Burkina Faso : Sylvestre Ouédraogo à propos de la nouvelle numérotation : «Cette opération est plus marketing que technique»

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Sylvestre Ouédraogo, Enseignant-Chercheur, responsable de la filière Economie et Gestion des Entreprises, d'Economie Sociale et Solidaire (MEGEES) à l’Université Ouaga II, et président de Yam Pukri (association axée sur les TIC).
Sylvestre Ouédraogo, Enseignant-Chercheur à l’Université Ouaga II et président de Yam Pukri.

Depuis ce lundi 15 décembre 2014, la numérotation de la téléphonie fixe a changé au Burkina Faso. Le préfixe 40 est devenu 24. Le 50 est devenu 25. Seul le préfixe 20 est resté inchangé. Enseignant-Chercheur, responsable de la filière Economie et Gestion des Entreprises, d’Economie Sociale et Solidaire (MEGEES) à l’Université Ouaga II, et président de Yam Pukri (association axée sur les TIC), Sylvestre Ouédraogo explique les enjeux de ce changement pour la population et les opérateurs télécoms.

Cio Mag : Que pensez-vous de cette numérotation?

Sylvestre Ouédraogo : Le changement de la numérotation du fixe au Burkina n’a pas d’incidence sur le nombre de chiffres. Nous restons toujours à 8 chiffres. Ce qui change pour le client est plus d’ordre psychologique, mais cela peut jouer sur l’opérateur à cause du regain d’intérêt que la population aura pour le fixe. Avec un nombre de 120.000 abonnés au fixe, ce chiffre fluctue très faiblement, ce qui montre la non-adhésion de la population au fixe, comparativement aux 11 millions d’abonnés mobiles en circulation.

 

C. M : Quels en sont les avantages pour les populations et les entreprises?

S. O : L’avantage du fixe traditionnel est sa robustesse. On n’a pas besoin d’un terminal alimenté avec une batterie, le réseau est toujours opérationnel alors qu’avec le système mobile, les postes tombent souvent en panne et on doit avoir sa propre source d’énergie pour l’alimenter. On est même confronté à la saturation du réseau comme avec les terminaux GSM.

Présentement, parler du fixe ou du mobile n’a plus de sens parce que des familles ou des entreprises ont acheté des mobiles pour les déposer à la maison et les utiliser comme fixe. Plus facile à contrôler sur le plan budgétaire. La plupart des nouveaux terminaux fixes sont devenus mobiles, sauf la taille qui est grande avec la même forme que les postes fixes, mais, c’est à peu près le même software que pour les terminaux mobiles. Certains terminaux ont d’ailleurs la même apparence que les téléphones GSM.

 

C. M : Est-ce le retour du fixe en déclin depuis l’arrivée de la téléphonie mobile?

S. O : Je pense que l’entretien des lignes filaires avec tous les équipements qui y sont  rattachés sont très onéreux pour l’opérateur national qui a commencé il y a quelques années à s’en dessaisir. Il remplace donc les lignes filaires par les postes mobiles en multipliant les opérations de charme (avantages coûts, bonifications diverses…). Aujourd’hui, les lignes mobiles utilisent le préfixe 25 et si on ramène les postes fixes à 25 en recevant un appel, on a tendance à croire que l’on reçoit un appel d’une ligne mobile. Cette opération est donc plus marketing que technique et confirme l’idée de la mort lente des lignes fixes dans nos pays, mais peut présager la rentrée de l’opérateur historique filaire sur le segment du mobile.

Propos recueillis par Internet

Par Anselme Akéko

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