ATDA 2020 : l’innovation et l’entreprenariat pour former de futurs champions

Parler d’innovation et d’entreprenariat se résume bien souvent à mettre le focus sur l’incubation et l’accélération des « startuppeurs ». Au cours de la 4e session d’échange des Assises de la transformation digitale en Afrique, édition 2020, les panélistes se sont plutôt concentrés sur les phases de préparation en amont des futurs champions.

Anselme AKEKO

(CIO Mag) – La raison est toute simple. Aujourd’hui, il n’est plus question de faire des études dans le but de s’insérer dans une entreprise pour exercer un métier. Les étudiants doivent relever un nouveau défi : sortir des écoles en étant capables de monter une entreprise durable. Certains l’ont compris, des écoles aussi.

« Je crois que beaucoup de gens qui entrent dans les écoles de commerce et d’ingénieurs ont un projet qui consiste à créer leur société. Par ailleurs, certaines écoles ont créé des cursus qui permettent aux ingénieurs une fois sortie de l’école de créer leur entreprise », explique Dominique Vernay, vice-président de l’Académie des Technologies.

Puis d’ajouter : « Pour faire du développement économique, on a besoin de gens formés et très bien formés, en particulier dans les technologies de l’information. »

Réinventer l’éducation

Pour Mohamed Hakim Soufi, président du conseil d’administration de Macir Vie, il y a une double formation à mettre en place, face aux défis du développement. La première formation concerne les étudiants. Appelés à réinventer leur éducation dans un contexte où « la technologie s’apparente souvent à de la magie ». A mille lieues de ce qu’on aurait pu imaginer.

« Il nous faut des étudiants qui puissent imaginer l’avenir, et pouvoir leur donner les moyens de le construire ; il faut arrêter cette formation académique dite classique et passer à tout ce qu’ils peuvent imaginer », a martelé Hakim Soufi.

La deuxième formation vise les chefs d’entreprise. Pour le patron de Macir Vie, il est ici question de mettre en relation un employé expérimenté avec « quelqu’un qui a des rêves ». L’objectif étant « de pouvoir s’ouvrir l’un à l’autre et discuter dans un sens où nous devons construire un monde nouveau ».

Un monde qui aura vocation à répondre aux enjeux de traçabilité, de transparence et d’engagement dans la lutte contre le réchauffement climatique. Cette relation devrait permettre aussi de renforcer la protection des données et d’homogénéiser l’ensemble des cultures afin d’en tirer un meilleur profit.

Financer l’innovation

Entrepreneur et CEO de Dreda Dieda, El Hadj Diop a eu la chance de baigner dans la Recherche & Développement à travers des crédits d’impôts (NDLR : réduction d’impôt pouvant donner lieu à un remboursement sommaire).

De son expérience, il retient trois axes à mettre en perspective pour comprendre l’environnement de Recherche & Développement, corrélé à l’innovation. En premier, l’environnement des affaires à travers la mise en place de politiques incitatives comme les crédits impôts pour faciliter l’entreprenariat et l’innovation. Secundo, l’éducation, en insistant notamment sur l’innovation frugale. Celle-ci consiste à « partir d’une feuille blanche pour arriver à un résultat qui n’est pas forcément fait par le biais d’un parcours académique ». En sus, le secteur privé. Visant l’intrapreneuriat, pour faire émerger des projets internes innovants. De même qu’un appui étatique pour financer la création de valeur.

Ainsi, « au lieu d’être formés pour aller chercher des stages en entreprise, les étudiants seront formés pour être entrepreneurs », a-t-il déclaré.

Stopper la fuite des cerveaux

 

Intervenant au cours de ces ATDA, Mehdi Alaoui, le vice-président de l’Apebi (Fédération marocaine des technologies de l’information, des télécommunications et de l’offshoring) a situé l’enjeu de l’entrepreneuriat. Au sein du royaume, il vise à stopper la fuite des cerveaux à l’étranger. Pour atteindre cet objectif, le Maroc s’est engagé dans un vaste programme de formation des jeunes à l’entreprenariat et à l’innovation. Et de création d’un bassin de milliers d’entrepreneurs et d’ingénieurs dans les nouvelles technologies. Le but de la manœuvre : inciter les grandes entreprises à s’installer au Maroc, et limiter la fuite des cerveaux, a expliqué Mehdi Alaoui, par ailleurs fondateur de LaStartupFactory.

« Nous sommes convaincus que l’entrepreneuriat démarre à l’école à partir de 4 ans et pas beaucoup plus tard. Prendre des risques, c’est quelque chose qui s’installe dans le means set des enfants de très bas âge », a-t-il affirmé. Avant de conclure sur la nécessité de former les étudiants au marketing.

L’heure de temps consacrée à ce panel modéré par Karim Koundi, associé Deloitte, n’a vraisemblablement pas suffi pour zoomer davantage sur le rôle et les enjeux de la préparation des futurs entrepreneurs. Les panélistes ayant à cœur de démontrer combien la formation est prépondérante au développement d’un écosystème de l’innovation et l’émergence d’une nouvelle génération de champions.

Dossier ATDA 2020

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