Congo : la start-up « Tinda » digitalise les finances publiques pour maximiser les recettes de l’Etat

« Tinda » est un cabinet d’ingénierie digitale basé en République du Congo. Il est très engagé dans la maximisation des recettes de l’Etat à travers un outil de digitalisation des finances publiques dénommé « Tinda Swork ».

 (Cio Mag)- C’est une si longue marche vers la traçabilité et l’amélioration de l’assiette fiscale de l’Etat que « Tinda » a amorcé, depuis 2019 à travers la mise en place de « Tinda Swork », un outil de digitalisation des finances publiques. Composée d’une jeune équipe, la start-up s’engage à apporter son expertise pour accroître les collectes de recettes fiscales au Congo.

Inverser la courbe

La mission de cette start-up revêt un caractère patriotique dans ce pays où les recettes fiscales échappent au trésor public à cause de la corruption. En 2021, le Congo a été classé à162ème sur 180 pays par L’ong internationale de lutte contre la corruption dans le monde, Transparency international (TI). Ce classement tient compte du degré de perception de la corruption dans l’administration et la classe politique. « Au Congo et dans la plupart des pays africains, l’assiette fiscale est trop étroite à cause du poids du secteur informel, l’évasion fiscale et la fraude, nous sommes partis de ce constat pour apporter une solution sur mesure à notre Etat », affirme Laud Obambi, Ceo de Tinda. 

En effet, la solution digitale « Tinda Swork » permet aux collectivités locales de maitriser leur potentiel fiscal, sécuriser les recettes et digitaliser le processus d’élaboration de tous les actes administratifs. Elle aide aussi les contribuables à mieux gérer leurs activités commerciales. « Notre objectif est d’inverser la courbe du secteur informel en formel. Grace à notre outil de digitalisation des finances publiques, le Congo va améliorer grandement accroître la collectes de ses recettes fiscales », déclare-t-il.

La croissance des recettes

Elle couvre quatre (4) grandes villes du pays. Il s’agit de Pointe-Noire, Brazzaville, Ouésso, Dolisie. La jeune start-up s’appuie sur la traçabilité et l’instantanéité de la technologie de la blockchain pour améliorer ses services. Près de trois ans après sa mise en place, la croissance des recettes est évaluée à 43%, une maitrise du potentiel fiscal à 83 % et une amélioration des procédures administratives. Cependant, son travail de titan se heurte à deux défis culturels. Le premier concerne le faible consentement à l’impôt des populations. Le second concerne la lenteur de l’adaptation de l’administration face au changement en cours. 

En dépit de ces défis, Tinda ne baisse pas les bras. Elle compte signer un partenariat avec un cabinet spécialisé en stratégie pour assurer son accompagnement. Elle envisage de couvrir aussi les 12 départements du Congo. Par ailleurs, le rêve d’aider les pays africains à maximiser leurs recettes n’est pas exclu. « Nous avons quasiment les mêmes problèmes dans la plupart des pays africains. Nous comptons étendre à long terme nos services dans la sous-région et partout en Afrique », confie Laud Obambi.  

Du Congo à Viva Tech

A la suite de ses prouesses, « Tinda » a représenté le Congo à la 6è édition de VivaTech tenu 15 au 18 juin à Paris en France. Une occasion pour la start-up de porter haut l’étendard du Congo à ce grand rendez-vous de la technologie d’Europe.

Enock Bulonza

Journaliste correspondant de Cio Mag en RDC.

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