Côte d’Ivoire / Informatique : « Qu’on ne forme pas des gens destinés au chômage »

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Photo de famille des participants à la conférence inaugurant les activités de l'AIDev.

(CIO Mag) – « Quelles ressources humaines pour aller au numérique à l’horizon 2020 ». Le thème de la conférence inaugurant les activités de l’Association interafricaine de développeurs informatiques (AIDev) a permis aux panélistes de faire, jeudi 11 mai dernier à l’espace CRREA UEMOA, des propositions visant à renforcer le contrôle des pouvoirs publics sur les formations en Informatique, télécoms, TIC, et autres. Ceci, dans le but d’assurer une adéquation entre la formation et les besoins du marché, et d’éviter de former des étudiants sans compétence véritable.

« Un besoin d’assainir les établissements »

Christophe Konan, président de l'AIDev.
Christophe Konan, président de l’AIDev.

Membre du conseil scientifique de l’Ecole supérieure africaine des TIC (ESATIC), de l’Institut national polytechnique Houphouët-Boigny (INPHB) et de l’UFR de Mathématiques de l’Université d’Abidjan, Soro Nongoulogo, directeur général de la Société nationale de développement informatique (SNDI), a fait remarquer qu’il faut approcher le sujet à deux niveaux : « Le curricula et la confiance en nos ressources ». Plus explicite, il a ajouté : « Le problème de curricula est réel. Beaucoup d’écoles privées prétendent former des gens qui n’ont pas de qualification. Nous avons par exemple des BTS en NTIC. » Et de continuer : « Qu’on ne forme pas des gens qui sont destinés au chômage. Il y a un besoin d’assainir les établissements qui sont appelés à les former. Beaucoup d’écoles sont des entités juste pour faire du commerce. »

Même son de cloche chez Seka Hyacinthe, directeur technique chez MTN CI. « Il faut un mécanisme de contrôle. Vous ne pouvez pas sortir Développeur informatique sans avoir développé une quelconque application. Il faut s’assurer que l’étudiant qui sorte de l’école a produit une application », a suggéré le panéliste. Qui se demande si les grandes écoles intègrent les fondamentaux du numérique dans leur curricula pour permettre aux étudiants d’être bien formés. Poursuivant, il a déclaré que la formation de base est très importante mais qu’il faut aussi la formation continue qui permettra aux professionnels des TIC d’être constamment aux faîtes de l’actualité d’un secteur du numérique en perpétuel mouvement. « Il appartient aussi aux étudiants d’avoir l’esprit d’entrepreneur pour utiliser les bases fournies par l’école pour se développer », a-t-il encore affirmé.

Pour sa part, Patrick M’Bengue, président du Groupement des opérateurs des TIC (GOTIC), propose des états généraux sur les formations délivrées. L’objectif étant de créer une « articulation entre le secteur privé et le secteur public qui forme les étudiants ». « Est-ce qu’il n’est pas tant que le ministère (de la Communication, de l’Economie numérique et de la Poste, Ndlr) s’implique dans la délivrance des licences de formation ? » s’est également interrogé M. M’Bengue.

Yves Miézan Ezo, conseiller technique du ministère de la Communication, de l’Economie numérique et de la Poste, représentant le ministre Bruno Koné, parrain de la conférence, a affirmé que les TIC sont un enjeu crucial pour la Côte d’Ivoire. C’est pourquoi la vision du gouvernement a été, selon lui, de mettre en place toute l’infrastructure (réseaux large bande, connectivité fixe et mobile, etc.) ; et d’initier « un plan ambitieux de formation et de développement d’une expertise nationale en matière de TIC illustrée par l’introduction de leur apprentissage dès l’école primaire, l’équipement des établissements d’enseignement en salles multimédia, la création de l’ESATIC, école d’excellence en matière de TIC et fournisseur de nombreux talents informatiques au niveau national et international ». A l’en croire, cette approche va permettre de se doter d’une communauté de développeurs et d’ingénieurs logiciels, totalement en phase avec la Côte d’Ivoire émergente.

Pour rappel, l’AIDev veut, à travers une communauté d’informaticiens, contribuer à créer un dynamisme sur le segment du développement d’applications. Pour son président Christophe Konan, il s’agit de « dresser le podium pour permettre à nos petits génies d’exprimer leurs talents ». « De notre podium sortiront nos Drogba, Yaya Touré et autres Gervinio, version technologique, pour faire grandir encore la notoriété et la fierté de la Côte d’Ivoire », a annoncé M. Konan.

Anselme AKEKO, Abidjan

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