Cameroun : Yonacard, la startup numérique et écologique

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Marcelin Abou, promoteur de Yonacard.

(CIO Mag) – Pour conserver les anales importantes et lutter contre l’exploitation abusive des arbres au Cameroun, une jeune pousse nationale vient de développer une carte biométrique à code QR.

Décidemment le numérique résout bien des problèmes. Ce n’est pas Marcelin Abou, économiste camerounais et promoteur de « Yona tech startup » à l’origine de la Yonacard, qui dira le contraire.

Son atout, développé il y a 18 mois dans son pays utilise des codes QR pour être accessible à toutes les populations et dans tous les lieux mêmes les plus reculés où il est possible d’avoir un téléphone et une connexion internet permettant de déchiffrer ces codes.

Chaque carte est personnalisée selon les besoin des utilisateurs. Les documents enregistrés sont conservés dans un Cloud loué depuis les Etats-Unis afin que les documents soient toujours conservés même en cas de perte du support de conservation. Lequel est fabriqué sous diverses versions.

Une première est dédiée à la sauvegarde des diplômes scolaires et universitaires. Le nombre de ces documents n’étant pas souvent important, la fabrication de cette version nécessite environ 4 jours pour l’implémentation des documents et l’élaboration du code d’accès. La seconde version du même genre permet de sécuriser les documents familiaux tels que les contrats de bail, les titres fonciers et actes de naissance ou de mariage. La troisième variété permet de protéger les dossiers d’entreprises ; à raison d’un grand nombre de documents importants qu’on y retrouve, la confection de cette carte peut prendre plusieurs mois. La quatrième version servira aux gouvernements. Elle vient pallier au problème de sécurisation des documents confidentiels d’Etat souvent retrouvés clandestinement sur la toile.

« Elle permettra plus de confidentialité dans l’échange des documents dans les services administratifs publics ; grâce à elle, il serait donc difficile de voir des documents filmés et envoyés sur internet car désormais il faudra un code pour y avoir accès », explique à CIO Mag, Marcelin Abou, le promoteur de cette solution.

Ecologie et transformation digitale

Pour l’instant, ces versions ne sont pas commercialisées pour des raisons de formalités administratives que remplissent encore les promoteurs. Cependant, plusieurs exemplaires ont été distribués entre les étudiants constituant les membres de la startup et des personnes particulières soutenant le projet. Lequel se veut résoudre un nombre considérable de difficultés outre celui de la perte des documents. En effet, sur le long terme, il sera question selon Marcelin Abou, de lutter également contre « l’exploitation abusive des arbres » dans son pays.

« Les feuilles à papier sur lesquels les documents sont imprimés proviennent des arbres. Pourtant, avec notre solution il pourrait ne plus être question d’exploiter du bois pour en fabriquer au risque de voir l’écosystème forestier en pâtir », explique-t-il.

Cependant, cette même carte qui se veut protectrice de l’environnement, est faite de bois. Mais son auteur envisage de l’adapter à un support bio dégradable. Elle a déjà l’avantage de ne pas utiliser d’énergie en dehors de celle d’un téléphone portable employé pour décrypter la codification QR.

Cette solution numérique veut également participer à la transformation digitale des services communaux où le besoin de numériser les certificats de naissance par exemple se fait ressentir.

« Certaines municipalités du Cameroun envisagent la numérisation de leurs services. Et a cet effet un maire m’a confié que si les actes de naissances étaient biométriques il serait facile de numériser les services d’enregistrement. Cependant il ne s’agira plus de cartes à code QR mais de cartes à puces. Ce que ne peut se permettre le Camerounais lambda n’ayant pas facilement accès aux lecteurs de cartes à puce », note-t-il.

A la question de savoir d’où lui est venue cette inspiration, le promoteur de Yonacard a rapporté avoir échoué à son examen de fin de formation en écologie parce qu’il avait oublié un document fondamental dans une autre ville du pays. Il s’est dit qu’il serait idéal de monter une carte magnétique difficile à pirater pour ceux qui désirent conserver des documents et les transporter aisément.

Aurore Bonny, Cameroun

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