Côte d'Ivoire: Plus de 1 000 milliards investis dans les réseaux mobiles. Par Didier POUILLOT, Idate

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Didier POUILLOT, IDATE

Côte d’Ivoire: 1 000 milliards investis dans les réseaux mobiles depuis 2006

Par Didier POUILLOT, Diate

Depuis octobre 2013, le secteur des télécommunications en Côte d’Ivoire est encadré par l’ARTCI (Autorité de Régulation des Télécommunications/TIC de Côte d’Ivoire), une entité indépendante qui résulte de la fusion du Conseil des Télécommunications (CTCI) et de l’Agence des Télécommunications (ATCI).
Plus de 1 000 milliards de F CFA investis dans les réseaux mobiles depuis 2006
Le secteur des mobiles est de loin le segment le plus développé. Avec 742 milliards de F CFA en 2013, son chiffre d’affaires pèse environ 4 fois celui de la téléphonie fixe. L’industre est aujourd’hui organisée autour de six opérateurs. Les deux premiers réseaux, Telecel (racheté par MTN) et la Société Ivoirienne des Mobiles (aujourd’hui Orange Côte d’ivoire), ont été ouverts dès 1996 mais le marché a véritablement décollé à partir du milieu des années 2000. La concurrence s’est alors intensifiée avec, en 2006, l’entrée d’Etisalat (via sa filiale Moov), puis de Comium (marque Koz) en 2007 et d’Oricel (devenu GreeN Côte d’Ivoire) fin 2008. Début 2012 enfin, Aircom se lançait sous la marque Café Mobile. Les trois premiers ont dû toutefois attendre début 2012 pour obtenir des fréquences 3G.
L’ouverture du marché s’est aussi traduite par une forte accélération des investissements, qui ont dépassé .au total 1 000 milliards de FCFA sur les 8 dernières années. La couverture est désormais proche de 98% (pour Orange). A fin 2005, le pays comptait 2,350 millions d’abonnés ; à fin 2013, ils étaient 19,4 millions, dont près de 1,4 million en 3G. Après une croissance extrêmement rapide au cours de la seconde moitié des années 2000, celle-ci a toutefois ralenti sensiblement au passage de 2012.
MTN et Orange Côte d’ivoire sont au coude à coude et détiennent à eux deux près des trois-quarts de la base d’abonnés. Moov est solide troisième avec un peu plus de 20 % tandis que les trois suivants se partagent les 5 à 6% restants : deux d’entre eux, Comium et Aircom, ont d’ailleurs vu leurs parcs clients chuter et la situation semble particulièrement difficile pour le dernier arrivé. Le Ministère des TIC a appelé en mai dernier les trois opérateurs à fusionner. On notera encore que, si Orange est en tête en matière de trafic voix (36% des 18 milliards de minutes acheminées en 2013), c’est Moov qui se classe deuxième sur ce critère (30%) devant MTN (26%).

Dans la téléphonie fixe, l’opérateur historique CI-Telecom (filiale d’Orange à 51% via FCR), a perdu son monopole début 2004 : faute de concurrence, il continue toutefois de contrôler depuis la quasi-totalité du marché. Seul MTN exploite à ses côtés une petite partie des quelque 270 000 lignes principales que compte encore le pays, 60 000 de moins qu’à fin 2002. Au total, le segment a dégagé un chiffre d’affaires de 181 milliards de F CFA en 2013, pour u investissement de près de 15 milliards.
Des nouvelles capacités grâce à la fibre
Dans le segment internet, la situation est différente. Principal FAI ivoirien, MTN a bâti son activité fixe à partir du rachat en 2008 d’Arobase Telecom, deuxième opérateur fixe du pays, et du FAI Afnet, dédié au marché professionnel. Avec plus de 75 000 abonnés WiMAX à fin 2013, MTN contrôlait près de 60% du marché à fin 2013 ; 40% environ sont détenus par CI-Telecom (accès ADSL), tandis qu’un troisième opérateur, VipNet, a inauguré il y a deux ans un réseau WiMAX concurrent.
En matière de connectivité internationale, la Côte d’ivoire est desservie par plusieurs câbles sous-marins : SAT-3/WASC, opérationnel depuis 2002 et dont Orange est actionnaire, WASC (MTN actionnaire) et ACE (CI-Telecom actionnaire),mis en service en 2012. En outre, l’opérateur nigérian Globacom assure le transport dans le pays également, assurant le transit international via son câble Glo 1.
Pour réduire la fracture numérique, le gouvernement ivoirien a par ailleurs annoncé en 2011 un vaste plan d’investissement, de 120 milliards de F CFA d’ici 2015, pour déployer 7 000 kilomètres de fibre optique à travers tout le pays. Les deux premières phases doivent permettre de relier les grandes villes du pays. L’ensemble des préfectures et sous-préfectures seront ensuite raccordées, offrant des liaisons aux centres hospitaliers et aux établissements d’enseignement mais aussi des capacités d’hébergement et des services de capacité aux opérateurs.

Didier Pouillot, IDATE

L’investissement dans les réseaux mobiles depuis 2006

Evolution
des Investissements
Téléphonie mobile

Année Investissements
(KFCFA)
2013 116 282 979
2012 127 448 115
2011 102 735 473
2010 115 420 016
2009 160 103 187
2008 135 858 901
2007 174 626 475
2006 139 186 051
Source : observatoire mobile ARTCI

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