Connectivité numérique : l’Afrique améliore son score  

En 2021, 33% des Africains utilisaient Internet contre 63% pour la moyenne mondiale. C’est ce que révèle l’Union internationale des télécommunications (UIT), dans son rapport 2021 intitulé « Mesurer le développement numérique : Faits et chiffres ». Le point sur les données clés.

La pandémie du Coronavirus a contribué à la diminution de l’écart entre les pays les plus connectés du monde et ceux qui l’étaient le moins. Dans le dernier rapport de l’agence des Nations Unies spécialisée dans les Technologies de l’information et des télécommunications (TIC), il est noté que la pandémie a facilité l’accélération de l’utilisation d’internet, mais que le les pays les moins avancés ont encore un long chemin à parcourir. Ce rapport, qui évalue l’état de la connectivité numérique dans les pays les moins avancés (PMA), vous est présenté ci-dessous. 

Utilisation de l’internet en hausse

Entre 2019 et 2021, le nombre d’utilisateurs d’internet dans les PMA a augmenté de 20 %. Il représente désormais 27 % de la population. L’écart entre les économies développées et les PMA est ainsi passé de 66 % en 2017 à 63 % en 2021. Et en Afrique, entre 2019 et 2021, l’utilisation d’internet a bondi de 23 % et 24 %.

L’acronyme PMA, qui a été forgé en 1971 par le Conseil économique et social de l’ONU, rassemble 46 pays en « difficultés », dont 33 pays africains. Il s’agit de l’Angola, du Bénin, de la République démocratique du Congo, de l’Érythrée, de la Gambie, de la Guinée, du Liberia, du Burkina Faso, du Burundi, de la République centrafricaine, du Tchad, de l’Ethiopie, du Lesotho, du Malawi, de la Guinée-Bissau, de Sao Tomé et Principe, de Madagascar, du Mozambique, du Sénégal, de la Sierra Leone, la Tanzanie, le Mali, le Niger, le Rwanda, le Soudan du sud, l’Ouganda, la Zambie, Djibouti, la Mauritanie, la Somalie, le Soudan, le Yémen et les iles Comores. 

Atteindre la parité hommes femmes

En 2020, à l’échelle mondiale, 62 % d’hommes utilisaient internet, contre 57 % de femmes. Le rapport révèle que la parité entre les sexes est considérée comme atteinte lorsque le pourcentage de femmes divisé par celui des hommes se situe entre 0,98 et 1,02. 

Dans les pays les moins avancés, les femmes utilisant Internet représente 19 % de la population (soit 12 % de moins que les hommes) et en Afrique, elles sont 24 % contre 35 % pour leurs homologues masculins. Ces chiffres montrent clairement que le monde a encore un long chemin à parcourir pour atteindre l’égalité des sexes en matière d’utilisation d’internet. 

Différences de couverture réseau

La question de la couverture par un signal mobile à large bande a également été évoquée dans le rapport de l’Union internationale des télécommunications (UIT).  Entre 2015 et 2021, la couverture du réseau 4G a doublé pour atteindre 88 % de la population mondiale. Dans quatre des six régions du monde, la couverture haut débit mobile (3G ou plus) est disponible pour 90 % de la population. En Afrique, les différences de couverture du réseau demeurent problématiques. Pour preuve, 18 % de la population rurale n’a toujours pas accès à un réseau haut débit mobile et 11 % n’a qu’une couverture 2G.  « Cela signifie que près de 30 % de la population rurale ne peut pas accéder à Internet ».  

Augmentation des abonnements au mobile

Après une légère baisse en 2020, la pénétration des abonnements au cellulaire mobile dans le monde a de nouveau augmenté en 2021, atteignant un record de 110 abonnements pour 100 habitants. Au cours des trois dernières années, la croissance la plus forte a été enregistrée dans la région Asie-Pacifique. Elle pointe à 10,5 %, tandis que celle de l’Afrique a été de 6,7 %. S’agissant des abonnements au cellulaire mobile sur le continent africain, ils ont diminué, en 2021, après avoir augmenté l’année précédente.

Pour près de la moitié des pays dont les données étaient disponibles sur la période 2018-2020, plus de 90 % de la population possédait un téléphone mobile. Cet outil de communication s’est avéré important pour autonomiser les femmes. Et il semble que l’on se dirige vers une plus grande égalité hommes-femmes sur ce plan.  

La moitié des 60 pays qui disposent de données sur le nombre de détenteurs de téléphone mobile, pour la période 2018-2020, ont atteint la parité hommes-femmes et dans dix pays, les femmes possèdent plus de téléphone mobile que les hommes. Dans cette catégorie, seules les données de huit pays africains figurent dans le graphique. Il s’agit de l’Egypte (99,5 % de la population possède un téléphone), du Kenya (47,3 %), de la Zambie (44,6 %), de la Côte d’Ivoire (67,6 %), de l’Algérie (87,9 %), du Maroc (95,6 %), de la Tunisie (80 %) et de l’Afrique du Sud (78,1 %).  

Connecter les non connectés

Dans 40 % des pays disposant de données, moins de 40 % des individus ont déclaré avoir effectué, au cours des trois mois précédents, l’une des activités qui comprennent les compétences de base. Par exemple, envoyer un e-mail avec une pièce jointe. Et dans seulement 23 % des pays, plus de 60% des individus ont déclaré l’une des activités requérant ces compétences. Dans cette catégorie, seules les données de six pays africains figurent dans le graphique. Il s’agit de la Côte d’Ivoire, de l’Afrique du Sud et de l’Algérie, dont 0 à 20 % de la population possède des connaissances de base dans les TIC. Puis, du Maroc et de la Tunisie (20 à 40 % de la population) et enfin de l’Egypte (40 à 60 %).  

CHIFFRES CLES  

  • En 2021, 33% de la population en Afrique utilisait Internet, contre 63% pour la moyenne mondiale.
  • Entre 2019 et 2021, l’utilisation d’Internet en Afrique a bondi de 23 %.
  • 24 % des femmes ont accès à Internet, contre 35 % des hommes. 
  • Sur le continent, le taux des personnes connectées dans les zones urbaines est de 50%, contre 15% dans les zones rurales.
  • 18% de la population rurale n’a toujours pas accès à un réseau haut débit mobile et 11% n’a qu’une couverture 2G.

Enock Bulonza

Journaliste correspondant de Cio Mag en RDC.

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