Candidature au Conseil de l’UIT : les ambitions de la Côte d’Ivoire

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Claude Isaac Dé, ministre de l’Economie numérique et de la Poste.

(CIO Mag) – « Devenir de nouveau, un membre encore plus actif du Conseil de l’UIT, afin de participer pleinement aux grandes décisions en matière d’Economie numérique, et de jouer un rôle de coordonnateur et de relais auprès des Etats de notre région quant aux résolutions et décisions arrêtées au Conseil, et de contribuer à la réalisation des Objectifs de Développement Durable (ODD). » Telle est l’ambition de la Côte d’Ivoire qui brigue un siège au Conseil de l’Union internationale des télécommunications lors de la Conférence des plénipotentiaires 2018 prévue du 29 octobre au 16 novembre à Dubaï.

Engagement auprès de l’UIT

La Côte d’Ivoire, qui occupe plusieurs postes de responsabilité dans les trois secteurs de l’UIT (Développement, Normalisation et Radiocommunications), manifeste depuis son accession à l’indépendance en 1960, un engagement constant auprès de cette institution ; affirmant ainsi sa volonté de faire de la science et de la technologie un catalyseur de développement socio-économique durable.

« A ce titre, resté attaché aux évolutions successives du secteur, le gouvernement a fait du numérique, un axe stratégique de son Plan National de Développement (PND) », déclare le ministre de l’Economie numérique et de la Poste, M. Claude Isaac Dé.

Un choix couronné par :

  • Un marché des télécoms animé par 3 opérateurs de la téléphonie mobile disposant de la licence globale, et 5 fournisseurs d’accès internet ;
  • Un taux de pénétration du mobile de plus de 136%, ce qui correspond à 34 millions d’abonnements parmi lesquels 10 millions utilisent les services Mobile money ;
  • Un accès à internet mobile pour 14 millions d’habitants sur une population de 24 millions ;
  • Un chiffre d’affaires du marché des télécommunications d’environ 800 millions d’euros (920 millions de dollars US) au premier semestre 2018 et un milliard 673 millions d’euros (un milliard 930 millions de dollars US) en 2017 ;
  • Une contribution des télécoms et TIC au PIB, de l’ordre de 9%.

Croissance vertueuse

Outre ces chiffres qui sont le signe de la vitalité du numérique en Côte d’Ivoire, un environnement se construit progressivement dans le but d’inscrire les télécommunications/TIC, et partant l’économie numérique dans un cercle vertueux de croissance.

Cet environnement s’est renforcé avec plusieurs lois dont les lois de 2013 relatives à la lutte contre la cybercriminalité, aux transactions électroniques, et la loi sur la protection des données à caractère personnel. A cela, il faut ajouter la loi 2017 sur la société de l’information ainsi que l’ordonnance 2012 portant code des télécommunications et l’ordonnance 2017 relative aux échanges électroniques entre les usagers et les autorités administratives et entre les autorités administratives.

Ce dispositif se nourrit également des projets de renforcement des compétences et de formation à travers la création en 2012 de l’Ecole supérieure africaine des technologies de l’information et de la communication (ESATIC). Mais aussi de l’exécution de projets majeurs réalisés entre 2014 et 2018. Il s’agit, entre autres, du déploiement de 5000 Km de fibre optique sur les 7000 qui doivent mailler le territoire dans le cadre du projet Backbone national ; l’introduction de la 3G et de la 4G, et bientôt de la 5G ; et de la mise en place d’un système de contrôle automatisé du spectre de fréquence.

On pourrait en citer bien d’autres. Comme la mise en place de dispositifs de contrôle et de surveillance de l’environnement électromagnétique ; le lancement du service de la portabilité des numéros de téléphonie mobile ; la dématérialisation de 120 services de l’administration publique ; et l’adhésion au FIRST (Forum of incident response and security teams).

Impact du numérique sur les ODD

Mue par la volonté politique de poursuivre ses objectifs de développement de l’écosystème numérique, la Côte d’Ivoire affiche des ambitions qui constituent la base d’une économie qui améliore l’impact du numérique sur les ODD.

« D’ici à 2020, nous ambitionnons que le secteur du numérique contribue à plus de 17% à la croissance du PIB de la Côte d’Ivoire, contre 9% actuellement. A cet horizon, nous comptons assurer la couverture de la population à plus de 90% aux services de la Data, et fournir l’accès au service haut débit internet à plus de 70% de cette population », indique M. Claude Isaac Dé.

Et le ministre de l’Economie numérique et de la Poste d’ajouter en ces termes : « Il s’agit pour nous d’accroître la maturité numérique en Côte d’Ivoire, en mettant l’accent sur la promotion des usages numériques, sur l’accès facile à l’administration, et sur la simplification et l’automatisation des procédures, le tout soutenu par une infrastructure de télécommunications/TIC accessible, performante et robuste. »

Autant dire que l’engagement de l’Etat de Côte d’Ivoire pour le numérique est sans faille. Occuper un siège au Conseil de l’UIT, lui donnera de contribuer davantage au développement du secteur dans l’UEMOA et de participer encore plus au rayonnement de l’Afrique.

Anselme AKEKO – Abidjan

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