Bénin : le HackerLab 2021 prône la diversité inclusive

Initiée par l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI), le HackerLab est une compétition nationale d’identification des talents et compétences en matière de cyber sécurité et de lutte contre la cybercriminalité au Bénin. La 4è édition porte en elle une double innovation. Elle se tient à Parakou, une ville à statut particulier au centre-Bénin, et se focalise sur l’attaque-défense.

(Cio Mag) – Cette année, les phases finales de la 4è édition du HackerLab se déroulent du 10 au 12 novembre à Parakou, commune située à plus de 400 km au nord de Cotonou, capitale économique du Bénin. Alors que les trois premières éditions ont eu lieu à Cotonou, celle-ci prend ses quartiers dans la « cité des Kobourou » en vue de faire de cette compétition « un canal d’accélération de la diffusion de la culture de la sécurité numérique au niveau décentralisé. »

Après les phases de pré-qualification, moins d’une vingtaine d’équipes a obtenu son ticket pour la finale. Laquelle s’organise autour des équipes de deux à quatre membres sur le thème : « défense de l’empire de Nikki. » A moins de 100 km de Parakou, Nikki est une cité dont le roi Séro Kpéra, avait tué en 1831 pendant la bataille d’Ilorin. Le royaume tombe alors en déliquescence et n’a pas pu résister aux puissances coloniales. C’est la raison qui motive le choix de Parakou pour rapprocher la thématique de la culture de cyber sécurité des populations.

« Les candidats pourront renouer avec notre histoire et valoriser notre diversité et notre culture, explique le directeur général de l’ANSSI, Ouanilo Medegan Fagla. Ce concept, de manière inopinée, rejoint également l’esprit de fierté que nous avons envers notre patrimoine culturel en conjonction avec les évènements récents : notamment la restitution et le retour d’une partie de nos œuvres d’art. »

Compétences en sécurité numérique

D’habitude, les candidats sont soumis à des épreuves d’exploitation système, exploitation web, reverse engineering et forensic. L’une des innovations de cette édition porte sur « l’introduction de l’ “attaque-défense” où les candidats apprendront à exploiter les vulnérabilités des machines des équipes concurrentes tout en défendant la leur pendant 48h non-stop », précise-t-il. Ce type d’épreuve est une première dans la sous-région au regard de la complexité de son implémentation. Il permet d’évaluer les aptitudes des candidats en gestion d’incidents de sécurité informatique.

D’un autre côté, le HackerLab 2021 favorise l’inclusion des talents vivant hors de Cotonou et de la gente féminine. Objectif : favoriser la diversité inclusive et susciter des vocations en matière de sécurité informatique dans le rang des femmes.

Grâce aux différents talents formés en cybersécurité, le Bénin dispose d’une armée de hackers capables de protéger son cyberespace. Elle fait également la fierté du pays à l’international à l’occasion de divers concours. Cette tendance s’aligne sur la Stratégie nationale de la sécurité du numérique qui prévoit le « développement des compétences et de la culture de la sécurité numérique. » D’où l’organisation annuelle du HackerLab pour susciter une saine émulation entre les jeunes en vue de détecter des talents en cyber sécurité.

Michaël Tchokpodo

Michaël Tchokpodo

Michaël Tchokpodo est journaliste communiquant, grand observateur des mutations relatives aux technologies numériques et au développement durable. Correspondant au Bénin pour CIO Mag.

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