Frranck Kié, Commissaire général et fondateur du Cyber Africa Forum (photo d’archives 2024)
Après quatre premières éditions organisées à Abidjan, le Cyber Africa Forum tiendra sa sixième édition les 16 et 17 novembre 2026 à Cotonou, au Bénin, pour la deuxième année consécutive. Placé sous le thème « Construire la confiance numérique de demain », l’événement intervient alors que la Côte d’Ivoire accélère sa transformation digitale, mais doit aussi faire face à une hausse des risques cyber.
Construire la confiance numérique de demain
La prochaine édition du Cyber Africa Forum se tiendra les 16 et 17 novembre 2026 au Sofitel Cotonou Marina Hotel & Spa, avec le soutien du ministère béninois de l’Économie et des Finances et du ministère de la Transformation digitale et de l’Innovation. Plus de 1 500 participants sont attendus, parmi lesquels des ministres africains, des dirigeants d’entreprises, des investisseurs, des entrepreneurs, des agences nationales du numérique et des experts internationaux.
Pour Franck Kié, Commissaire général et fondateur du Cyber Africa Forum, le retour du forum au Bénin traduit une continuité stratégique : « Revenir au Bénin pour une deuxième année consécutive en dit long sur la confiance que nous accordons à ce pays. »
Le thème retenu, « Construire la confiance numérique de demain », reflète une évolution du débat africain. Après les questions d’accès aux infrastructures et de connectivité, les priorités portent désormais sur la sécurisation des usages, la protection des données, la gouvernance numérique, la lutte contre la désinformation, l’encadrement de l’intelligence artificielle et la capacité des États africains à construire des systèmes numériques plus souverains, plus résilients et moins exposés aux dépendances extérieures.
L’édition 2026 introduira également plusieurs nouveautés destinées à élargir le périmètre du forum. Un Collège d’experts réunira des profils issus du monde académique, des institutions publiques, des entreprises et des organisations internationales afin d’alimenter les réflexions stratégiques. L’initiative Tech 4 Creatives mettra en avant les usages de l’intelligence artificielle et des technologies émergentes dans les industries créatives africaines, notamment la mode, la musique, le sport et les arts. Un HackerLab, organisé avec l’Agence des Systèmes d’Information et du Numérique du Bénin, mobilisera également de jeunes talents africains autour de la cybersécurité et de la lutte contre la cybercriminalité.
Le programme abordera plus largement les grands sujets qui structurent désormais la transformation digitale du continent : intelligence artificielle, souveraineté algorithmique, cyberdiplomatie, désinformation, protection des données, identité numérique, infrastructures satellitaires, interopérabilité panafricaine et financement de l’économie numérique africaine.
Pour Franck Kié, ces évolutions traduisent une montée en puissance du rendez-vous : « Le niveau des décideurs attendus, l’ambition de notre programmation et les nouvelles initiatives que nous dévoilerons cette année annoncent une édition encore plus marquante que la précédente. »
Un enjeu économique clé pour la Côte d’Ivoire
Le CAF 2026 ambitionne de faire de la confiance numérique l’un des grands enjeux économiques du continent africain. Elle ne concerne plus uniquement les spécialistes de la cybersécurité ou les directions informatiques. Elle touche directement les administrations, les banques, les télécoms, les entreprises, les plateformes de paiement, les services publics en ligne et les citoyens.
Pour la Côte d’Ivoire, cette question prend une importance particulière. Le pays a fait du numérique un levier de transformation économique, avec des investissements importants dans les infrastructures, la digitalisation des services publics, les services financiers numériques et l’innovation. Cette dynamique est appelée à se renforcer dans le cadre du PND 2026-2030, qui accorde une place importante à la transformation numérique, à l’innovation et à la modernisation des services publics. Selon des données citées en 2025 par le ministère de la Transition numérique et de la Digitalisation, l’économie numérique représenterait désormais entre 6% et 8% du PIB ivoirien, soit environ 1 319 milliards FCFA en 2024.
Cette dynamique s’accompagne toutefois d’une exposition croissante aux risques cyber. Selon le rapport 2024 de l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information de Côte d’Ivoire, la Plateforme de lutte contre la cybercriminalité a enregistré 12 100 affaires en 2024, contre 8 132 en 2023. Le préjudice financier est estimé à près de 7 milliards FCFA sur l’année.
Ces chiffres montrent que la cybersécurité devient une condition de confiance pour les usagers, les entreprises, les investisseurs et les institutions publiques. Fraudes aux paiements, usurpation d’identité, atteintes aux systèmes d’information, compromission de données ou interruption de services numériques peuvent avoir des conséquences directes sur l’activité économique.
Quatre éditions du CAF à Abidjan
Le rendez-vous conserve également un lien fort avec la Côte d’Ivoire. Après quatre premières éditions organisées à Abidjan, le CAF avait réuni en 2025 à Cotonou plusieurs responsables publics africains, dont Ibrahim Kalil Konaté, ministre ivoirien de la Transition numérique et de la Digitalisation, aux côtés notamment de Romuald Wadagni, alors ministre d’État chargé de l’Économie et des Finances du Bénin, et d’Aurélie Adam Soulé Zoumarou, ministre béninoise du Numérique et de la Digitalisation.
Lors de cette édition, le ministre ivoirien avait notamment insisté sur la nécessité de copiloter les infrastructures numériques entre le secteur public et le secteur privé, tout en mettant en avant l’importance d’une démarche ivoirienne de souveraineté numérique.
En cinq éditions, le Cyber Africa Forum revendique plus de 6 000 participants, plus de 100 partenaires et sponsors, des représentants venus de plus de 50 pays et plus de 500 rendez-vous d’affaires organisés. Pour la Côte d’Ivoire, qui ambitionne de renforcer son positionnement comme hub numérique régional, les débats de Cotonou 2026 auront une résonance particulière : ils rappellent que la transformation digitale ne peut produire pleinement ses effets que si elle repose sur la confiance, la sécurité des usages et la souveraineté des infrastructures.





