Au Cameroun, « Idocta » dématérialise les services médicaux

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(CIO Mag) – Au Cameroun en général, comme dans plusieurs pays africains, il n’est pas facile d’avoir en urgence un médecin ou un pharmacien à toute heure pour une moindre consultation. Avec les TIC aujourd’hui, c’est possible de se faire consulter rapidement en ligne.

La difficulté d’accéder à un médecin peut-elle devenir une opportunité qui fera le bonheur de cette startup imaginant des formules de mutualisation et de redéploiement du personnel de santé ? Au rythme où elle se développe, on peut être tenté de répondre par l’affirmatif. Et l’enthousiasme de ses jeunes promoteurs aussi tend à lui prédire un destin fructueux.

Télémédecine

Créée en 2018 par un duo de spécialistes de la médecine, « Idocta » est une Sarl qui prend rapidement ses marques en disposant de collaborateurs dans toutes les régions et zones reculées du Cameroun. Tout est parti d’une grand-mère malade, celle d’un des fondateurs. Entre son évacuation et l’hébergement à Douala, les rendez-vous honorés par la patiente alors que le médecin est absent ; la facture gonfle et s’alourdit. Or, il s’agissait souvent de visites d’évaluation routinières que l’on peut réaliser à distance. Ce qui réduirait significativement la facture de la prise en charge. Un service de télémédecine pouvant permettre de prendre des paramètres, discuter, conseiller une malade à distance, dans un dispensaire au village, avec le concours d’infirmiers.

« Idocta » fournit donc d’abord des services médicaux et assimilés à distance : de la prise de rendez-vous à l’examen de laboratoire à domicile. « L’idée est que l’on puisse avoir le plus large panel possible de professionnels de la santé humaine, de la pharmacie et l’employer au mieux, vu la situation des malades et des praticiens », indiquent les promoteurs.

Uber médical

Il y a ensuite dans la blouse de ces docteurs, une solution inhabituelle : la proximité. Comme un Uber médical, l’on peut demander à un médecin ou un kinésithérapeute de se déplacer vers un patient à domicile, au bureau ou ailleurs. Ligne directrice de cette double détente : la conviction que la compensation peut s’opérer entre les différentes zones médicales camerounaises malgré l’insuffisance structurelle du personnel.

Dans le désert médical que sont souvent les zones rurales, l’action à distance privilégiée permettrait alors de ne pas aggraver un état des lieux déjà préoccupant. Tandis qu’en milieux urbains, la surcharge des services de santé peut être allégée par des praticiens aux environs qui ont moins à faire.

Comme les startupers de « Idocta » l’avaient imaginés, réorganiser l’accès aux soins fait baisser les coûts. Tout au moins les leurs. Une consultation en ligne assurée par un médecin généraliste coûte 2000 F CFA. Avec 1000 F de plus, on peut accéder à un spécialiste. A domicile, il vous coûtera 10 000 F pour faire venir un médecin généraliste et 15 000 F pour le spécialiste. Il reste donc à l’affaire de sortir du relatif anonymat où elle se trouve dans un secteur en constitution. Quatre autres opérateurs se proposent de fournir des services similaires en effet. « Rien d’aussi complet que nous », tempèrent les promoteurs.

« Le Cameroun forme désormais 800 médecins chaque année. Ils sont accoutumés aux TIC, mais sur le marché du travail, ils ne sont pas toujours rapidement et utilement logés. Beaucoup finissent dans la Fonction publique médicale et cherchent des occasions de pratiquer quand ils sont dans des structures peu fréquentées dans l’arrière-pays ou encore d’améliorer leurs revenus… Il y a aussi beaucoup de médecins camerounais à l’étranger, plus qu’au Cameroun même. Nous pensons que cette capacité devrait être mieux employée. Mais, il faut reconnaître que pour le volet de la proximité, c’est une pratique d’avenir. C’est tout cela ensemble qui va permettre d’avoir des médecins plus disponibles, même à domicile », explique Docteur Tracy Biloa Owona, partenaire de Idocta.

Jean-Claude NOUBISSIE, Cameroun

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