils soient relatifs à l’élaboration des lois, au contrôle de l’action gouvernementale qu’aux processus administratifs internes.

Comment se présente aujourd’hui la cartographie de votre marché sur le continent africain ? et que représente ce marché dans le chiffre d’affaires de GEMADEC ?

GEMADEC est présente, à travers de très belles réalisations dans des projets de transformation digitale, sur une dizaine de pays d’Afrique, du Nord, de l’Ouest et du Centre. Notre stratégie a toujours été de mettre en place des projets réussis au Maroc, qui est notre vitrine, puis de les exporter vers d’autres pays Africains.

Notre chiffre d’affaires est réalisé à 100% sur le continent, d’ailleurs nous nous considérons comme une entreprise continentale.

Avant la crise sanitaire Covid-19, le chiffre d’affaires réalisé au Maroc représentait uniquement 30% de notre activité totale. Depuis ces deux dernières années, les difficultés de déplacement et les fermetures des frontières de certains pays a inversé cette répartition. Cette pandémie a transformé la cartographie de notre marché, elle a favorisé et développé fortement les sujets de transformation digitale, que ce soit dans le secteur privé que publique. Notre activité au Maroc a connu une forte croissance, qui a compensé en partie la baisse qu’ont connu les autres pays africains.

Globalement, les postiers africains sont convaincus que l’intégration numérique permettra de renforcer leur proposition de valeur, particulièrement dans le commerce électronique. De ce point de vue, comment entrevoyez-vous l’avenir de l’institution postale dans les dix prochaines années ?

Je suis très optimiste pour l’avenir de l’institution postale dans les années à venir. La plupart de ces institutions ont traversé des moments difficiles ces dernières années à cause, dans un premier temps, d’une séparation entre les opérateurs télécoms et les opérateurs postaux qui ne s’est pas faite de manière équitable. Les bijoux de famille et les métiers à forte rentabilité et croissance sont partis chez les opérateurs télécoms qu’il fallait embellir en vue d’une privatisation et la charge avec les métiers traditionnels sont allés chez la Poste. Par la suite, la forte baisse des volumes de courrier a continué à dégrader l’état de santé de la Poste. Je vois, aussi bien à travers nos activités postales africaines qu’à travers nos responsabilités au sein de l’Union Postale Universelle, une prise de conscience importante de ces organisations et une volonté de se transformer.

Les postes n’ont pas d’autre choix que de se transformer. La capillarité de la présence postale, son statut de tiers de confiance lui permettent de se positionner clairement comme guichet unique au service du citoyen.

La digitalisation des services publiques, accélérée encore plus ces deux dernières années par la pandémie de Covid-19, est une aubaine pour les Postes, qui peuvent devenir le point d’accès à ces services digitaux pour les citoyens, qu’ils soient étudiants, demandeurs d’emploi, retraités, agriculteurs vivant dans des lieux reculés n’ayant pas accès à internet ou ne savant pas y accéder et qui peuvent bénéficier de l’assistance nécessaire chez la Poste pour bénéficier de ces services. En plus, le développement du commerce électronique est en train de booster l’activité colis au niveau mondial et en Afrique également, où elle connaît une croissance à deux chiffres. Là aussi la Poste, qui à la crédibilité et l’historique nécessaires à travers les colis postaux, peut profiter de ce développement si, bien évidemment, elle sait se transformer et s’équiper des solutions nécessaires pour cela. Nous travaillons sur ces sujets actuellement pour accompagner des organisations postales sur toute la chaine de valeur, que ce soit IT, Infrastructures, processus que business. Comme nous avons et continuons à accompagner plusieurs Postes africaines dans leur transformation à travers le courrier hybride, nous ambitionnons de devenir le partenaire de choix de ces Postes pour devenir le partenaire e-Logistique naturel du commerce électronique.

Quel est le sens de la participation de GEMADEC à la célébration des 10 ans des ATDA et 10 ans d’innovation ?

Nous avons participé à plusieurs éditions des ATDA par le passé qui se déroulaient à Paris. C’était à chaque une fois une réelle réussite, des assises africaines pour les Africains, avec des échanges et un contenu de qualité. Je ne pouvais pas rater la dixième édition et encore moins une édition organisée au Maroc, dans un joyau du savoir et de l’innovation qu’est l’Université Mohammed VI Polytechnique de Benguerir.

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