Côte d’Ivoire : le Cdt Guelpintchin réclame l’aide du Québec contre les cybers escrocs

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Le Cdt Guelpintchin Ouattara, le directeur de l’Informatique et des Traces technologiques (DITT) de la police nationale de Côte d'Ivoire.
Le Cdt Guelpintchin Ouattara, le directeur de l’Informatique et des Traces technologiques (DITT) de la police nationale de Côte d’Ivoire.

 

(Cio Mag) – Répondant à l’invitation de Francopol, le réseau international francophone de formation policière, le directeur de l’Informatique et des Traces technologiques (DITT), le commandant Guelpintchin Ouattara était au Canada, à l’École nationale de police de Nicolet où il a réclamé, le jeudi 9 avril dernier, une coopération active avec la police québécoise, rapporte La Presse.ca. «On demande votre indulgence, mais également votre coopération active», a déclaré le patron de la police scientifique aux policiers québécois venus suivre sa présentation sur les «brouteurs», les arnaqueurs qui fréquentent les cybercafés abidjanais à la recherche de proies.

Face à ses homologues, le commandant Guelpintchin Ouattara a souligné le manque de moyens policiers et législatifs dont souffre son équipe, ce qui laisse le champ libre aux cybers escrocs qui ciblent de préférence les hommes francophones en quête d’affection. Selon lui, la DITT dispose d’à peine cinq policiers chargés de traquer les brouteurs. Conséquences : la police ivoirienne élucide en moyenne 550 affaires chaque année ; elle a répondu à seulement 27% des quelque 10 000 courriels de plaintes de victimes reçus l’an dernier. Une moisson bien pauvre.

Malgré cela, la Côte d’Ivoire ne baisse pas les bras : «Elle répond, avec les moyens qu’elle a», a affirmé le chef de la Direction de l’informatique, avant d’ajouter : «Nous faisons beaucoup, même si les budgets sont maigres. Nos pays sont des pays pauvres, en voie de développement, qui consacrent beaucoup à gérer ce problème.» Un problème bien connu des policiers québécois. En effet, rapporte La Presse.ca, des centaines de Canadiens se font détrousser chaque année mais très peu dénoncent leurs bourreaux. Et même quand des victimes canadiennes sont jointes par téléphone par la police ivoirienne dans le cadre d’une affaire à élucider, ces dernières leur raccrochent au nez. «Les gens pensent que c’est une autre arnaque», a révélé le commandant Guelpintchin Ouattara. Aussi souhaite-t-il une coopération avec le Québec pour contrer ce phénomène. «Nos pays ont besoin de se connaître, de savoir ce qu’il y a en place, d’établir des canaux de coopération», a-t-il déclaré à la Sûreté du Québec. Qui a laissé entendre par la voix du capitaine Frédéric Gaudreau, que la coopération accrue entre la Côte d’Ivoire et le Québec portera bientôt ses fruits. Autant dire que la contre-attaque s’organise.

Anselme Akéko

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