Cameroun : quand internet influence la politique et les activités socio-économiques

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(CIO Mag) – La récente suspension du réseau Internet et sa remise en circulation suite à une très haute instruction du Président Paul Biya du Cameroun dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-ouest (régions anglophones) montre à suffisance que les points de connexion Internet ont une importance capitale dans la vie des peuples. Et qu’une simple perturbation entraîne de grosses pertes à plusieurs niveaux, tant dans la vie politique que dans les activités économiques. Sa remise en circulation a permis à tous les Camerounais de l’intérieur comme de l’extérieur de renouer avec les contacts et les activités connexes via Internet. Si les politiques ou acteurs de la société civile se réjouissent de cette remise en circulation d’Internet pour la mobilisation de leurs membres à travers la circulation de leurs message, les structures économiques aussi se frottent les mains de revoir leur caisse à nouveau prendre un petit volume en termes de rentrées financières.

Cette coupure de la toile qui s’est invitée à la crise anglophone montre sans nul doute à quel point Internet est entré dans les usages des populations, au point où les autorités de plusieurs pays ont de plus en plus recours, pour garder le contrôle de l’information en période de crise. Aucun gouvernement ne saurait laisser que des personnes sans foi ni loi se jettent sur la toile pour attiser les crises ou encore choisissent délibérément de mettre de l’huile sur le feu quand il s’agit d’une situation qui ne devrait pas embraser le pays.

Précisons que selon le gouvernement camerounais, les activistes extrémistes, mus par des velléités sécessionnistes ont profité de la situation sociale précaire dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest du Cameroun (grève des enseignants et grève des avocats) pour diffuser sur la toile des messages de haine, de xénophobie, et inciter à la perturbation. Avec en prime, des actes de violence et des exactions de toutes sortes, qui ont d’ailleurs poussé certains surexcités à piétiner et même brûler le drapeau du Cameroun. Ces comportements ou ces activités de révolte, selon le ministre de la communication Issa Tchiroma Bakary, ont été beaucoup plus perpétrés via les réseaux sociaux. Ces TIC, outils de progrès économique et social qui bénéficient de la sollicitude constante du Président Paul Biya.

En tout cas, le gouvernement camerounais, à l’exemple de ce qui se fait aussi ailleurs, a pris des mesures nécessaires et utiles pour éviter qu’internet ne soit à nouveau utilisé pour susciter la haine et la discorde entre les camerounais ou pour créer des troubles à l’ordre public (un peu comme le fît une certaine radio de mille collines qui a poussé une tribu à s’armer de machettes contre une autre). Le ministère des Postes et Télécommunications a dans cette même période (en janvier 2017) entreprit par des SMS à rappeler aux abonnés de téléphonie mobile et autres utilisateurs des réseaux sociaux que la diffusion de fausses informations est punie par la loi.

Toutefois, Internet est entré dans les usages non seulement des personnes, mais également des entreprises, et constitue de facto un outil important pour la création des richesses. L’ONG Internet Sans Frontières évalue à son niveau les pertes à 45 000 euro par jour, soit un total de 4 millions d’euro (2 628 millions de Fcfa) pour une période de trois mois de coupure. Des conséquences assez lourdes d’autant plus que la région du Sud-Ouest abrite la Sillicon Mountain, en référence à la Sillicon Valiey. Cette partie du Cameroun regorge beaucoup de startups, jeunes entreprises qui font l’essentiel de leurs chiffres d’affaires sur la toile. Plusieurs parmi ces startups multipliaient des voyages à Douala pour se connecter, ce qui, pendant les 100 jours de coupure d’Internet leur a causé non seulement des torts mais des préjudices financiers énormes.

Jean-Claude NOUBISSIE, Cameroun

 

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