Abdou Fall, un expatrié avocat du secteur informel

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Abdou Fall, Sénégalais, consultant expérimenté et directeur des affaires avec une expertise dans les ventes, le marketing, les opérations et la gestion des personnes dans les industries des technologies de l’information.

Par Joe Marone

Il possède de nombreuses années d’expérience professionnelle en Europe et en Afrique subsaharienne, où il a eu à occuper des postes de responsabilité dans les domaines de l’exploitation et de la gestion auprès de grandes sociétés internationales, notamment Nortel Networks, le groupe Satec, Samsung et IBM. Abdou Fall est le co-fondateur et directeur associé de Pulsar Tech,une agence digitale (ios, Android, Web) : Transformation  Digitale, IoT, Fintech, PAYGo, e-Markeplace,Smart cities, Big Data), en même temps responsable à Nadjibi « inventeur, fabricant et fournisseur de solutions off Grid et hybrides intelligentes connectées basées sur  l’énergie solaire notamment l’électrification rurale, péri-urbaine, urbaine, solutions à usage productif pour la transformation de produits agricoles, halieutiques, de l’élevage.

Les deux startups sont en train de déployer au Sénégal et dans la sous-région des solutions technologiques smart qui permettent de surmonter les facteurs qui freinent souvent le développement de 2 secteurs importants de nos économies.

L’Agriculture rurale à travers l’initiative Nadjibi Smart Agri ou Agri Tech, une solution intégrée qui repose sur l’utilisation de l’énergie solaire « pompe à eau solaires, l’IoT, le PAYGo », avec comme finalité la transformation de produits agricoles pour créer plus de valeur ajoutée. Le mobile et  le web sont mis à contribution pour  faciliter la commercialisation et l’écoulement des produits agricoles. L’objectif du projet Agri Tech, c’est de faire des paysans des agro-entrepreneurs qui n’auront plus l’obligation d’attendre la pluie pour mener les activités agricoles. Le travail de la startup a été d’ailleurs récompensé. En 2018, Nadjibi a remporté le deuxième prix du concours innovation EnR solaire Uemoa à l’occasion du 45e anniversaire de la BOAD. Cette compétition encourage surtout les startups.

Nadjibi Smart Agri part du constat selon lequel « l’économie agricole rurale au Sud du Sahara représente en moyenne plus de 25% du PIB. Elle occupe plus de 70% de la population active, contribue à la sécurité alimentaire et constitue une partie importante des activités génératrices de revenu des ménages en zones rurales. Du fait de sa position géographique et de son ensoleillement abondant, l’Afrique subsaharienne possède l’un des meilleurs gisements solaires au monde avec plus de 2 300 heures par an, soit 2 280 kWh / m2 / an ou plus de 6,25 kWh / m2 / jour, pour seulement 1 220 kWh / m2 / an en Allemagne). Le solaire est devenu une énergie incontournable. L’Afrique subsaharienne a beaucoup d’atouts pour développer l’agriculture ».

Mais comment faire pour vendre ces produits issus de l’agriculture ? M. Fall est convaincu que le digital est incontournable dans la promotion du développement de l’économie agricole rurale.

L’autre volet qui tient à cœur le CEO de Nadjibi, c’est l’économie informelle à travers la Marketplace ou plateforme Yeessal qui permet une transformation structurelle de l’économie informelle dans nos pays. « L’arrivée massive du Mobile et du digital dans les expériences de consommation est en train de secouer profondément le commerce et le comportement d’achat du consommateur sénégalais. Ce dernier est aujourd’hui connecté, digitalisé, mobile, averti et exigeant. Parmi ses critères d’achat : l’accès immédiat à une information riche, claire sur un produit ou service. Il veut un moyen d’échange et de communication simple, fiable, disponible à tout moment avec le prestataire invité à offrir au client la possibilité de valider un acte d’achat en ligne, et de pouvoir être livré grâce à la géolocalisation.

Hors, le secteur informel qui représente plus de 50% du PIB du Sénégal et, qui jadis assurait la presque totalité des besoins quotidiens du consommateur, a accusé un grand retard pour entrer dans l’économie numérique. N’étant pas outillé pour répondre à ce nouveau mode du consommateur, le professionnel de l’informel voit de jour en jour la menace de la compétition internationale lui prendre ses parts de marché, affectant ainsi son chiffre d’affaires et menaçant même son existence », explique Abdou Fall.

Aussi, la plateforme YEESSAL NJAAY offre à n’importe quel professionnel, commerçant ou prestataire de services formalisé ou informel, un espace boutique virtuel web et mobile personnalisé pour exposer des produits et services avec une contextualisation enrichie. Le prestataire bénéficie d’une géolocalisation instantanée, propose  des outils « back office » de gestion et traitement des commandes, de gestion de la relation client push, fidélisation, gestion de stock et gestion de la comptabilité permettant de mieux répondre aux besoins du consommateur  qui, aujourd’hui est connecté et agile.

Le Sénégal numérique ?

Abdou Fall pense que « le climat des affaires est favorable pour que le Sénégal devienne un Hub numérique avec la promotion des champions du digital pour qu’ils puissent capter les opportunités massives que va nous offrir la Zone de Libre Echange Continental ZLEC dans les domaines de l’agriculture intelligente ou Agri Tech pour promouvoir les agri-preneurs et les exploitants agricoles. Ce qui va aider à la création d’emplois verts massifs pour les jeunes et les groupements de femmes. Le Sénégal avec sa diaspora hautement qualifiée présente de réelle opportunité pour devenir incontournable dans le développement des technologies et l’universalité de l’internet. »

Article paru dans CIO Mag N°59 SEPTEMBRE – OCTOBRE 2019

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